Pas de surprise ce matin, il est beaucoup question dans vos journaux de l’ouverture des Jeux.

Effectivement, les JO sont à la Une, ce qui ne m’empêchera pas de vous parler de la polémique des centres d’appels du Maroc, de ce métier d’avenir, embaumer des cadavres, ou encore de la quête de la vague parfaite.

Mais les jeux d’abord. Je passe rapidement sur d’autres jeux, jeux de mots de circonstance : « Londres a sorti le grand jeu », titre Le Télégramme . La Dépêche du Midi a vu hier une « cérémonie royale » : normal puisque la reine Elizabeth y assistait, y participait même. Pour ma part, j’ai un petit faible pour le titre de Sud-Ouest : « La flamme d’à côté » : hommage à nos voisins britanniques en même temps qu’au très français film de Truffaut.

A ce propos, quelque chose interpelle ce matin, ce vieux fond de méfiance, défiance, pour ne pas dire plus, envers nos voisins anglais. Le tunnel sous la Manche est censé nous avoir rapprochés, la guerre de cent ans, Jeanne d’Arc sur le bûcher, et nos affrontements culinaires, tout ça c’est du passé.

Et bien pas du tout : ce matin, La Voix du Nord dénonce un spectacle – je cite – « tout à la gloire de la perfide Albion ». Perfide Albion, une expression que je pensais oubliée, que nenni ! Un peu plus loin l’envoyé spécial du journal à Londres dit sa surprise de découvrir une capitale de sourires, de bonne humeur, mais se demande si un Anglais aurait écrit cela des Parisiens si c’est la France qui avait été choisie pour organiser ces jeux.

Toute la presse française ne témoigne pas de cette défiance vis-à-vis de nos voisins ?

La réponse est non. Ils sont même une majorité à saluer la cérémonie que vous avez peut-être, vous qui nous écoutez ce matin, suivie hier soir. La Provence a adoré cette cérémonie d’ouverture « enthousiasmante », qui a fait la part belle, écrit Le Parisien , à l’Histoire, mais aussi à la magie et à l’émotion. « Et soudain, le ciel est redevenu mystérieux, merveilleux », dit encore La Dépêche du Midi : « Spectateurs et téléspectateurs ont vu passer, même fugitivement, leur âme d’enfant. Tendresse planétaire brève mais touchante, show irréel d’un éclat de fraternité ». Magiques ces jeux, on les aime déjà, déclare encore L’Equipe , qui le dit même en anglais : « We love these Games ! ».

Dans la communion linguistique, la dernière édition du Monde va même plus loin : dans son cahier spécial de 16 pages, chaque article est scrupuleusement traduit en Anglais. Le Monde qui nous rappelle que l’Angleterre est la patrie du sport, qu’elle en a inventé beaucoup – tous disent les Anglais – et notamment le « Streaking », vous savez bien sûr ce qu’est le Streaking ? Et bien c’est l’activité qui consiste à courir nu sur le terrain d’une compétition sportive, en retardant le plus possible le moment où les forces de l’ordre vous attrapent. Le Monde a rencontré le champion anglais de la discipline, il s’appelle Mark Roberts, il a 47 ans. Il explique que ce sport – car pour lui c’est bien un sport - chacun devrait en faire l’expérience au moins une fois dans sa vie, car – je cite - « il provoque une poussée d’adrénaline inoubliable ». A vous de voir.

N’y a-t-il que les Jeux ce matin Samuel dans la presse ?

Et nous allons feuilleter encore un peu Le Monde , car en Une, ce titre interpelle : « Embaumer des cadavres, un métier d’avenir ». Article où l’on apprend que dans notre pays, la thanatopraxie – ces soins de conservation qui permettent de préserver temporairement les défunts de la décomposition naturelle, la thanatopraxie donc a le vent en poupe. Beaucoup de jeunes postulent pour des formations, constate la patronne de la Fédération française des pompes funèbres. Pourquoi, selon elle ? Et bien à cause de la télé, des séries « Six feet under », et autres « Experts », qui ont présenté ce métier sous un jour séduisant, sinon ludique. Madame Florence Fresse concède que la réalité est assez éloignée de la fiction.

Emploi toujours avec cette polémique qui barre la Une de Libération : la polémique des délocalisations. Vous l’avez entendu ce matin dans les journaux de France Inter, alors que le ministre Arnaud Montebourg demande le rapatriement des centres d’appels partis à l’étranger, la région socialiste d’Ile-de-France, a décidé, elle, de délocaliser des services au Maroc : « Friture sur la ligne socialiste » titre donc Libération .

Avis tranché, de Pascal Jalabert, dans Le Progrès : « Envoyer au Maroc les appels les usagers du RER francilien, c’est politiquement grotesque, et ubuesque sur le fond ».

Libération publie ce matin un reportage sur ces centres d’appels marocains, où l’on s’inquiète de ce débat en France : le secteur emploie 8.000 personnes au Maroc, souvent de jeunes diplômés qui n’ont pas trouvé d’autre travail.

Tenez, toujours à propos de cette question, comment développer l’emploi en France, voici une proposition du site d’information Rue 89 : des ministres sandwichs !

L’idée est venue à Rue89 en entendant Michel SAPIN vanter avec force les mérites de Zoé, la future petite voiture électrique de Renault.

Alors, des ministres-sandwiches, pour porter haut les couleurs du fabriqué en France, qu’est-ce-que cela pourrait donner ?

Et bien Manuel Valls pourrait vanter les qualités du flash-ball du fabricant stéphanois Verney-Carron. Déjà en 2011 Michèle Alliot-Marie parlait d’un savoir-faire reconnu dans le monde entier.

Rue89 voit bien Berçy vendre à l’étranger les merveilleux services de Pôle Emploi. Il faudra juste apprendre à traduire en plusieurs langues : « votre dossier n’est pas perdu, mais on ne sait pas où il est ».

Le site d’information propose plein d’autres produits 100% français qui pourraient ainsi être soutenus, comme le jouet « Sophie la Girafe », le Bescherelle, ou encore la taxe de 75% sur les très hauts revenus.

Enfin, pour vous évader un peu, je ne saurai trop vous recommander la lecture du cahier été de Libération , sur la quête que mènent une petite communauté de surfers à travers le monde, la quête de la vague idéale. Une vague qui déferlerait au ralenti du large jusqu'à la plage... Certains surfers en parlent comme d’un Graal.

Ce que Libération , résume ainsi : certains cherchent la femme idéale, d'autres la vague parfaite". Comme disait le sage, chacun sa route, chacun son chemin !

© Samuel Etienne

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.