Ivan LEVAI LE KIOSQUE Samedi 27 février 2010 *** Bonjour à tous… « …Si, par hasard « Sur l'Pont des Arts « Tu croises le vent, le vent fripon « Prudence, prends garde à ton jupon « Si, par hasard « Sur l'Pont des Arts « Tu croises le vent, le vent maraud « Prudent, prends garde à ton chapeau ». Si le refrain convient bien à la météo du week-end, le couplet dit assez l’actualité de la semaine, dès lors que Brassens le Sétois, distingue dans la même chanson : « Les jean-foutre et les gens probes « Médisent du vent furibond « Qui rebrousse les bois, détrousse les toits, retrousse les robes « Des jean-foutre et des gens probes « Le vent, je vous en réponds « S'en soucie, et c'est justice, comme de colin-tampon ». Si par hasard, vous ouvrez aujourd’hui, votre journal favori (en province ou à Paris), vous verrez que c’est la façon de parler : du temps, des Jeux olympiques, de la politique, qui sous-tend toutes les critiques, toutes les polémiques. Dans sa chronique, intitulée « Comment tu me parles ? » Bruno Frappat, s’interroge sur les bonnes et les mauvaises façons de parler au peuple. « Libération », de son côté, consacre quatre pages magazine à Georges Frêche et son parler ubuesque, paillard et égocentrique. François Reynaert, observe ironiquement, dans « Le Nouvel Observateur », que la campagne électorale bat son plein, et que les médias, la résument bien, « en rapportant insultes, coups bas, et images fraîches et amusantes ». « Le Parisien », de son côté, consacre une pleine page à Vincent Peillon, qui je cite, « en ressortant de vieilles affaires, ramènent la campagne sur le terrain judiciaire ». Ce que « L’Humanité » traduit par une question : « Affaire Soumaré – Vincent Peillon » : peut-on faire une carrière politique en France, après une condamnation au tribunal correctionnel ? Réponse : la sentence prononcée, contre deux barons de l’UMP prouve que oui ! Et Grégory Marin qui signe cet article de conclure : « Au concours de boules puantes : PS et UMP sont au coude-à-coude ». Là-dessus : « Le Nouvel Observateur », remarque que c’est le maire UMP de Franconville dans le Val d’Oise, et la droite locale qui ont commencé, et violé sans complexe les règles de droit, contre Ali Soumaré. « Libération » et « Le Parisien », préférant souligner que mardi prochain, « Nicolas Sarkozy, va recadrer la campagne de Valérie Pécresse en Ile-de-France ». Sont convoqués, la chef de file UMP, mais aussi Xavier Bertrand et Roger Karoutchi. Boules puantes, ou pas, écrit Didier Micoine dans « Le Parisien », la campagne de Valérie Pécresse ne décolle pas ! Et mon confrère, de citer, sans le nommer un cadre UMP, défaitiste, qui aurait déclaré : « Un beau casting ne remplace pas une équipe solide et expérimentée ». Et si, demande « France-Soir », on mettait un peu de fantaisie, dans une campagne électorale atone : des meetings sauvages, des crieurs dans le métro… ? Oncle Bernard dans » Charlie Hebdo » tente sa chance avec une chronique intitulée : « Marie, gare les poules, voilà les partageux ». Et sa chronique est illustrée d’une Marianne, enceinte, qui nous propose d’investir comme George Soros, dans la spéculation. « Le Canard enchaîné », s’amuse aussi, en comptant les Auvergnats, désormais membres du Conseil constitutionnel, Giscard… Barrot… Charasse… avec ce commentaire : « Un Auvergnat, ça va… c’est quand il y en a beaucoup que ça pose problème ! ». A ce florilège, plaisant, je veux ajouter une exclusivité sérieuse et authentique. La scène se passe à l’Elysée. Sont présents, à l’issue du Conseil des Ministres : le Président de la République, le ministre de l’Intérieur, et celui de la communication. Le dernier cité commence : « Monsieur le Président, une campagne électorale, c’est comme un match de boxe. On donne des coups et on en reçoit. Si on n’en donne aucun, on a beau être champion du monde, on finit KO debout ». Le ministre de l’Intérieur lui succède : « C’est tout de même étonnant, que des pans entiers, de la vie d’un homme public soient cachés… En démocratie, les campagnes électorales, sont là, pour faire tinter les casseroles, quand il y en a ! ». Reprise du ministre de l’Information : « Pourquoi prendre des gants Monsieur le Président ? On vous a injurié, en vous comparant à Hitler, Mussolini, et Franco ». Le Président : « Non. Je ne ferai pas la politique des boules puantes. Il ne faut pas porter atteinte à la fonction, pour le cas, où Mitterrand viendrait à l’occuper ». Et voici le court commentaire, d’Alain Peyreffitte, qui relate dans son livre : « C’était De Gaulle » cette scène édifiante du 24 novembre 1965 (quand Patrick Devedjian et Alain Madelin étaient gamins) : « Le Général venait d’inventer, avec son instinct de l’Etat, l’immunité des présidentiables, et rappeler cette vertu romaine, qui nous semblait à Roger Trey et à moi, plus édifiante que convaincante ». Quarante cinq années sont passées, et beaucoup de choses ont changé. « Le quinquennat, qui comme l’écrit Françoise Fressoz dans « Le Monde », fait problème pour Nicolas Sarkozy ». A changé aussi, le vocabulaire public, des hommes politiques, piégés ou pas, par les micros et les caméras… - Casse-toi pov con ! Mais s’il n’y avait que ça, et la langue du roi Frêche qui comme le relève aujourd’hui Michel Henry dans « Libération », déclarait en 2008 : « Les cons sont majoritaires, et moi j’ai toujours été élu, et ça continue parce que je sais comment les « engraner ». J’engrane les cons, avec ma bonne tête, je raconte des histoires de cul, ça a un succès fou. Ils disent « merde », mais il est marrant. C’est un intellectuel, mais il est comme nous. Quand les gens disent… il est comme nous… c’est gagné, ils votent pour vous…. ».

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