Bonjour à tous… C’était plaisant hier, le débat télévisé chez Franz-Olivier Giesbert. Il y avait là, Fadela Amara, Renaud Dely et Bernard Tapie ferraillant plutôt rudement sur l’état de la presse ! Grand sujet d’actualité, car cette semaine, comme l’écrit Bruno Frappat dans LA CROIX… il y a de quoi s’énerver un peu… Et Frappat d’expliquer qu’on aurait pu croire, à l’écoute des radios lundi dernier, que le Pape avait écrit un livre sur le préservatif ! Sur les Chrétiens d’Orient ? Rien naturellement. Sur Dieu, sur la vie, le bonheur, la souffrance et la mort. Benoit XVI n’a sans doute rien dit, rien écrit. On verra, ironise mon confrère, si le jour de Noël il y aura beaucoup d’envoyés spéciaux à Rome, pour révéler que le Pape a parlé d’un événement incroyable : l’Incarnation ! Et dans la foulée, le chroniqueur de LA CROIX d’évoquer deux autres sujets obsessionnels : la pédophilie, métaphore colérique de Nicolas Sarkozy, vis-à-vis des journalistes, et Karachi. Sur le « au revoir les pédophiles » du Chef de l’Etat, convenons, écrit Frappat, que l’exemple même mal choisi, avait une certaine force pédagogique. Sur Karachi en revanche, la presse serait passée un peu vite du on-dit au dit. Alors que si chacun a sa petite idée du scandale, rien n’est prouvé. « On brûle trop les étapes dans notre métier. On ne prend pas le temps de marcher. On court à toute vitesse vers la conclusion. C’est bien sûr, Balladur s’en est mis plein les poches, avec les rétro-commissions, et Sarkozy qui était son porte-parole, portait aussi les valises, bourrées de grosses coupures ». « Ca », conclut Frappat, « c’est le péché de l’emballement médiatique et investigatoire qui fait que parfois, on se fracasse contre un mur ». Dans le NOUVEL OBSERVATEUR, Jean-Claude Guillebaud, s’interroge lui aussi sur un système médiatique qui en fait trop, dans ce qu’il appelle « la mise en scène hallucinante du vide ». Et Guillebaud de s’arrêter au 14 novembre dernier, où des heures durant, l’audiovisuel français mit en scène un événement qui n’a pas eu lieu : le remaniement. « Une fois, deux fois, trois fois », insiste mon confrère du NOUVEL OBS, « nous pûmes revoir dans un décor de parapluie et de voitures mouillées, la poignée de main entre le Président et son Premier ministre. Cela finissait par produire un effet comique irrésistible. Ce fut une très sotte journée ». Philippe Sollers, dans le JOURNAL du DIMANCHE, fait écho à Guillebaud, mais en s’en prenant autant à la classe politique, qu’à la classe médiatique. « Je suppose », écrit-il à propos du remaniement, « que vous êtes comme moi. A force de gesticulations, vous n’arrivez plus à prendre au sérieux le spectacle politique. D’ailleurs, se prend-il au sérieux lui-même ? Que certains acteurs partent. Que d’autres arrivent ou font semblant d’arriver. Quelle importance puisqu’on vous prie d’attendre la suite, qui ne saurait tarder ». « En attendant », poursuit Sollers, « le tourbillon les emporte tous. Une seule fonction surnage dans ce tsunami, le FMI. Et l’écrivain-chroniqueur d’ironiser, en appelant le FMI en question : « Le Fonds de manipulation mondialisé ». « Ne vous crispez pas », conclut-il. « On vous mondialise par décret. Fini le bon vieux temps où la France s’ennuyait… Désormais, la France s’emmerde… Les médias ont beau tourner à plein régime, un seul candidat émerge de cette bouillie. Mediator. Je le prends comme tranquillisant. Tant pis pour les effets secondaires ». En ferions-nous trop sur certains événements, pas assez sur d’autres. Le PARISIEN s’interroge ce matin sur le Père Noël, croisé partout, à la télé, dans les spots publicitaires et devant les magasins illuminés. On en fait trop, selon Maryse Vaillant. Le bonhomme en rouge, c’est une belle invention. Mais il ne faut pas l’incarner. Sinon l’enfant ne peut plus rêver. On a besoin d’y croire, réplique Eric Donfu, sociologue, qui souligne que les lettres au Père Noël ont doublé en dix ans. 1,6 millions de courriers adressés au ciel, via la poste en 2008. Et certains vœux, certains rêves, se réalisent en cette période. La preuve ce matin, dans 4 quotidiens. PRESSE OCEAN publie le témoignage d’une famille d’ouvriers nantais dont la vie a basculé, à la mi-novembre. Ils ont empoché le gros lot du loto… 8 millions d’euros… Leurs premières impressions de rêves réalisés sont sages, très sages. Dans l’ECLAIR des PYRENEES… une photo de vies réussies au pluriel (grâce à l’amour). 33 couples mariés depuis plus de 50 ans, ont reçu à Pau hier, la médaille d’or de la ville. A Lille, la VOIX du NORD, titre aujourd’hui sur un autre enchantement de drôlerie, paraît-il, avec la projection de presse, en avant-première, du nouveau film de Dany Boon. Rien à déclarer ? Selon la VOIX du NORD, Benoit Poelvoorde fait un véritable show, et le film est drôle. Bonne nouvelle encore… Sociale celle-là, en première page du FIGARO. « Nette amélioration de l’emploi en octobre ». 20.000 chômeurs en moins. C’est la plus forte baisse mensuelle, depuis le début 2008, avant la crise. « Un signe encourageant », pour le FIGARO qui rappelle les mauvais résultats de septembre, où le chômage avait atteint, son niveau le plus élevé depuis onze ans. Mais vous allez croire que je veux « réenchanter le monde » à la façon des philosophes, lui donner un sens, comme le souhaite aussi, Jean-Louis Servan Schreiber avec son nouveau mgazine « Clés ». Un journal qui paraîtra tous les deux mois pour mieux réfléchir sur la fin éventuelle de l’homme, au siècle des femmes, où sur le jeûne… plusieurs jours de suite… pour maigrir vraiment ! Ne croyez pas pour autant que je veuille vous cacher les mauvaises nouvelles. LIBERATION publie un dossier désolant sur Haïti et les promesses en ruines. Le BIEN PUBLIC de Dijon, s’inquiète du Sida… « Oui, l’épidémie recule, mais bien des porteurs du virus l’ignorent et ne se protègent pas ». Les DERNIERES NOUVELLES d’ALSACE s’inquiètent elles aussi de l’urgence hivernale, pour les sans-abris. Et le TELEGRAMME de Brest considère que la précarité demeure dans notre pays en attendant même la cote d’alerte. Mais puisqu’on parle beaucoup de la presse et de ses errements, laissez-moi vous donner deux points de vue. C’est François Mauriac qui écrivait dans son bloc-note de l’EXPRESS : « Un journaliste professionnel est un homme qui déforme les faits consciemment ou non. La version maison sort de lui comme d’un moule. Un journal c’est un gaufrier ! ». Plus dur et moins élégant, José Artur écrit dans « Les Pensées » : « Mon chien est un journaliste d’investigation : il renifle une crotte pendant trente secondes, il pisse dessus pendant deux minutes ».

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