Savez-vous ce que c'est qu'un smombie ?

Non ? Moi non plus, je ne connaissais pas ce mot-là, jusqu'à ce que je lise la chronique de Jean-Michel Normand dans M, LE MAGAZINE DU MONDE . Smombie est une expression récemment inventée par nos voisins allemands : contraction de smartphone et de zombie , elle désigne tous ces fantômes qui marchent dans la rue sans quitter des yeux l'écran de leur téléphone.

On en croise souvent, des fantômes de ce genre. A la radio aussi, d'ailleurs, dans les couloirs de France Inter. Smombie est donc un mot-valise, à l'image de l'amicale alcoolade de Raymond Queneau, ou bien du très musical pianocktail de Boris Vian. Ceci dit, le phénomène qu'il évoque n'est pas sans danger. Aux Etats-Unis, une étude estime que 10% des piétons victimes d'accident se sont fait renverser par défaut de vigilance. Parce qu'ils étaient en train d'envoyer des textos. En Chine, de larges voies piétonnes ont même été aménagées pour les utilisateurs de portables. Des voies exclusivement réservées aux smombies .

D'ailleurs, dans la presse, ce matin, on trouve un autre mot-valise. Une contraction des mots Charlie et agriculteurs . C'est dans l'édito que signe Sébastien Lacroix dans les colonnes de L'UNION .

Les Français, écrit-il, sont tous « Charli-griculteurs ». Et c'est en effet ce dont témoigne l'enquête ODOXA publiée dans LE PARISIEN . Bienveillance générale, indulgence générale : plus de huit sondés sur dix soutiennent les manifestations qui ont lieu en ce moment en France. Des manifestations pour dénoncer les prix imposés par l'industrie agroalimentaire, des prix qui ne permettent pas aux agriculteurs de couvrir leurs frais et de se verser un salaire. Du reste, plus de neuf sondés sur 10 les jugent "utiles", "courageux", "passionnés". Les agriculteurs seraient, même, selon cette enquête, de plus en plus "proches des gens", même s'ils restent "râleurs", disent les personnes interrogées.

Mais ils ont donc de nombreuses raisons de râler, ainsi que le détaille Jean-Marie Montali. Ils sont asphyxiés par les factures impayées, les normes et les contrôles, poursuivis par les banques et assommés par la grande distribution. Leur détresse est bien davantage qu'un simple coup de colère et au salon de l'agriculture, qui ouvre ses portes ce matin, ils ne se contenteront pas cette année de voir défiler les politiques entre les stands, pour "flatter le cul de vaches" devant les caméras. Ils sont, poursuit mon confrère, « le symbole d'une France patraque qui laisse à l'agonie un monde qui, hier encore, faisait sa fierté. Et leur exaspération, qui frise désormais la révolte, attend maintenant un plan de sauvetage applicable très rapidement » .

La tonalité est quasi identique dans l'ensemble de la presse ce matin. « Vache de crise » , titre ainsi LA VOIX DU NORD , tandis que L'ECHO DE LA HAUTE-VIENNE évoque « le salon de la colère » . Alors que le Président de la République est sur place depuis 6h30, Jean-Michel Servent prévient, dans MIDI LIBRE , que François Hollande n'est pas le bienvenu au palais de porte de Versailles : « Gare aux mauvais coups de corne et aux jets d'œufs ! » « Ce salon pourrait tourner à la jacquerie », abonde Daniel Muraz dans LE COURRIER PICARD , tandis que Gaëtan de Capèle, dans LE FIGARO , estime que si le chef de l'Etat « ne dispose pas de remède miracle, au moins est-on en droit d'attendre de lui des initiatives de bon sens » .

Des initiatives que liste notamment LIBERATION : Ralentir l'inflation d'élevage intensif, ne pas tout miser sur l'export, se concentrer sur les circuits courts, opter pour la qualité – les labels, le bio, regrouper les structures et créer de nouveaux outils de régulation. Autant d'initiative qui permettraient, peut-être, au secteur de relever la tête.

Savoureux dessin de Rançon dans LE PARISIEN . Dialogue entre une vache et un cochon La vache lance au cochon : « Je t'assure, il ne faut pas désespérer : l'agriculture française peut s'en sortir ! » Le cochon répond à la vache : « Ah bon, tu as confiance, toi, dans cette réforme du droit du travail ? » La vache et le cochon : un dialogue que La Fontaine n'aurait sans doute pas désavoué.

La réforme du droit du travail fait d'ailleurs la Une de LIBE ce samedi. Et le quotidien nous explique « l'histoire secrète de la loi de Myriam El Khomri » . Ou comment le projet de réforme du code du travail, au départ envisagé comme une loi sociale qui devait réconcilier les socialistes avant 2017, est devenu le texte qui déchire aujourd’hui la gauche. Récit des coulisses de l'évolution de ce texte. D'abord une interview de Robert Badinter, qui estime que le texte ne va pas assez loin. Manuel Valls le prend mal et il choisit alors de taper plus fort. En l'occurrence, plus à droite. C'est également son cabinet qui suggère à la ministre d'évoquer l'utilisation possible du 49-3, contre l'avis de l'Elysée. Certains soulignent par ailleurs l'influence du directeur de cabinet de Myriam El Komri, Pierre-Henri Imbert, ex-collaborateur de Raymond Soubie, qui fut l'ancien monsieur "social" de Nicolas Sarkozy. « C'est lui, le vrai ministre » , balance un socialiste, ajoutant que sa supérieure est totalement « instrumentalisée » . D'autres disent même qu'elle est en plein "burn-out", ce qu'elle dément, rétorquant qu'elle est endurante.

Endurante, peut-être, mais mauvaise en communication, assurément. Lire, à ce sujet, le papier de Tristant Berteloot, toujours dans LIBERATION . (…)

Le soupçon est également nourri par le soutien apporté au texte par une partie de la droite : Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, et même Alain Juppé. « Mais à quoi joue la droite ? » se demande LE PARISIEN , qui nous explique les calculs machiavéliques de certains candidats à la primaire : s’ils soutiennent le texte, c’est à la fois pour couper François Hollande plus encore de la gauche, en montrant que son texte est un texte de droite, et puis c’est aussi pour montrer que son prédécesseur, lui, n’a pas réformé le code du travail. En somme, explique un responsable du parti Les Républicains, « c’est pour faire chier Sarkozy » .

Nicolas Sarkozy, dont on peut d'ailleurs lire l'interview d'une de ses proches dans VANITY FAIR . En l'occurrence : sa maquilleuse, Marina Michenet, qui a travaillé à son service pendant tout son quinquennat à l'Elysée. Elle était payée 8.000 euros par mois et devait être disponible à tout moment. Avant cela, elle maquillait les vedettes du showbiz, des acteurs, des actrices, mais là, pendant cinq ans, c'est donc le visage de Nicolas Sarkozy qu'elle a tenté d'arranger avant chaque rendez-vous important : les sommets internationaux et autres interviews télé. Des maquillages au doigt, toujours, et des mélanges de fond de teint. Elle raconte sa vie de collaboratrice. Les voyages, la fatigue et le coup de colère de celui qui était à l'époque président de la République quand elle a accepté de maquiller François Fillon. « Plus jamais tu ne me fais ça ! » , lui a hurlé Sarkozy. En revanche, il acceptait qu'elle maquille les autres dirigeants du monde, notamment Barack Obama. « Je te la prête, si tu veux ! » Un jour, Henri Guaino a lancé à Marina : « Tu es la seule à pouvoir écrire un bon livre sur le quinquennat ! » Confidences, donc, de la maquilleuse de Nicolas Sarkozy. Un mot-valise : la « sarkquilleuse » .

Les journaux reviennent également sur la cérémonie des Césars et tous soulignent que Florence Foresti, la maîtresse de cérémonie, a vraiment réussi à réveiller cette soirée souvent très ennuyeuse. Aux Césars, hier soir, c'était donc surtout Forestar .

Et puis, des nouvelles de Nans et Alice. Il y a deux semaines, je me faisais l'écho de cette petite annonce parue dans LIBERATION , la veille de la Saint-Valentin. Une annonce de Nans, une demande en mariage : « Alice, veux-tu m'épouser ? » Eh bien, suite à cela, j'ai reçu un message de Nans. Un très joli message, dans lequel il m'explique qu'Alice a dit "oui". Ils se marieront cet automne et on leur souhaite évidemment beaucoup de bonheureuxévénements par la suite.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.