Bonjour à tous, en ce dernier week-end d’été indien… Mais d’abord, dites-moi, où sont les caméras ? Nous autres journalistes, aimons à rappeler l’interrogation de Valery Giscard d’Estaing, quand lors des grands événements, il s’approchait des représentants des médias. - Où sont les caméras ? « Aujourd’hui, elles sont partout, Monsieur le Président »… Dans la rue, les gares, les aéroports, les entreprises, les cours d’immeubles. Elles nous ont montré les débats de la commission parlementaire d’Outreau, et nous font vivre en direct l’investiture du candidat socialiste à l’élection présidentielle. Certes, les caméras du loft de la télé-réalité ne sont pas encore entrées dans nos chambres à coucher, mais Big Brother veille, et ça ne saurait tarder. Encore convient-il de noter aujourd’hui, avec Le Figaro, le Parisien, Libération et nombre de quotidiens régionaux, le coup d’arrêt donné à cette nouvelle frénésie des images, par Jacques Chirac, qui n’a pas attendu, son retour à Paris, pour rappeler à l’ordre en Chine, Dominique de Villepin, qui avait publiquement envisagé la possibilité de retransmettre le Conseil des Ministres à la télé. C’est jeudi dernier, lors de sa conférence de presse délocalisée à Cergy-Pontoise que le Premier Ministre s’est déclaré favorable, à la présence de caméras au sein du Conseil à l’Elysée, afin a-t-il dit « que les Français puissent voir fonctionner en direct leur instance démocratique. » Christophe Jacubisin, rapporte ce propos, dans Le Monde daté d’aujourd’hui, et précise, que Monsieur de Villepin, se faisant, rebondissait ainsi sur la proposition de jurys citoyens, lancée il y a peu par Madame Ségolène Royal, dans la perspective de l’élection présidentielle. Monsieur de Villepin, apportait ainsi sa pierre au défi démocratique d’aujourd’hui, tout en considérant, que la candidate à l’investiture socialiste faisait, elle, une proposition d’un autre âge, et que son idée de contrôler les élus, tous les élus, méritait une réflexion plus attentive. » En Chine, le Président de la République, n’a cherché ni à nuancer son propos, ni à distinguer l’idée de l’un ou de l’autre. Il a tapé fort, comme le souligne ce matin, en première page Le Figaro, il a tapé fort sur Monsieur de Villepin, pour dire en substance, pas de ça Lisette ! Pas de caméras, au Conseil des Ministres ! Il n’en faut pas ! Encore dois-je citer la phrase exacte prononcée par Jacques Chirac, tant elle sera commentée, par tous ceux qui chercheront à mesurer évidemment, l’ampleur du désaveu infligé à Monsieur de Villepin. « Je voudrais rappeler, c’est Jacques Chirac qui parle, « je voudrais rappeler que le Conseil des ministres est un lieu et un temps où se prennent des décisions qui peuvent relever notamment de la sécurité nationale ou des intérêts stratégiques de la Nation ». Et le Président a ajouté, ce que l’envoyé spécial de Libération en Chine, appelle une conclusion en forme de gifle pour Dominique de Villepin : « Chacun comprend que cela doit se faire en toute sérénité et surtout hors de toute pression, quelle qu’elle soit. Il est par ailleurs toujours rendu compte du Conseil des ministres par le membre compétent du gouvernement. » Suit ce commentaire de Libération : « C’est la première fois que Chirac contredit ainsi, face aux micros, son Premier ministre. Entouré de quatre poids lourds du gouvernement en Chine et de l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, lui aussi dans ses valises, le Président n’a pas hésité à étaler ses divergences avec son chef de gouvernement. Lui, qui refuse habituellement de répondre à toutes les questions de politique intérieure lorsqu’il est en déplacement à l’étranger, n’a pas pu contenir sa colère. » Fin de citation. Dans la colonne voisine du même quotidien, Antoine Guiral, révèle une imprudence de Madame Chirac, qui pourra éventuellement consoler ce week-end, le Premier Ministre. Vendredi à Wuhan, après avoir assisté à l’inauguration d’un centre franco-chinois destiné aux soins des maladies du foie… Bernadette Chirac, appelle Serge Dassault, qui est du voyage comme d’autres patrons… Et poursuit, Serge, Serge, vous avez vu les chantiers à Pékin ? Ils travaillent jour et nuit ces Chinois. Jour et nuit… Et pendant ce temps-là, nous, en France, on dort. Il faut arrêter cette décadence du travail chez nous. » Serge Dassault est aux anges. Lui le pourfendeur des 35 heures n’en finit pas depuis son arrivée de louer les vertus du travail à la chinoise. Encore une surprise à ce propos… Eh bien, Le Monde, de ce samedi, publie un point de vue de Serge Dassault, (Le Monde, je dis bien Le Monde) sur la formation des jeunes, et ce qu’il en voit à Corbeil-Essonnes, dont il est maire, et sénateur… Il aurait pu écrire ça dans Le Figaro. Récemment, ma ville de Corbeil-Essonnes a été le théâtre d’une violence inacceptable à l’égard de deux CRS qui ne faisaient que remplir leur devoir. J’ai été profondément choqué par l’exploitation médiatique qui s’est ensuivie et qui donne de ma commune, de ce quartier et de ses habitants, une image totalement fausse qui leur nuit. J’invite les journalistes à venir s’y promener avec moi, pour qu’ils constatent par eux-mêmes son développement et sa tranquillité. Le nœud du problème c’est l’absence de formation des jeunes sortant des collèges. En effet, les statistiques sont accablantes : chaque année, entre 60.000 et 100.000 jeunes quittent le système éducatif sans diplôme. Or, ce sont ces jeunes viennent grossir les troupes des 18-24 ans dépourvus de qualification. Combien sont-ils ? Près de 350.000. Ce sont ces mêmes jeunes qui, ayant de graves difficultés d’insertion professionnelle, se retrouvent avec un taux de chômage avoisinant les 30%. Et Serge Dassault de conclure en réclamant une formation obligatoire jusqu’à 18 ans car dit-il, l’oisiveté (mère de tous les vices) pousse trop de jeunes vers la délinquance. S’y résigner, c’est les abandonner. Il faut contraindre les entreprises à leur offrir des places d’apprentis, et les jeunes à apprendre un métier. » L’Humanité, préfère interroger… oui ou non : les jeunes sont-ils devenus violents… Avec des points de vue d’experts, points de vue contrastés, différents… Et le quotidien communiste, de citer en exergue, ce propos… quasi d’actualité… « Je suis du peuple, je n’ai jamais été que cela, je ne veux être que cela ; je méprise quiconque a la prétention d’être quelque chose de plus ». C’est de qui ça, Ségolène Royal ? Non, c’est Robespierre. Du peuple… Quels présidents, sont venus du peuple… Bruno Frappat, s’en tient dans La Croix, aux deux derniers, pour les comparer… Et sa chronique est un bijou, que j’ai découpé pour la conserver. Que voit-on sous l’œil de la caméra… un visage, avec un masque, mais, sous le masque… Il écrit ceci : « Chirac, c’est nous. Voilà le message d’un de ses proches, Jacques Toubon. Et Frappat d’ajouter : « Pourquoi nous ? Parce que nous sommes tous mobiles, changeants, multiples, contradictoires, excessifs, girouettes que fait tourner le vent, agités, inconstants. En somme, parce que les Français sont tous Français. Et, explique Jacques Toubon, c’est ce qui explique la trajectoire, les rebonds, les aléas, de cette longue randonnée (bientôt quarante ans !) dans la vie publique : un accord charnel entre cet homme et ce peuple, gauche comprise. » Qualités et défauts en partage national. Ce qu’il y avait de droite en Mitterrand, ce qu’il y a de gauche en Chirac aura fait que chacun des deux a pu tendre ses lignes, parfois, dans les eaux de l’autre rive. Différence : Mitterrand avait l’air de sortir de l’histoire de France, avec ses ombres et ses lumières, Chirac de l’actualité, avec sa trivialité et son élan vital. Chirac est un goulu, un homme d’appétit, un dévorateur. Mitterrand lui, était un gourmand. Visages… de DSK… Oui de DSK qui y croit…et le dit dans Libé aujourd’hui… Visages de Valentin Livi, en première page de Match… le fils de Montand, il est avec sa maman, il va avoir 18 ans… Visage de Pierre Perret, triomphant hier soir à l’Olympia… et Pierre Perret s’explique dans l’Express sur sa longue carrière populaire… de 50 ans… Et puis visage des radios du matin… dans le Nouvel Obs, sous la plume de Jean-Claude Guillebaud : « Aux premières heures de l’aube, entre 4 heures et 6 heures… (…)

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