Bonjour à tous. « Françaises, Français, citoyens, électrices, électeurs, lectrices, lecteurs ! Dans huit jours, ce sera fait. Dans huit jours, il sera trop tard pour dire : mince, si j’avais su ! Dans huit jours, on aura eu ce qu’on aura voulu. Il nous reste donc sept jours de réflexion. Sept jours pendant lesquels tout peut arriver. Tout ! Vous ne trouvez pas que c’est grisant ? Tout est ouvert, tout est possible ! Vous vous rendez compte de la chance qu’on a… Une semaine de grand remue-méninges, de grands chambardements. Sept jours pour faire le grand saut. Electrices, électeurs… Ce n’est pas le moment de flancher. La démocratie c’est nous, c’est vous. Personne d’autre, et surtout pas les types à calculette… » C’est Alain Rémond, le chroniqueur de MARIANNE qui signe ainsi cette semaine, sa rubrique opportunément intitulée « Faut voir », après avoir pronostiqué… « Oui, oui, pendant 7 jours, il va se passer plein de choses. On va tanguer, on va rouler, on va se prendre des vagues, du vent, des paquets de mer plein les yeux, plein les poumons, ça va être génial. » Et Alain Rémond de conclure en révélant la couleur : « Est-ce que vous avez vu Cohn-Bendit et Bayrou, copain comme cochon, alors que l’on va fêter l’année prochaine le 40ème anniversaire de mai 68 ? Ah , soupire encore le chronique de MARIANNE, pourvu, pourvu que dimanche prochain, à 20 h pile, l’on voit sur toutes les télés, le visage de Ségolène ! Si ce n’est pas le cas, je demanderai l’asile politique au Vanuatu. Je noierai mon chagrin dans du chouchen de contrebande et je déchirerai de rage et de honte, ma carte de presse… en plastique. » Autant dire, cher confrère, que ce sera dur… Qu’il vous faudra de bons doigts pour cela, et un bon estomac pour le chouchen, outre ma cécité volontaire ce week-end face aux résultats des calculettes. Je prie pour que l’on vous cache le sondage Ifop réalisé jeudi et vendredi dernier auprès de 886 personnes. …si dimanche prochain avait lieu le second tour de l’élection présidentielle… pour lequel des deux candidats, y aurait-il le plus de chances que vous votiez ? Ségolène Royal : 47,5 Nicolas Sarkozy : 52,5 Etes-vous sûr de votre choix ? Oui, 78%... Peuvent encore changer d’avis : 22%. Commentaire de Florence Muracciole… Sarkozy toujours devant. La bataille s’annonce difficile pour Ségolène Royal qui plaide l’audace. De l’audace, il en faudra en effet aux électeurs, si l’on en croit les 74% de Français qui pronostiquent que M. Sarkozy seras le prochain président de la République… contre 18 qui parient sur Madame Royal. Il faudra cacher aussi, à mon confrère Alain Rémond, le sondage qualitatif de la société CSA-CISCO. Enquête réalisée, mercredi dernier pour LE PARISIEN qui l’a publiée ce matin… Avec des questions genre… Des deux candidats… lequel est le plus solide, le plus cohérent, le plus rassembleur, le plus sympathique… Et des réponses qui, à leur façon, constituent une sorte d’indication. Solide… Sarko 65% - Ségolène 24%. Un vrai projet pour la France… Sarko 50 - Ségo 36, Cohérent… Sarko 48 - Ségo 36 Proche de vos préoccupations… Sarko 43 - Ségo 44 Sympathique… Monsieur Sarkozy 29 – Madame Royal 57 Commentaires du PARISIEN : il n’y a pas photo entre les deux finalistes… sur la sympathie, c’est Ségolène Royal. Pour la solidité, c’est Nicolas Sarkozy. Voilà un sondage qui conforte le candidat de l’UMP. Néanmoins, souligne en première page LE PARISIEN… à J moins 7, force est de considérer que le débat Royal-Bayrou d’hier sur BFM-TV a été réussi. La preuve, la finaliste et le vaincu glorieux du premier tour, comme le désigne la journaliste Catherine Nay, ont conclu, à partir de leurs convergences, qu’ils pouvaient faire un bout de chemin ensemble ! Entendez qu’ils prenaient date pour l’avenir. LE JOURNAL DU DIMANCHE illustre cette situation en publiant deux photos qui justifient un titre métaphorique : « La balle est au centre ». Sur la première photo, on voit M. Bayrou et Madame Royal rapprochés, souriants, dans une poignée de main complice. Et sur la seconde, face à face et s’esbaudissant franchement hilares, Jean-Louis Borloo et Nicolas Sarkozy. Explication des situations, en page intérieure du JOURNAL DU DIMANCHE, avec pour Ségolène, le soutien clair et net de Jacques Delors. Lequel Jacques Delors, en appelle directement aux centristes, ses amis, amis choisis, et pas d’aujourd’hui, en leur disant…« Centristes, votez Royal » . D’où cette question de Florence Muracciole à Delors… « Bayrou ne donne pas de consigne de vote, et vous, vous en donnez, c’est étrange. » Réponse de Jacques Delors, l’européen : « Je comprends que M. Bayrou veuille créer un parti démocrate et c’est logique qu’il pense à l’élection de 2012. Mais compte tenu de son diagnostic grave sur la France, on ne peut pas attendre. Cinq ans, c’est trop long ! Il y a urgence, c’est cela que je veux dire aux électeurs de François Bayrou : il faut se compromettre dès maintenant. Je pense, en premier lieu, aux 15% de Français qui connaissent une vie très difficile et à qui il faut apporter confiance et moyens d’existence. » Jacques Esperandieu, dans son éditorial du même journal, préfère donner du temps au temps. « Bayrou, explique-t-il, est assis sur un tas d’or, ses 18,5% de votants séduits au premier tour. Mais il lui faut survivre, sans dérouter les centristes traditionnels, alors il godille, jusqu’aux législatives… Sérieux obstacle, pour l’avenir de sa stratégie. Cela passe par un jeu subtil consistant à célébrer, mais pas trop, les « convergences » avec Ségolène Royal, tout en misant sur sa défaite, seule à même de lui apporter les bataillons de « sociaux-démocrates » dont il a besoin pour s’installer en opposant principal à un futur régime Sarkozy. Et de le conduire, dans les meilleures conditions, à l’échéance de 2012. Car c’est là que réside sa véritable ambition. Non, Bayrou n’est toujours pas président de la République. Mais il est déjà candidat. » Deux points de vue, encore, sur le débat-dialogue d’hier. - Un vrai faux débat… un échauffement dans une partie à trois, en attendant le vrai débat à deux du 2 mai prochain … constate Daniel Muraz dans LE COURRIER PICARD. - Que non pas , réplique Olivier Picard, dans les DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE, c’était moderne, dérangeant, inédit, mais cela vous apportait un supplément d’âme, du souffle, une musique nouvelle et un réel bonus pour le citoyen. MIDI LIBRE arbitre en considérant que dérangeant ou pas, le débat Royal-Bayrou marquait plus de désaccords que de convergences. Plantu, à la première page du MONDE, daté dimanche lundi, souligne à sa manière, le passage à la contre-offensive de Nicolas Sarkozy, à Valencienne hier, et cet après-midi à Bercy. Sur le dessin de Plantu… un écran-télé… montrant le couple Royal-Bayrou en train de dialoguer. Et derrière un char énorme, hérissé de canons et lance-missiles, avec sortant de la tourelle, un Sarko fracassant qui s’écrie face à Marianne, l’invitant au silence… « Pourquoi tant de haine ? » En page 4 du MONDE, vingt lignes, moins plaisantes et pas très rassurantes celles-là, à propos des talibans preneurs d’otages, lesquels vous le savez, ont libéré Céline mais détiennent toujours ses quatre compagnons d’infortune. LE MONDE en effet, semble s’étonner de l’ultimatum qui demeure… et je cite… du cavalier seul de M. Douste-Blazy et de M. Sarkozy. En page 18 du MONDE, à lire, si vous en avez le loisir, le très bel hommage rendu à Mstislav Rostropovitch… Et dans le JOURNAL DU DIMANCHE… page 36, les souvenirs pudiques de son ami, le grand, le très grand compositeur français, Henri Dutilleux.

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