Bonjour à tous… Un dimanche sans l’abbé Pierre, et sans Jean-François Deniau, même si on leur consacre encore de belles épitaphes dans les journaux. Mais dimanche avec, en revanche, beaucoup de questions sur les accros de l’herbe à Nicot qui vont devoir fumer dehors cette semaine… et plus encore, sur la campagne électorale qui vire de bord. « De ma vie, je n’ai jamais vu campagne aussi médiocre », s’écrie page 4 du Parisien-Aujourd’hui, le philosophe touche-à-tout Bernard Henri Levy. BHL, qui tient chronique dans Le Point, ne fait que répéter et préciser ce matin, ce qu’il a écrit jeudi dernier dans son Bloc-Notes. Cette campagne disait-il est lamentable, malgré le démarrage en fanfare de Ségolène Royal, et l’entrée en lice parfaitement réussie de Nicolas Sarkozy. Pour la première fois, dans une élection française, ajoute-t-il, les idées comptent moins que la gueule, ou l’aura qu’on se fabrique. C’est le tout à l’égo… Le championnat de soi-même, avec des candidats occupés à nous donner une certaine idée, non pas de la France, mais de leur image. Je sais bien, concluait BHL, dans son bloc-notes du Point, je sais bien qu’une campagne présidentielle, est toujours un peu, un corps à corps mais tout de même. Où a-t-on vu un couple épié, comme le furent les Sarkozy ? Où a-t-on vu, les adversaires d’une candidate privilégier comme angle d’attaque le couple atypique qu’elle forme avec François Hollande ? Ne cherchez pas, on a vu ça, aux Etats-Unis, avec les Clinton, mais eux , les Américains, cherchent à en revenir, alors qu’on y va tout droit. Bis repetita… Ce matin, Bernard Henri Levy ajoute encore à son abattement, en répondant aux questions, de Dominique de Montvalon du Parisien. « De ma vie, de ma vie, dit-il, je n’ai vu campagne aussi médiocre… Non qu’il n’y ait « plus de débats », comme le répètent les perroquets de la pensée conforme. Il y a des débats, au contraire. Le Parti Socialiste, par exemple, a organisé effectivement, lors de la désignation de sa candidate, un débat de haute tenue. Sauf que tout le monde s’en est fichu. Les gens, quand Fabius, Royal et Strauss-Kahn débattaient, les gens ne s’intéressaient qu’à leurs attitudes, leurs postures, leurs regards, leurs visages. C’est, autrement dit, le vrai triomphe de la société du spectacle… Et BHL… de dénoncer alors une bataille électorale nihiliste, fonctionnant comme les Jeux du Cirque ou la Star-Academy, avec un festival de bourdes qui semble ne gêner personne, selon lui. Comme si l’on se préparait au terme de la course, à décerner l’oscar de la platitude. Selon BHL en effet, la France serait frappée, à son tour de la maladie, qui, avant nous, saisit l’Italie. Nous y voici, dit-il au Parisien ce matin, c’est le berlusconisme aux couleurs de la France. Au passage, le philosophe observateur de nos mœurs politiques, s’en prend à la fameuse démocratie participative. Pour lui, c’est un truisme. Un concept qui ne veut rien dire, ou qui revient à confondre démocratie et démagogie. Citoyenneté et populisme. Comme si, écrit-il, l’on était passé du coup d’Etat permanent, dénoncé jadis par Mitterrand, au coup de sondage permanent, orchestré par des bateleurs complaisants. Bigre, soupire alors, mon confrère Dominique de Montvalon… Tout est fichu, malgré l’importance du rendez-vous de 2007 pour la nation. Serait-il trop tard, pour redresser la barre. « On va savoir, dans quelques jours, si les déclinistes et les annonceurs de la fin de l’histoire ont eu raison, répond BHL. Ou bien, le Président élu aura la force et la grâce de faire les réformes nécessaires, ou bien la France deviendra une sorte de Suisse… mais il est encore temps de corriger le tir. « Il faudrait pour cela, conclut-il… que les candidats se découvrent. Nicolas Sarkozy l’a fait. On attend maintenant Ségolène Royal. Elle a fait lever de vrais espoirs. J’ai été parmi les premiers, dans vos colonnes, (les colonnes du Parisien), à saluer son surgissement, à me réjouir de ce qu’une femme fasse ainsi événement, et à dénoncer les réactions sexistes misérables qui ont, tout de suite, tenté de la déstabiliser. Mais c’est vrai que, six mois après et avec la meilleure des bonnes volontés, il est difficile de ne pas se poser des questions. Que veut-elle ? Quel est son projet ? Quelle vision du monde a-t-elle pour traiter avec tant de désinvolture la question de la souveraineté nationale sur la Corse ou pour louer en Chine la « rapidité » de la justice ? Et puis, ajoute-t-il, une candidate à la présidence peut-elle ignorer, comme il semble que ce soit le cas, le nombre de sous-marins nucléaires dont elle aura le commandement suprême ? Mais encore une phrase du même BHL : Ségolène est tellement atypique que tout peut arriver. Elle a du cran, elle peut se redresser. Sinon, il lui faudra sacrifier, sur l’autel d’un congrès extraordinaire du parti socialiste qui désignerait à… François Hollande. Fin de citation. Je vous laisse apprécier. Un sondage CSA, pour Le Parisien, accompagne ces réflexions de BHL dans le journal que je viens de citer longuement et il explique aussi que le climat hexagonal, bien différent de l’accueil chaleureux qui marque le voyage aux Antilles de Ségolène Royal. C’est un mauvais sondage, prévient en manchette le Parisien-Dimanche. Alors, je vous le livre tel quel, en précisant qu’il est bâti sur un certain nombre d’affirmations, parmi lesquels, les sondés ont eu à choisir. Qui est le plus solide ? Qui est le plus crédible ? Qui est le plus proche de vos préoccupations ? Solide : Sarkozy. 57 % des personnes interrogées… Royal 25. Le plus précis des deux : Sarkozy 52… Royal 23. Le plus crédible des deux : Sarkozy 45... Royal 31 Qui propose des idées nouvelles : Sarkozy 39... Ségolène 33 Et enfin deux affirmations qui inversent légèrement la situation, et en tout cas, le sens de ce sondage CSA. Qui est proche de vos préoccupations… Et qui est le plus moderne. Ségolène… 42-40… Sarko 38 (38) Mille français, interrogés, le 24 janvier dernier par téléphone, en ont jugé ainsi… A chacun, de confirmer, ou d’infirmer chez soi, ce dimanche cette photographie-là, que le caricaturiste Ranson illustre d’une pointe de son crayon. Sur son dessin page 2 du Parisien, Nicolas Sarkozy face à Ségolène Royal joint les mains en signe de prière et déclare dans une bulle… « Si Ségolène s’enfonce, j’irai brûler un cierge à Léon Blum, Jean Jaurès et Guy Môquet. Patrick Fluckiger, dans le journal l’Alsace à Mulhouse, réagit d’une autre manière que Ranson… quand il écrit – je le cite… Ségolène Royal qui caracolait en tête dans les sondages, connaît désormais des ratés. Comme au volant d’un cabriolet, elle dépassait tout le monde il y a quelques semaines sa longue chevelure flottant au vent. Après son investiture, elle avait promis de « gravir la montagne jusqu’à la victoire ». Mais voilà les premiers lacets : le moteur s’avère léger, et la conductrice inexpérimentée pour une conduite sportive. Le look ne masque plus les difficultés. Et mon confrère Mulhousien d’affirmer que les débats participatifs, accusés ici et là, d’empêcher la candidate de se déployer ont bon dos. Autant Ségolène Royal est floue sur les grandes lignes de sa politique, autant elle est nette dans les détails. Ainsi son accord pour fermer la centrale nucléaire de Fessenheim, qui a provoqué la colère de Jean-Marie Bockel et de Jean-Pierre Chevènement. Voilà pourquoi poursuit l’éditorialiste du journal l’Alsace, les Français commencent à la juger sévèrement. Pour une majorité d’entre eux, elle reste plus proche des gens et plus moderne que Nicolas Sarkozy, c’est vrai, mais la campagne de ce dernier est jugée plus solide, plus précise et, surtout, plus crédible. Ségolène Royal promet une dernière synthèse des « débats participatifs » pour le 11 février. Est-ce à dire, demande Fluckiger, que ce sera un miracle de l’entendre enfin parler de ses projets pour la France ? Ce jour-là, le 11 février, on fêtera Notre-Dame-de-Lourdes… Fin de citation. Alors, il y en a un qui n’a pas besoin d’aller à Lourdes, c’est François Bayrou… Selon le Journal du Dimanche… C’est lui le troisième homme qui profite des ennuis de Ségolène Royal et c’est lui qui pourrait bien surprendre encore demain. Point de vue de Virginie le Gay, là-dessus, dans le Journal du Dimanche… « Parce qu’il rêve d’un Etat « honnête et sincère » dont chaque Français comprendrait les règles et le fonctionnement, Bayrou est aujourd’hui à la politique ce que Darty est à l’électroménager : il veut rétablir le contrat de confiance. « Fini les circuits opaques, les nominations de copains, les « je-te-tiens, tu-me-tiens ». François Bayrou, lui, ne dira rien de ce qu’il fera entre les deux tours : « Ce serait me situer dans une logique binaire que je dénonce… » Georges-Marc Benamou … Dans Nice-Matin, relève lui aussi que Bayrou, récupère « les déçus de Ségolène et il écrit que Bayrou pourrait bien être le troisième homme, celui qu’on cherche toujours frénétiquement à chaque élection. La seule question qui se pose c’est est-ce qu’il conservera longtemps ses 13 % et est-ce que Nicolas Sarkozy s’en souviendra car, écrit Georges Marc Benamou, Sarkozy aura besoin de ses voix, de toutes ses voix, il les aura certainement, à condition de ne pas sous-estimer le Pyrénéen. Et de ne pas l’humilier. Le même Georges Marc Benamou salue d’un mot la disparition du cher Jean-François Deniau. Il dit : bon, c’est une désertion de la vie. Il a perdu son dernier combat contre le cancer mais écrit-il, le miracle Jean-François Deniau, c’était cette éternelle jeunesse de l’esprit. L’homme avait tout pour être un conformiste : l’origine, les études, le parcours dans les coulisses de la politique, l’engagement giscardien. Malgré tout cela, il est resté un rebelle, un soldat toujours mobilisé pour les causes humanitaires. Et alors un mot sur l’Abbé Pierre. Il est signé Jean-François Kahn dans Marianne et il est formidable. Jean-François Kahn écrit : « En terme de marché, l’activité de l’Abbé Pierre ne générait que de très faibles retours sur investissements. Et Jean-François Kahn de décocher une flèche à tous les ultralibéraux et même certains chroniqueurs de la radio. Et il écrit : « L’abbé Pierre, c’est vrai, ne rapportait rien à ses actionnaires. Dividende : bernique ! Voilà l’essentiel : qui est-ce qui aurait eu l’idée de distribuer des stock-options en action d’Emmaüs ? Vous croyez que l’inénarrable François Dewitt aurait recommandé l’entreprise Abbé Pierre sur France Info ? Voilà, il verse aussi comme tout le monde, une l’arme sur l’abbé Pierre, citoyen passif, disait-il, passif.

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