Bonjour à tous… En ce 28 décembre glacial ici, et brûlant au Proche-Orient. C’est au point que le « Parisien-dimanche » partage ce matin sa première page en deux titres équivalents : « Alerte au froid et raid israélien contre le Hamas à Gaza ». « Le Monde », imprimé avant l’offensive de Tsahal, déclenchée hier à la mi-journée, privilégie sur trois colonnes les conséquences de la pauvreté en France en réservant cependant une colonne et sa page 5, à l’intervention « prévisible » d’Israël dans la bande de Gaza. Nous y voilà, avec « Le Journal du dimanche », « Le Dauphiné libéré », « Les Dernières Nouvelles d’Alsace », et la plupart des quotidiens régionaux qui, informés du bilan de l’offensive israélienne titrent tous, sur les 230 morts et les 700 blessés recensés à Gaza, selon des sources palestiniennes. Dès lors, les manchettes des journaux dominicaux se ressemblent, de Strasbourg à Bordeaux et de Lille à Perpignan, comme à chaque fois que la guerre reprend au Proche-Orient ! Au lendemain de Noël, s’émeut « Le Dauphiné », la Terre Sainte s’embrase. Israël avait menacé. Israël a attaqué et donné le signal d’une opération baptisée « Plomb durci ». Des raids aériens massifs ont tué plus de 200 Palestiniens et fait des centaines de blessés. Le tout dans une tentative d’en finir avec les tirs de roquette, et de mortier commandés par le parti islamiste contre les villes du Sud d’Israël. Photos des décombres et des victimes palestiniennes à l’appui, « Le Journal du dimanche », emploie dans son titre de première page, les mêmes mots que notre confrère alpin « Israël – Palestine : l’embrasement ! ». Mais il y ajoute deux pages, et deux reportages, l’un à Gaza bombardé par Tsahal, et l’autre à Sdérot terrorisée, par les roquettes Kassam et les tirs de mortier du Hamas. Les mêmes scènes, malgré une différence de degrés entre les bombardements ciblés de soixante avions et hélicoptères israéliens, sur Gaza, et les missiles qui pleuvent à l’aveugle sur les populations civiles du Sud d’Israël. Fureur contre fureur. Des deux côtés, on promet de se venger, et Pierre-Laurent Mazars, à Gaza, évoque les cadavres, qu’il a vus, allongés par terre, avec leurs cartes d’identité, placées en évidence, pour permettre leur reconnaissance par les familles. Tandis qu’Antoine Malo à Metivot, près de Sdérot, souligne la douleur d’un Israélien, cherchant son frère victime d’une Kassam qui a explosé dans un quartier populaire. L’envoyé spécial du « Journal du Dimanche », cite aussi une vieille dame de 85 ans, prête à prendre la place du ministre Ehud Barack, pour faire taire les mortiers de Gaza… « J’ai déjà eu affaire aux bombes d’Hitler », dit-elle, « celles du Hamas ne me font pas peur ». Un de ses voisins d’origine Russe se montre plus violent et déclare à mon confrère Antoine Malo : « Il faut faire à Gaza ce que Poutine a fait à Grozny en Tchétchénie… Bombarder jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien ! ». A Sdérot, après dix jours de bombardements, la plupart des magasins sont fermés, ce qui n’empêche pas une mère de famille inquiète de déclarer, lucide : « Je ne crois pas qu’un raid aérien, change quoi que ce soit, à notre situation. Le Hamas va continuer à lancer des roquettes et nous, nous continuerons à vivre dans la terreur ». « Le Journal du Dimanche », ajoute à ce double reportage, le point de vue de Robert Malley et celui de Bernard Kouchner. Robert Malley, l’ancien conseiller de Bill Clinton à la Maison Blanche, considère que Barack Obama, va devoir aborder de front le problème du Hamas, en évitant de reproduire quinze années d’échecs à répétition. Selon lui, Obama y songe déjà, considérant que NI Israël, NI le Hamas ne voulaient cette escalade. Avec une médiation efficace, dit-il, elle aurait pu être évitée. C’est aussi l’avis de Dominique Bromberger, qui rappelle dans « Le Télégramme de Brest », que la nature a horreur du vide. Et que le vide s’étend justement aujourd’hui de Washington à Jérusalem, et de Jérusalem en Cisjordanie, où Mahmoud Abbas entame sa dernière année de Présidence de l’Autorité palestinienne. Un gouvernement finissant aux Etats-Unis, un gouvernement qui expédie les affaires courantes en Israël, en attendant les élections de février, le Hamas à Gaza, Mahmoud Abbas, le modéré, à Ramallah. Bref, tout concourt pour que l’engrenage : provocation – riposte se mette en place… et détruise les efforts des chancelleries. Ce qui n’empêche pas Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, de réagir, aux évènements de Gaza et de trouver, quand même des raisons d’espérer. « Je ne veux pas », dit-il, au Journal du Dimanche « me résoudre à la fatalité de la haine. L’Europe doit se battre pour arrêter l’enchaînement des violences et renouer avec le processus de paix. A l’automne dernier, nous avions enregistré des signes positifs, et nous pouvons agir, pour arrêter les tirs de roquette et les bombardements de représailles. Il faut ouvrir les portes de Gaza… Et le Hamas doit cesser de jouer un jeu dangereux qui se paie en vies humaines. Mais j’espère. En Cisjordanie, la rue a gardé son calme, et je viens de parler à Mahmoud Abbas… Quant aux Egyptiens, ils peuvent réamorcer un processus de paix. Il faut les y aider. Comme il faut tenir compte des Syriens qui n’ont pas intérêt de voir la région s’embraser ». Et voici la conclusion de Bernard Kouchner qui semble, comme Edgar Morin, aimer la parole de Hölderlin : « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ». La preuve, Israël a promis en Français d’éviter la famine à Gaza, en laissant passer les camions et les secours humanitaires. « Des deux côtés, les populations civiles ont dépassé les limites du supportable. Le retour à la trêve est l’unique solution. Pour retrouver ensuite l’esprit d’Annapolis. J’ai appelé hier mes homologues européens. Ils sont déterminés à peser de tout leur poids sur ce dossier et à plaider auprès de Barack Obama pour que cette région du monde soit une des priorités des premiers mois de son mandat. Il risque d’être mobilisé par les affaires intérieures et la crise intérieure. Les Européens ont un rôle à jouer ». Rubrique de l’antisémitisme sur le masque de l’antisionisme… Dernière… Faurisson au Zénith… et Dieudonné… qui dérape encore, selon « Le Parisien » et le « Journal du Dimanche »… Bonne année quand même… Espoir en 2009… mais 2008 finit très mal…

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