Bonjour à tous, et vive ce samedi 28 février, dernier jour d’un mois très court, profitable aux salariés ! C’est aussi un jour d’aller-retour, vers les champs de neige pour les uns, vers les villes pour les autres, mais ensoleillé au point que le PARISIEN nous invite tous ce matin à « sortir » pour profiter de la journée. « Un, deux, trois, prenez une bouffée de printemps » surtitre ce quotidien, « jardinez et surtout profitez de la lumière que nous offre le ciel aujourd’hui. Après un hiver très long, c’est une aubaine, et pas seulement pour le Sud-est ou l’Aquitaine ». La preuve, l’effet ciel rouge qu’évoque aussi Bruno Frappat dans sa chronique de LA CROIX. « Ciel rouge » quand, écrit-il, « le soleil a la bonté de précéder légèrement le réveil, puis de l’accompagner un peu plus tard, éclairant la ville en orange, comme si à l’Est, un gigantesque projecteur de lumière et de douceur avait été posé là, pour vous réconcilier avec les temps difficiles ». Et Frappat qui est chrétien, de voir dans les matins jaillissants des petits printemps noyés de primevères, au pied des arbres et sur les balcons, la main de Dieu, ou celles des jardiniers des ondes, comme Alain Baraton. Vous ne m’en voudrez pas d’y ajouter à destination de tous ceux qui rentrent de vacances et aussi des membres de la commission Balladur, qui redécoupent la France, ce fameux secret de Du Bellay : « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme celui-là qui conquit la toison, Et puis est retourné, plein d’usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son âge ! Quand reverrai-je, hélas de mon petit village Fumer la cheminée, et en quelle saison Reverrai-je, le clos de ma pauvre maison, Qui m’est une province, et beaucoup davantage ? Plus me plait le séjour qu’ont bâti mes aïeux Que des palais romains le front audacieux, Plus que le marbre dur me plait l’ardoise fine. Plus mon Loire gaulois que le Tibre latin, Plus mon petit Liré que le mont Palatin, Et plus que l’air marin la douceur angevine ». Cette douceur du printemps, cette beauté du ciel sur la Loire, on ne la trouve évidemment pas dans tous les éditoriaux du week-end. La crise fait toujours partie du décor, et FRANCE SOIR n’est pas seul à annoncer la fin de l’automobile. Ni l’HUMANITE, a dire pis que prendre du Medef antillais. « Antilles : 1. Medef : 0 », titre ainsi le quotidien communiste, au-dessus du dessin d’un drapeau tricolore, ou le blanc a été remplacé par un poing levé noir, vainqueur. Et pour faire bon poids, en page intérieure, Daniel Stive d’écrire : « En Guadeloupe, il n’y a pas que le soleil qui est de plomb, le patronat l’est aussi. C’est lui qui porte la responsabilité de la sortie de crise aujourd’hui. Claude Imbert, dans le POINT, évoque lui aussi le "volcan créole", avant de rappeler les handicaps de l’insularité, de l’éloignement géographique. Et de l’histoire aussi, qui se réveille aujourd’hui aux Antilles, parce qu’elle est tatouée sur la peau des Antillais. La peau, dit-on, est ce qu’il y a de plus profond chez l’homme. On n’en sort pas comme d’une défroque. Et il faut être de peau noire, pour comprendre l’insistante rumination d’un passé saccagé. Sur les Dom-tom en éruption, les lectures des journaux ne feront pas forcément plaisir à tout le monde. Encore faut-il féliciter l’HUMANITE de donner quelques chiffres. La Guadeloupe c’est 450.000 habitants. La Martinique : 400.000. La Guyane : 200.000. La Réunion : 790.000. Taux de chômage aux Antilles : 21-22 %. Près de 40 % pour les jeunes. PNB par habitant : France métropolitaine : 32.000 euros... Guadeloupe : 18.000… Martinique : 21.000… Réunion : 17.000. Prix d’un kilo de farine fluide en Ile-de-France : 1,33 euros. A la Guadeloupe : 2,85. Lisez, ne lisez pas. Ne changez pas d’humeur et ne gâchez pas ce samedi printanier par des lectures susceptibles de vous agacer. Permettez-moi de personnaliser. Monsieur Darcos et Madame Royal, ne lisez pas aujourd’hui les pages « téléphone rouge » du NOUVEL OBSERVATEUR, qui reprennent sur vous le point de vue de François Bayrou. Selon le leader du MoDem, le ministre de l’éducation nationale est cramé. Voilà ce que c’est d’avoir suivi pour la réforme scolaire la ligne du FIGARO MAGAZINE ! Le même François Bayrou juge Ségolène Royal peu crédible, moins dans tous les cas que Martine Aubry. Quand aux éléphants, Fabius et Strauss-Kahn, ils ont, selon lui, moins de chance de retour que François Hollande. Je déconseille également à Martine Aubry, la lecture de l’éditorial de Laurent Joffrin dans LIBERATION. « Mais que fait-elle donc », écrit-il. « On attendait de cette femme de caractère, un chapitre radicalement nouveau. Et rien. Mutisme, Elle brille par son absence, s’occupe de Lille et laisse les autres s’occuper de la France ». Conseil respectueux, identique, au Président de la République. Monsieur le Président ne lisez pas, dans MARIANNE, l’éditorial de Maurice Szafran, il gâcherait votre week-end aux couleurs printanières. Lisez en revanche, dans le POINT, l’édito sympa de Franz-Olivier Giesbert, lequel comme Rocard, Bianco et Charasse, juge normale la nomination de François Pérol, à la tête des Caisses d’Epargne, Banques Populaires. Vous montrez, écrit Giesbert, que vous avez choisi, puisque crise il y a, de prendre en main le système bancaire qui a mis à feu la planète entière. Vous avez lu, j’en suis sûr, l’article d’Arnaud Leparmentier, qui souligne dans le MONDE, les critiques grandissantes de vos ministres, Monsieur le Président, éprouvés, ô combien par votre hyper-présidence. Celui-ci, est pour hier à Paris. C’est pourquoi, vous pourrez aujourd’hui lire. 1) Le FIGARO et son sondage. 2) Derrière cela, les dernières lignes de Bruno Frappat dans la CROIX. Les sondages baissent et cela fait événement. Le Président de la République « perd » tant de points par rapport au mois dernier. Comment s’en étonner ? Il faut bien, quand les choses se dégradent, s’en prendre à quelqu’un. Le président préside à tout, dans cette France abasourdie. Il fait valser les préfets. Il nomme les présidents de banques. Il dirige tous les ministères à la fois. Il avance, il recule, il fait des pas de côté et, derrière lui, toute la file des ministres, bon gré mal gré, en maugréant secrètement, fait mine de le suivre. Il demande mille réformes. On les lui concocte. Ca ne passe pas ? Il rectifie le tir. Parfois même il désavoue ceux qu’il a encouragés à réformer dans tel sens. Il « prend les dossiers en mains » quand ça dérape. Il court partout, il voyage en tous lieux, il est de tous les « sommets », sociaux, dom-tomiens, européens, bancaires, etc. On se demande si ce n’est pas lui qui, la nuit venue, court les palais nationaux pour remplacer les ampoules. Donc, fatalement, on lui attribue ce qui se passe. Tout le mauvais qui domine et le rare bon qui advient. Il devait s’y attendre, à être entamé par la crise des crises. On a un conseil à lui donner : pas de panique, il se peut que cela passe.

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