Par Camille Magnard

Il faut toujours se méfier du 0,01% de doute, ce centième qui transforme un conte de Noël en espoir cruellement déçu.

C'est en Argentine que ça se passe, on vous parlait vendredi de Maria Chicha Mariani, cette mamie de 92 ans qui n'en revenait pas d'avoir retrouvé sa petite fille après 39 ans de recherches. L'enfant avait été enlevée à sa famille par un policier quand la dictature avait tué sa mère et la vieille dame avait incarné pendant toutes ces années le mouvement des Grands-Mères de la Place de Mai. Cette fois, elle en était sûre à 99,9%, tests génétiques à l'appui, c'était bien sa petite-fille Clara, cette femme brune de 39 ans avec qui elle s'était fièrement faite prendre en photo. Le monde entier s'était ému de ces retrouvailles jusqu'à ce qu'hier, nous raconte le site de Lacroix.com, hier matin deux autres tests officiels sont venus infirmer la belle histoire du moment et replonger la vieille dame dans la tristesse et l'attente.

Il faut se méfier, des contes de Noël, mais à chaque fois on se laisse prendre. Comment ne pas se consoler en lisant, dans Le Parisien , ce qui est arrivé à la famille Hanke, à Berlin: le jour de Noël on est venu leur rapporter Miko, le chat noir et blanc qu'ils n'avaient plus revu depuis 7 années. Sa propriétaire avait 11 ans quand le félin avait fugué, et cette fois on espère que personne n'aura l'idée de faire un test ADN.

Pendant que la gauche française se déchire sur la déchéance de nationalité, le JDD nous raconte un enterrement à huis-clos.

Celui de Samy Amimour, l'un des trois assaillants du Bataclan, le premier des terroristes du 13 novembre à être inhumé sur la terre de France qui l'a vu naître.

La cérémonie a eu lieu le 24 décembre, après la fermeture au public, en toute discrétion, dans le carré musulman du cimetière intercommunal de la Courneuve, pas très loin du terminus de la ligne de bus RATP n°148 que le jeune homme conduisait chaque jour avant de partir faire le jihad en Syrie. Le JDD note l'ironie du calendrier. Samy Amimour a été enterré le soir du réveillon chrétien de Noël, qui coïncidait, pour la première depuis près de 5 siècles, avec l'anniversaire de la naissance du prophète Mahommet.

L'année 2015 se termine, et nos journaux ont tous l'oeil dans le rétroviseur.

Une sihouette qui émerge, dans le marasme de 2015, quitte même à le personnifier, c'est celle de Bernard Cazeneuve.

Solennel, droit, cinglant, hyper-exigeant, son style marque les esprits, lui qui a été en première ligne, de 7 janvier en 13 novembre. "Tu verras, le terrorisme, c'est le sujet central", l'avait averti Manuel Valls à son arrivée au ministère de l'Intérieur. Brnard Cazeneuve n'a pas du être déçu.

Dans le portrait qu'elles lui consacrent "de l'intérieur", Raphaelle Bacqué et Maryline Baumard pour Le Monde racontent comment l'ex-maire de Cherbourg, d'un naturel putôt discret, a su chausser l'armure de Beauvau. Il est même parvenu à s'imposer dans une fonction que Nicolas Sarkozy se vantait en 2007 d'avoir "tuée", comme si tous ses successeurs alaient être obligés de le copier. Cazeneuve, lui, reconnait qu'il n'est pas Goldorak mais il a su s'imposer sa patte...

Il serait même humain, si si:

les journalistes du Monde racontent comment, quand un jeune policier et fils de policier a été grièvement blessé par un multirécidiviste fiché S, le ministre est allé lui rendre visite, à l'hopital, une vingtaine de fois en toute discrétion.

A le voir on le croirait impassible, toujours égal et raide... mais certaines choses le touchent, disent ses conseillers... dernières en date, les critiques des ONG à Calais sur la façon dont la France traite les migrants... et l refus de certaines familles de victimes du 13 novembre... de participer à l'hommage national.

Entre les lignes, ce qu'on lit c'est le portrait d'un ministre hanté par ses responsabilités... et la certitude que malgré tous les attentats déjoués, malgré le zèle et la stature, il aura à nouveau à endosser, un jour ou l'autre, la mort de citoyens français.

Pour soulager le poids des culpablités, Le Parisien Aujourd'hui en France propose une solution: la confession à l'Eglise!

Le pape François l'a dit, 2016 sera l'année du pardon: et les confessionnaux n'ont pas désempli en cette période de Noël. Il paraît que la confesse est revenue à la mode chez les jeunes catholiques avec le succès des JMJ. On est sorti de l'approche formaliste et moralisatrice des curés d'antan et on livre ses pêchés dans l'intimité d'une cabine ajourée pour évacuer ces culpabilités qui peuvent être morbides. Les pêchés, justement, ils ont évolué avec leur temps: excès de vitesse sur la route et pornograhie sur internet se sont imposés comme des incontournables au confessionnal.

D'ailleurs le Vatican le repête régulièrement depuis des années: il ne saurait y avoir de service de confession en ligne: c'est sacrément tentant mais pas question d'en faire un sacrement.

Pour son dernier numéro de 2015, l'Obs revient sur l'un des rares évènements positifs en cette année unanimement qualifiée d'"annus horribilis": La signature, en juillet, d'un accord historique sur le nucléaire iranien.

A l'époque on s'est beaucoup réjoui du retour de la République islamique dans le concert des nations, de son ouverture aux entreprises occidentales avec la levée annoncée de l'embargo économique.

6 mois plus tard les journalistes Sarah Daniel et Sophie Fay, constate que l'enthousiasme est pas mal retombé, à Téhéran. Là-bas les business occidentaux sont toujours acceuillis par d'immenses fresques anti-américaines... car les plus conservateurs du régie iranien, autour de l'Ayatollah Khamenei, ont bien du mal à sortir de la rhétorique de dénonciation du Grand Satan. Le veulent-ils vraiment? Ce que montre le reportage de l'Obs , c'est que les gardiens de la Révolution, les pasdaran, sont avant tout de redoutables hommes d'affaires qui ont privatisé dans leurs fondations religieuses des pans entier de l'économie iranienne: les banques, le batiment, les télécoms ou encore le pétrole. Ils protègent jalousement leurs prébendes et cherchent toujours la formule qui leur permettra de conjuguer maintien de la dictature et libre-échange.

A lire dans M le magazine du Monde , cette étonnante et très discrète séance de dégustation de vins, mi-décembre à l'ambassade de Russie à Paris.

Pas n'importe quels vins. Des nectars élevés sous le soleil de la Crimée et qui ont du déjouer les sanctions économiques en passant par la valise diplomatique.

Car depuis l'annexion de la péninsule de Crimée par les russes, les produits criméens sont interdits à la vente chez nous et la principale exportation de la région c'est le vin, qu'on y cultive depuis 3000 ans. Des crus très sucrés, "les meilleurs vins liquoreux du monde", à en croire Michel-Jack Chasseuil, le plus grand collectionneur français.

Les bouteilles dégustées sous le manteau, à Paris, provenaient de la cave de Massandra, sur les hauteurs de Yalta."Les russes les ont volé, comme ils ont fait main basse illégament sur la Crimée dans son ensemble" c'est ce qu'on pouvait lire à la mi-décembre sur les réseaux sociaux des mouvements de soutien à l'Ukraine.

Un autre haut-lieu de la vigne en zone d'influence russe: Cricova, en Moldavie.

C'est L'Express qui nous fait découvrir les trésors que recèlent ses caves. Le vin oublié d'Herman Goering!

L'âme damnée de Hitler, l'ogre nazi avait pillé les meilleures domaines européens pour se constituer une cave exceptionnelle, une partie a été découverte par des soldats soviétques en 45 dans une de ses résidences près de Berlin. Les découvreurs ont prélevé et bu leur commission, mais le reste a été ramené à Moscou, puis stocké à Cricova . Un peu perdu de vue, en fait, ce trésor inestimable on le redécouvre depuis quelques années comme on découvre les vins de ce nouveau monde d'ex-URSS. Et puisque l'on est à 4 jours de la Saint-Sylvestre, sachez que Cricova produit une méthode champenoise brute qui gagnerait à être connue.

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