Bonjour à tous… « Le discours d’un roi » c’est ce soir à 20 heures, heure française, à la radio-télévision. Mais c’est aussi, un peu plus tard à Los Angeles, pour la cérémonie des Oscars, où le film britannique de Tom Hooper mène le bal des nominations, avec 12 citations. Dans le premier cas, (chacun l’a compris), il s’agit d’un Roi de France, très républicain, qui vient dans l’urgence, selon le JOURNAL du DIMANCHE, dire au pays, ce qu’il en est de la Tunisie, de l’Egypte et de la Libye. Et aussi, du sort réservé à Michèle Alliot-Marie. Dans le second, c’est affaire de cinéma, et d’Histoire, puisque le film de Tom Hooper, retrace le combat du futur George VI, père de la reine Elisabeth, pour surmonter son bégaiement, et assumer son rôle avec Churchill, face à Hitler. Nicolas Sarkozy, ne bégaie pas, et n’a jamais eu besoin de thérapeute, comme George VI pour parler à la radio-télé. Bien au contraire. Quant à la guerre, qu’il lui faut mener contre Kadhafi, avec les Nations Unies, elle a d’autant moins besoin de nos soldats, que le dictateur libyen, n’est pas Goering et n’a pas les moyens, Dieu merci, de bombarder Paris. Reste l’autre grande affaire, selon la presse dominicale, du remplacement au Quai d’Orsay, de Michèle Alliot-Marie, et de la clarification nécessaire, de notre politique étrangère. Le MONDE daté dimanche-lundi, le JOURNAL du DIMANCHE, le PARISIEN-Aujourd’hui, SUD-OUEST, La VOIX du NORD, la PROVENCE, pour ne citer que ceux-là, en font leurs manchettes, ou leurs surtitres. Avec des variantes… « Les dernières heures de MAM »… « Verdict pour Michèle Alliot-Marie »… « MAM vers la sortie »… « Sarkozy cherche à solder l’affaire Alliot-Marie »… « Michèle Alliot-Marie, seule partante ou plus large remaniement ? ». Ca, c’est la question de La VOIX du NORD, et de son dossier de trois pages, à ce qui doit être, ce soir un événement… Là-dessus, les spéculations de la presse du week-end vont bon train. Il y a ceux qui croient que le remaniement en question, sera large, avec des modifications en cascade du gouvernement Fillon. Olivier Jay, dans son éditorial du JOURNAL du DIMANCHE, se demande même, si ce n’est pas un Premier Ministre que cherche le Président de la République. Vendredi, LIBERATION avait trouvé le successeur de François Fillon en la personne d’Alain Juppé. C’est Antoine Guiral qui considérait que le maire de Bordeaux, humilié et exilé au Canada, il y a six ans, éclipsait désormais tous ses collègues à la faveur des révolutions arabes. Et mon confrère de LIBERATION concluait : « Il n’existe pas en France, de poste de vice-président, mais Alain Juppé est en train d’inventer la fonction. La preuve ? Jeudi matin, sur «France Inter », c’est avec un ton très présidentiel, que le ministre de la Défense, s’est avancé, sur les domaines réservés de la diplomatie, comme si, sa seule parole engageait notre pays. Et il est vrai, que tous ceux qui ont écouté, jeudi matin, Alain Juppé, répondre, avec clarté et autorité, aux questions de Patrick Cohen, auront remarqué, trois petites phrases prémonitoires. 1)Je souhaite de tout cœur que Kadhafi vive ses derniers moments de chef d’Etat. 2)Une intervention militaire étrangère en Libye, n’est pas d’actualité. 3)C’est vrai, il y a eu des erreurs collectives, commises vis-à-vis des dictatures d’Afrique du Nord. Mais cette mode qui consiste, à montrer du doigt, la diplomatie française, à tout propos, et hors du propos, n’est pas acceptable. Voilà, c’était quatre jours avant l’annonce d’un remaniement du gouvernement, Alain Juppé dans le texte. Et LIBERATION de commenter in fine : « Profitant du contexte international… le Ministre de la Défense, éclipse, Michèle Alliot-Marie et François Fillon, et n’en finit pas de savourer, son retour en grâce ». Le JOURNAL du DIMANCHE confirme ce matin, avec ce titre de son dossier événement : « Dans l’urgence, Sarkozy s’en remet à Alain Juppé, Premier Ministre-bis ». Commentaire de mon confrère Bruno Jeudy : « Il aura fallu à peine cent jours, au probable futur ministre des affaires étrangères, pour devenir, le nouveau pilier du gouvernement. Au risque d’éclipser Fillon ». Et Bruno Jeudy de conclure : «Ce n’est plus un retour. C’est un triomphe ». Tandis qu’à la page voisine du JOURNAL du DIMANCHE, Dominique Albertini ose un jeu de mots… « Echec et MAM»… Et que François Bayrou commente : « Un remaniement ne suffira pas à redresser l’image de la France, quand il faut prendre ses ordres au sommet. Il faut imposer une révolution tranquille, à l’Etat qui n’est plus ce qu’il était ». Dominique de Villepin, dans son entretien, accordé au MONDE, après son rendez-vous jeudi dernier, à l’Elysée, est moins sévère que Bayrou, pour le Chef de l’Etat. Certes, il dit bien, que lorsqu’il y a un malaise dans un ministère, on le règle. Avant d’ajouter, veillons à ne pas rater le train de l’Histoire ! Mais quand Patrick Roger, lance tout à trac, à l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac... « Croyez-vous que Nicolas Sarkozy peut se métamorphoser en Président, et sauver la fin de son quinquennat ». Dominique de Villepin répond en langue de bois… mais de bois flexible, plus noisetier que chêne. « La métamorphose, c’est un lent et long travail sur soi-même. Et c’est douloureux. Je veux croire que, pour notre pays, dans les 14 mois qui restent, il y a des changements possibles. C’est le sens de mes propositions au Président de la République. Je crois toujours que les hommes peuvent changer ! ». Vous lirez ça, à la page 9 du MONDE daté dimanche-lundi… et vous vous reporterez j’imagine, huit pages plus loin, la défense de la politique étrangère de France, par Henri Guaino, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. Lui, s’en prend au groupe de diplomates anonymes qui ont signé un texte, condamnant la politique étrangère de l’Elysée. Pas vous, pas ça, répond en substance Henri Guaino, qui conseille aux ambassadeurs, de faire leur métier avec loyauté. Un ambassadeur-écrivain, Jean-Christophe Rufin, réplique dans le PARISIEN, que « l’image de la France dans le monde a subi des dégâts ». Et quand mon confrère Bruno Fanucchi, lui demande, s’il vise Nicolas Sarkozy. Rufin, l’ami de Bernard Kouchner, répond : oui. Voyez le discours de Dakar, voyez le Mexique, et toutes les réponses impulsives du Chef de l’Etat. Que l’Elysée conduise la politique étrangère, rien de plus normal, mais le découplage Elysée-Quai d’Orsay, c’est mauvais. Le PARISIEN pose une question sur Michèle Alliot-Marie… Et Rufin, de la condamner d’un mot : « Elle a montré qu’elle était totalement inadaptée ». Raphaëlle Bacqué, à la page 3 du MONDE, vous apparaîtra peut-être plus juste, quand elle écrit que Michèle Alliot-Marie symbolise, aujourd’hui, les errements de la diplomatie française, autant que les petits arrangements matériels du pouvoir. Ces arrangements, qui exaspèrent tellement l’opinion. Et la page est titrée… MAM et POM, couple encombrant, pour Nicolas Sarkozy. Le sort de Michèle Alliot-Marie et de son compagnon, est aujourd’hui entre les mains du Chef de l’Etat. Il semble… je dis bien, il semble, que Michèle Alliot-Marie résiste comme la petite chèvre de Monsieur Seguin et comme France Gall : « Résiste… prouve que tu existes… ». Mais elle ne peut rien contre le monarque républicain… Rien, contre le discours du Roi, qui lui dira, en privé, s’il ne l’a déjà fait, comme Créon dans l’Antigone d’Anouilh. [Mais, bon dieu… essaie de comprendre une minute, toi aussi, petite idiote ! J’ai bien essayé de te comprendre, moi… ]

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