Bonjour à tous… « Marseille, tais-toi Marseille Tu cries trop fort Je n’entends pas claquer Les voiles au fond du port… » Et oui, je renoue aujourd’hui avec le conseil de Colette Renard à l’heure où Marseille se réveille, le baume au cœur, après avoir fêté, à grands cris cette nuit, la victoire superbe de l’OM, sur les Girondins de Bordeaux ! Trois buts à un, en finale de la Coupe de la Ligue. C’est assez pour que le PARISIEN, l’EQUIPE, le JOURNAL du DIMANCHE, le DAUPHINE, la PROVENCE titrent tous sur le triomphe des Olympiens, hier soir, au Stade de France. Avec la même exclamation : « ENFIN, un trophée pour l’OM. Le premier depuis 17 ans ! ». Et souvent avec la même photo : celle de Mathieu Valbuena, entré en deuxième mi-temps et grand artisan de la victoire de l’équipe de Didier Deschamps. Valbuena porté en triomphe sur les épaules de Taïwo. Regardez-le éclatant de joie sur la photo de Jean-Louis Fel, qui fait la une de l’EQUIPE-DIMANCHE ». Mais de grâce, ne réveillez, sous aucun prétexte ma femme et sa maman, bordelaises toutes les deux et aficionadas des Girondins de Laurent Blanc… Et ne demandez pas non plus pour qui battait hier le cœur du Kiosquier de France Inter. Déchiré que j’étais, entre les amitiés nées d’un passé marseillais et les affections d’un présent aquitain. « Marseille, tais-toi Marseille Tu cries trop fort ». Et quand, vainqueurs, vous défilerez tout à l’heure sur le Vieux Port, pensez à Alain Juppé, qui faisait grise mine hier face à Jean-Claude Gaudin, heureux comme jamais. SUD-OUEST aussi est triste ce matin, mais veut croire que mardi prochain, pour le quart de finale, de « la Ligue des Champions » face à Lyon, les Girondins de Bordeaux se ressaisiront. « Holà, ma femme, tu peux te réveiller, il est 8h32, l’heure d’été est arrivée, il faut avancer tous les minuteurs et se brancher vite fait sur l’actualité de la presse-papier. Le Salon du livre, dont le magazine TELERAMA fait grand cas, avec un numéro spécial enchanté par Elisabeth Filhol, une auteure bien singulière qui publie chez Albin Michel un premier roman explorant l’univers industriel des centrales nucléaires. Le PARISIEN, lui, préfère Bernard Werber, écrivain populaire, auteur du « Miroir de Cassandre ». Un écrivain à succès, très agacé par ce qu’il appelle « la littérature chiante ». Le NOUVEL OBSERVATEUR réplique à sa manière en regrettant la disparition du Saint-Germain des livres, puisqu’après Flammarion, c’est au tour du Seuil de quitter cette semaine, le quartier des grands éditeurs. Le Triangle d’or, qui va de Montparnasse, au carrefour Buci-Odéon, et dont le cœur passe par les Deux Magots et le Flore. Economies obligent, il faut déménager, écrit Didier Jacob, tandis que David Caviglioli déplore la main-mise des fringues sur le quartier des librairies, avant d’en appeler à la Mairie de Paris. Charles Dantzig, écrivain, éditeur chez Grasset, toujours présent, Dieu merci, rue des Saints-Pères, s’insurge lui aussi, sur une pleine page du NOUVEL OBS, en rappelant que rien n’a changé à Saint-Germain, depuis l’an 500. L’Eglise est toujours à la même place et répond parfaitement à une organisation médiévale des choses. Entendez qu’il faut à Paris, un quartier des bouchers, des tisserands et des intellos… Bon, reconnaît Dantzig, si certaines choses disparaissent, c’est parfois mérité. « La librairie du Drugstore, remplacée par une boutique Armani, ne vendait que des best-sellers catégorie Dan Brown. Je regrette davantage le Divan, mais il reste Gallimard-Raspail, l’Ecume des Pages et la Hune, où avoir son livre dans la vitrine est la Légion d’honneur du quartier. En attendant, il est à parier que le prochain « beau livre » sur Saint-Germain-des-Prés sera coédité par France Télévisions, qui a inventé l’émission de livres où des chroniqueurs millionnaires vomissent sur les écrivains en leur reprochant de fréquenter ce quartier. Ce qui ne les empêche pas de chercher un emploi auprès des éditeurs que j’ai mentionnés. Bah ! Il n’est pas mauvais qu’on attaque Saint-Germain. Cela prouve que quelque chose s’y passe, et de vivant. En attendant qu’on dise « feu Saint-Germain-des-Prés », feu sur Saint-Germain-des-Prés !». Hier, c’était Jean-Claude Simoën qui voyait dans le Salon du livre, un non-salon, et défendait sa collection des dictionnaires amoureux… Vagabondages jubilatoires. Aujourd’hui, c’est Bernard Pivot, qui nous invite à lire chez Buchet-Chastel, l’ouvrage consacré au piano pas bien tempéré de Martha Argerich. Pas bien tempéré, selon Pivot – que tout le monde regrette à la télé – parce que la célèbre pianiste a toujours aimé une vie de Bohême au point de séduire un pays indomptable : l’Argentine. Après tout, chacun ses goûts. Permettez-moi de vous inviter à la lecture du dernier livre d’André Comte-Sponville. C’est un recueil de ses propos repris des chroniques livrées, sur vingt ans, à des journaux aussi différents que PSYCHOLOGIE, le MONDE des RELIGIONS, MEDECIN-HEBDO, l’EVENEMENT du jeudi… etc… Et ce livre de philosophie pour tous s’appelle « Le goût de vivre ». Alain, le philosophe, écrivait lui aussi dans les journaux… parce qu’écrire dans la presse c’est selon Comte-Sponville penser dans la cité ! Protester sur Internet… Penser sur Internet.. Ca se fait aussi. La preuve, deux anciens ministres, Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès, sont allés sur le Parisien.fr et Rue 89, dire qu’ils portaient plainte contre « le jeu de la mort », jeu pseudo-scientifique, réalisé à grands frais par France Télévisions. « C’est trash »… disent les 2 anciens ministres et c’est un électro-choc dont le résultat est inverse du but recherché. Philippe Sollers proteste lui aussi… contre ces pulsions de mort dans sa chronique du mois du JOURNAL du DIMANCHE. Le JOURNAL du DIMANCHE publie en première page une interview intéressante de François Fillon. L’EXPRESS préfère les mémoires de Pal Sarkozy et le FIGARO Madame donne la parole et la rédaction en chef de cette semaine à Carla Bruni-Sarkozy. J’ai choisi la meilleure des 3 interviews, mais ce n’est qu’un point de vue… J’ai choisi Carla Bruni-Sarkozy… Une phrase à détacher de l’interview. On lui demande… « Et alors la vie avec Nicolas… Quid… » Elle répond : « C’est quelqu’un qui me protège de moi-même et du monde. C’est quelqu’un qui m’apaise. C’est peut-être le premier homme qui me protège ». Ah ! Voyez aussi MARIANNE, avec en titre cette question : « Et si l’UMP était condamnée à s’allier avec Le Pen ? ». Comme disait le Premier ministre canadien Trudeau : « Si ma tante avait des roulettes, ce serait un autobus ».

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