Bonjour à tous…. Et singulièrement à ceux d’entre vous qui se sont levés du bon pied. Mais comment faire autrement quand on sait que nous allons passer à l’heure d’hiver la nuit prochaine et dormir une heure supplémentaire ? Merci Giscard, qui nous avez imposé l’idée de l’heure d’hiver, et de l’heure d’été, il y a trente ans. Et honte à vous Ségolène, qui aviez manifesté une sympathie appuyée à ses détracteurs, lorsque vous fûtes un moment, secrétaire d’Etat à l’Environnement. Mais, comme le notent ce matin, le journal LES ECHOS, le réveil avancé ou reculé, c’est un sujet sur lequel Alain Juppé, Premier ministre, faillit se casser les dents ! Mais c’était il y a longtemps ! Aujourd’hui, Français et Européens sont du même avis : le passage à l’heure d’hiver favorise les économies d’énergie. Un an d’éclairage d’une grande ville ! Et l’on ne voit pas Nicolas Sarkozy rompre sur ce point, car, explique Jean-François Polo, mon confrère des ECHOS… « Notre hyperactif président serait plutôt intéressé par l’idée d’ajouter une 25ème heure à ses journées, et aux nôtres… Ce qu’il pourra faire en 2008, quand nous repasserons à l’heure d’été. En attendant, mon enfant, ma sœur, songe à la douceur de ce que sera cette nuit, notre mol oreiller… Et précipite-toi sur le numéro de novembre du mensuel PSYCHOLOGIE, qui répond avec Jean-Luc Nancy à la question « Qui est-on quand on dort ? » Un légume ? Un presque mort ? Est-ce bien moi, ou quelqu’un d’autre qui dort à ma place ? Et l’auteur de l’essai opportunément intitulé « Tombe de sommeil » d’expliquer que le gouffre métaphysique de nos nuits, est en réalité une terre inconnue, qu’un besoin physiologique nous contraint chaque jour d’aborder. « Quand le sommeil nous gagne, écrit-il, il gagne sur nous. Et quand on tombe de sommeil, où tombe-t-on, sinon à l’intérieur de soi ? C’est d’ailleurs pour cela que la question « Est-ce que tu dors ? » est la seule qui n’appelle pas de réponse. » Un mot encore de l’interview de Jean-Luc Nancy dans PSYCHOLOGIES, puisqu’il évoque les rêves, les cauchemars et les insomnies, et même la nuit à deux, en rappelant qu’on est toujours seul dans le sommeil… Même quand on couche ensemble… Dans ce cas cependant, la solitude est partagée, d’où le refus de la plupart des couples de faire chambre à part… Voici ce qu’écrit là-dessus, Jean-Luc Nancy… « … Dormir ensemble ouvre la possibilité de pénétrer au plus intime de l’autre. Observez le sommeil heureux, alangui des amants. Ils sombrent ensemble, et prolongent le spasme amoureux jusqu’à le suspendre longuement, comme une note tenue jusqu’à la limite de la dissolution de leur accord même. Mêlés, leurs corps se démêlent insidieusement, même si, parfois, ils restent enlacés jusqu’au réveil. A ce moment, la joie leur revient de faire à nouveau surface ensemble, comme s’ils étaient noyés au fond des eaux qu’ils ont eux-mêmes répandues. » Allez debout ! C’est l’heure de se lever du bon pied, à la façon de Bruno Frappat, qui se résout aujourd’hui, en dernière page de LA CROIX, à voir l’actualité du bon côté. « C’est assez, écrit-il, de se lamenter contre le cours du temps. Contre le froid quand il fait froid, le réchauffement climatique quand il fait chaud. Contre la droite quand elle gouverne. Contre la gauche quand elle déraille, le centre quand il se cherche, les grèves quand elles perdurent et celles qui s’annoncent, les tests ADN qui ne protègeront pas la France mais abimeront son image, les avions Rafale qu’on ne vendra pas au Maroc… etc… » Et le chroniqueur de LA CROIX de proposer aux désespoirs additionnés des médias, avec leur bouteille à moitié vide, une bouteille à moitié pleine plus optimisante. Tant il est vrai, qu’après un bulletin d’actualité centré sur l’homme et sa méchanceté, très peu d’entre nous décident de se suicider. Et Frappat de reprendre sa liste… à l’envers… Le climat ? Bon, la France s’est saisie du dossier le plus chaud de la civilisation. Les ventes ratées du Rafale Dassault au Maroc ? Et alors, ils prennent notre TGV. Les grèves, c’est vrai, on galère pour aller travailler, ou en vacances de la Toussaint par la voie des airs… mais, relève le chroniqueur de LA CROIX, on sent derrière tout ça, comme un baroud d’honneur des syndicats, une sorte de dernière station avant l’autoroute. Et voici le bouquet, quand au divorce que l’on sait, et à la peopolisation de notre presse dont on débat… Est-ce si moche que ça ? Eh bien non, écrit Frappat, les journaux ont donné l’information, et s’en sont tenus au connu, au rabattu… Avec ce respect que l’on a pour les drames intimes… bref, sans beaucoup de bruit… soit parce qu’on ne s’y intéresse pas, soit parce que ça nous passionne. Voyez en revanche, conclut mon confrère de LA CROIX, ce qu’il en est de l’autre côté de la Manche, dans la presse de caniveau. Et voici la conclusion de mon confrère… « Et puisque l’on parle de presse people, terminons sur la note la plus gaie de la semaine. Vous pensiez que l’affaire d’EADS et les soupçons de délits d’initiés étaient ennuyeux pour Arnaud Lagardère ? Point du tout. Il trône, Arnaud, dans PARIS MATCH, sur deux belles pages, aux commandes de l’Airbus A380, le pouce levé, sourire triomphal. Du pied droit, on vous dit ! » J’en viens aux enfants volés du Tchad, sur lesquels la presse s’accorde pour considérer que tout est bizarre dans cette histoire. Désarroi. Incompréhension, écrit ainsi Jacques Camus dans LA REPUBLIQUE DU CENTRE, avant d’expliquer qu’on voudrait croire en la bonne foi des responsables de l’Ong, L’Arche de Zoé. Comme dans celle des familles d’accueil. Encore faut-il se méfier des bons sentiments. Un trafic d’enfants, même si 75 gosses meurent chaque jour au Darfour, reste un trafic d’enfants. Malaise, commente aussi Jacques Beal dans LE COURRIER PICARD, avant d’interroger : « Trafic d’enfants à adopter ou opération humanitaire pour leur éviter une mort prévisible au Darfour ? » Et Jacques Beal de conclure : « De plus en plus de pays sont devenus réticents et ont durci leur arsenal législatif à un moment où il y a de plus en plus de postulants pour l’adoption. D’où les risques de trafics comme – peut-être – celui qui a été bloqué au Tchad. L’affaire du Tchad, par ses zones d’ombre ne va pas arranger les affaires de l’adoption internationale qui souffre de préjugés entre les soupçons de trafic et l’adoption hypermédiatisée de Johnny Hallyday. Sans doute, cette opération était-elle pleine d’inconséquences, mais elle indique que des familles sont prêtes à tout pour aider des enfants en détresse. » LE MONDE évoque les mises en garde du Quai d’Orsay, cite Madame Rama Yade qui a jugé « illégale et irresponsable », l’action de L’Arche de Zoé. Le Figaro fait un pas de plus, et évoque une incroyable odyssée « de Pieds Nickelés de l’Humanitaire. » Etrange odyssée, préfère titrer « Libé » avant de s’interroger… « Que savaient les autorités françaises, du processus qu’elles n’ont pas empêché ? » Et au passage LIBERATION évoque le prix de l’opération Aide aux enfants du Darfour, de 1500 euros à 8 000 euros… et révèle : « Fondée juste après le tsunami en Asie en 2004, par Eric Breteau, un sapeur-pompier d’Argenteuil et aussi président de la Fédération française de 4x4, l’Arche de Zoé est une petite Ong peu expérimentée et animée par l’envie de dénoncer ce qu’elle appelle « le génocide au Darfour » à travers un coup médiatique ». C’est bizarre quand même des pompiers au Darfour ont relayé, facilité le rassemblement de ces enfants, avec l’aide de l’armée française Pour finir, Sarkozy est incroyable ! « C’est un provocateur ! écrit L’Humanité. Que cherchait-il en se rendant hier dans les ateliers de la Sncf de la Plaine Saint Denis ? Visiblement, il ne voulait pas dialoguer puisqu’il était venu répéter aux cheminots qu’il ferait ce qu’il a dit. » L’avis de Claude Imbert dans LE POINT : « S’il étonne ou détonne, c’est par une sorte d’humanité si fraîchement et nouvellement exposée. Il se livre sans embarras, fait peu à peu ce qu’il a promis, se contredit parfois mais se corrige sans gêne. Sa présidence est affairée, ouverte, offerte au Moloch de l’opinion. Dans l’ « obscénité démocratique » de la proximité et de la transparence, il a le pompon du plus proche et du plus transparent. Il déchire, en passe-muraille, les cloisons du protocole, de la tradition, bref, des convenances d’un ordre en voie d’extinction. Dans le rituel présidentiel, chez nous vaguement monarchique et jacobin, il trimbale un naturel, un décrochez-moi-ça populaires inconnus en ces parages. L’homme y tombe la veste, la toge, les oripeaux de l’emploi. La démocratie n’y perd pas. »

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