Savez-vous ce que répond le ministre Michel Sapin quand on l'appelle au téléphone et qu'on lui demande comment il va ? Non ? Eh bien, ces derniers temps, quand on lui pose cette question, le ministre des Finances ne répond pas « ça va » , ou « ça ne va pas » ni même « ça va couci couça » , non, chaque fois, il rétorque : « Macron est un con » .

« Comment ça va ?

- Macron est un con. »

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C'est en tout cas ce qu'affirme un conseiller ministériel rencontré par LIBERATION, qui consacre tout un dossier au turbulent ministre de l'Economie : « Emmanuel Macron : ce qu'ils disent de lui » . En l'occurrence, ce sont surtout des élus et des responsables de gauche qui s'expriment, et tous ou presque font état de leur fort agacement, à l'instar de Martine Aubry lançant « Macron, ras-le-bol ! » il y a quelques jours... Ras-le-bol de ses saillies sur les 35H et le statut de fonctionnaire... Ras-le-bol de ses déclarations tellement éloignée de l'esprit comme des réformes qui ont fait la gauche.

Janvier 2015 : « Il faut des jeunes qui aient envie de devenir milliardaires. »

Juillet 2015 : « Dans la politique française, l'absent, c'est la figure du roi, dont je pense que le peuple français n'a pas voulu la mort. »

27 août 2015, université du Medef : « La gauche a pu croire à un moment que la France pouvait aller mieux en travaillant moins. C'était de fausses idées. »

Autant de déclarations qui ont fait d'Emmanuel Macron le symbole de la dérive libérale du gouvernement. Et LIBE propose donc un petit florilège de ce qu'il inspire à ses pairs. Du côté des qualificatifs positifs, on le dit ‘dynamique’, ‘brillant’, ‘charmant’, ‘utile’ et ‘compétent’… Cependant, d'autres mots reviennent, nettement moins charmants : ‘individualiste’, ‘arrogant’, ‘mauvais camarade’... Et ‘con’, donc, si l'on en croit le conseiller ministériel qui fréquente Michel Sapin. Lequel serait aujourd'hui « fatigué psychologiquement » des interventions récurrentes de son collègue dans des dossiers qui pourtant lui appartiennent...

Mais voilà, Emmanuel Macron se sentirait ministre de tout. Y compris du numérique, domaine réservé à la secrétaire d'Etat Axelle Lemaire. Problème : il la trouve « nulle » ... Elle, elle le trouve « insupportable » … Quant à la ministre de la Fonction Publique, Marylise Lebranchu, elle l'invite désormais à « parler le moins possible » ...

Bref, il irrite tout le monde. Mais dans le même temps, rappelle Laurent Joffrin dans son éditorial, les sondages montrent que plus de 60% des électeurs socialistes estiment que le ministre iconoclaste est un atout pour la gauche... Dans certaines enquêtes, il est même plus populaire que Martine Aubry. Et puis, souligne Laure Bretton, Macron est l'homme du président, le chouchou du chef de l'Etat, dont l'un des conseillers confie même qu'il s'en serait gentiment entiché : « Ils ont la même vivacité d'esprit, c'est un type gai, gentil... Hollande est un peu amoureux. » Et ceci pourrait expliquer les jalousies personnelles qu'il provoque, en plus des agacements politiques.

François Hollande, dont LE PARISIEN nous explique qu'il prépare activement son prochain remaniement : un grand remaniement pour constituer son équipe de combat pour la présidentielle. Celui-ci n'interviendra pas avant les élections régionales, mais le président travaille déjà à un casting qui frapperait les esprits et qui souderait la gauche autour de lui. Il a ainsi demandé à ses conseillers de lui dénicher de nouvelles figure, y compris hors du sérail politique... « Vous allez voir… » , a mystérieusement glissé un important ministre à l'oreille de ma consœur Nathalie Shuck... Laquelle nous apprend que plusieurs personnalités de la société civile ont été discrètement approchées pour entrer au gouvernement. Notamment Nicolas Notat, l'ancienne patronne de la CFDT - ce n'est pas la première fois qu'on en parle, mais aussi Nicolas Hulot, l'ex-animateur de l'émission Ushuaia - ce n'est pas la première fois qu'on en parle non plus... Mais la première, comme le second, auraient, pour l'heure, décliné l'offre.

Imposer de nouvelles figures : tel était aussi l'objectif du chef de l'Etat quand il a nommé Fleur Pellerin au ministère de la Culture. C'était fin août 2014 et la caméra d'Yves Jeuland était là pour filmer cette journée de remaniement. Le cinéaste préparait un documentaire, A l'Elysée, un temps de président , qui sera diffusé lundi soir sur France 3... Et dans LE MONDE, Michel Guerrin nous rapporte une séquence à la fois assez drôle et très instructive. Une séquence tournée sur la terrasse de l'Elysée, dans laquelle on voit François Hollande et Manuel Valls livrer leurs conseils à Fleur Pellerin.

Hollande : « Il faut que tu voies Jack... Il a des idées. »

Valls : « Vois-le, il sera ravi ! »

Hollande : « Premier rendez-vous à avoir, c'est Jack ! »

Valls : « Et Monique ! »

Hollande : « Et Monique, bien sûr... » (Monique Lang, l'épouse de Jack.)

« Tu peux l'utiliser » , insiste le Premier ministre.

Fleur Pellerin rigole.

Valls reprend : « Vois aussi Jean-Jacques Aillagon. »

Hollande : « Oui, les anciens ministres. »

Valls : « Et puis va au spectacle ! »

Hollande : « Tous les soirs, il faut que tu te tapes ça. Et dis que c'est bien, que c'est beau, ils veulent être aimés. »

Commentaire du journaliste du MONDE : avec cette séquence, on se rend compte que « la culture n'est plus un enjeu, mais plutôt un fromage, avec de beaux postes à partager » . Quant au trio, il donne une triste impression : « Hollande passe pour un cynique, Valls pour opportuniste et Fleur Pellerin pour une potiche. »

Les journaux, ce matin, reviennent aussi sur la nouvelle affaire qui secoue la FIFA, avec la mise en cause de Michel Platini. Un nouveau séisme qui ébranle la planète foot. Joseph Blatter, visé par une procédure judiciaire, aurait versé à Michel Platini un "paiement déloyal" – c’est l’expression consacrée – de près de 2 millions de francs suisse.

C'est la Une du PARISIEN : « Platini éclaboussé » . « Le scandale éclabousse Platini » , confirme LA DEPECHE DU MIDI, tandis LA CHARENTE LIBRE évoque « un chèque embarrassant » . Pour sa part, LA NOUVELLE REPUBLIQUE se demande si Blatter entraînera « Platini dans sa chute » . Ce qui donne, dans LE TELEGRAMME : « Mauvaise passe pour Platini » … Un jeu de mot qu'on aurait pensé lire dans LIBE ou dans L'EQUIPE. Mais non, pas une ligne sur l'affaire dans LIBERATION – sans doute le quotidien a-t-il bouclé trop tôt... Quant à L'EQUIPE, pour lire quelque chose sur ce que certains qualifient pourtant de « séisme » , il faut aller chercher à la page 16... Et là, d'ailleurs, on ne nous dit pas que Platini est « éclaboussé » , non : simplement qu'il a été « interrogé » ...

Du reste, dans les éditos, tout le monde est pour l’heure assez prudent... Ainsi, pour Jean Levallois dans LA PRESSE DE LA MANCHE, c'est avant tout « le ressentiment de Blatter » qui s'exerce aujourd'hui sur l'ex-numéro 10. « Il est des personnes qui pourrissent tout ce qu'elles touchent, et leur entourage. Attendons paisiblement les développements de l'enquête. Vouloir nuire fait souvent mentir. » « Au football, tous les mauvais coups sont permis, même le chantage et les vengeances et Michel Platini est en apparemment la victime » , abonde Jean-Claude Souléry dans LA DEPECHE DU MIDI. « Vivement qu'il contre-attaque ! » , conclue-t-il.

Bref : Platini, pas touche ! Du moins pas trop, pas pour l’instant ; présomption d'innocence. C'est d'ailleurs ce que disent également ses amis dans les colonnes du PARISIEN. « Michel est trop prudent pour faire ce genre de choses » dit l'un... « Je n'y crois pas » , dit un autre... « Je ne pense pas que Platini soit malhonnête » , ajoute un troisième... Toutefois, d’une manière générale, chacun reconnaît que si une malversation était avérée, ce serait un sacré coup, un sacré tacle porté à sa candidature à la présidence de la FIFA.

Dans la presse, on continue par ailleurs à parler de la situation difficile des réfugiés. Lire, notamment, dans LE FIGARO, le reportage de Laëtitia Moreni à Athènes, dans un square transformé en repère pour les réfugiés, la plupart venus d’Afghanistan. Des Afghans qui se plaignent de ne pas recevoir la même aide que les réfugiés venus de Syrie… Lire aussi, dans LE MONDE, le reportage de Maryline Baumard à Cergy : les bénévoles face aux angoisses des réfugiés syriens, deux semaines après leur arrivée. « Je ne comprends rien à la France » , dit l'un. « On ne nous raconte jamais la même chose. »

Certains ont d'ailleurs déjà fait le choix de repartir. Au niveau national, une quarantaine des 600 réfugiés venus de Munich auraient quitté le territoire, d'après le ministère de l'Intérieur. Direction l'Allemagne. L'Allemagne, qui a pourtant du mal à trouver comment les héberger. Parfois, des décisions font même polémique. Ainsi, des réfugiés sont actuellement logés dans des bâtiments de l'ex-camp de concentration de Dachau. Pour le maire, « ces bâtiments peuvent être réaffectés à une fonction sociale » . Mais il y a le symbole, terrible symbole, et c’est lui qui fait polémique…

Les réfugiés, le pape en a parlé hier dans son discours devant l'ONU. Un appel à tendre la main… Et il n’a pas parlé que de ça : son discours était aussi un plaidoyer écologique, comme l’explique à sa Une LA CROIX : « Toute atteinte à l'environnement est une atteinte à l'humanité » ... Devant l’assemblée générale des Nations Unies, le pape François a exhorté les nations à coopérer dans la recherche de la paix et du bien des hommes…

Sachez d’ailleurs qu’on pourra bientôt entendre le pape sur un disque… Une info relayée par le site internet SLATE : « Priez pour oreilles, le pape va sortir un album de rock ! » Alors qu’il profite de sa visite aux Etats-Unis pour parfaire son statut de rock-star, François a annoncé à la presse qu’il allait donc sortir un disque le 27 novembre prochain : onze morceaux qui mélangeront des extraits de discours et de joyeuses mélodies, entre pop-rock et chant grégorien. Le titre de l’album, c’est « Wake Up ! » Réveillez-vous, c’est l’heure…

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