Pour capter l’attention comme les voix des électeurs, les hommes et les femmes politiques rivalisent d’imagination.

Et parfois, dans le passé, les campagnes ont donné lieu à des propositions totalement farfelues. C’est ce que nous raconte Balthazar Gibiat dans le mensuel ÇA M’INTERESSE.

C’est ainsi qu’en 1848 – lors du premier scrutin au suffrage universel (universel mais cependant uniquement pour les hommes) – un candidat nommé Muré proposa d’imaginer une société sans travail, et ce, grâce à la multiplication des machines. Dans son programme, on pouvait lire : « Les seuls emplois seront tenus par des chiens savants chargés de surveiller des usines entièrement mécanisées. »

En 1906, pour les législatives, Fénelon Hégo, petit commerçant parisien, vit lui aussi les choses en grand, suggérant de remplacer le métro par un réseau de ballons dirigeables, et d’éclairer la capitale à l’aide d’un immense arc-en-ciel électrique. Il obtint tout de même plus d’1% et demi des voix…

Quarante ans plus tard, un autre candidat francilien qui fit à son tour parler de lui. Son nom : Ferdinand Lop. Et parmi ses projets : construire un pont de 300 mètres pour abriter les clochards, mais aussi des trottoirs roulants afin de faciliter le quotidien des prostituées – elles n’auraient plus, dès lors, à faire les cent pas…

Des projets qui, bien sûr, ne virent jamais le jour, pas plus que les idées défendues par Maurice Mercante, l’un des postulants à la présidentielle de 1981. Se présentant comme « le candidat de la joie de vivre », il prônait notamment le retour des voitures à cheval et l’instauration, dans la loi, d’un droit à la sieste. « Elections, les promesses les plus folles » : c’est le titre du papier, à lire, donc, dans ÇA M’INTERESSE.

Un autre sujet fait la Une du magazine : dossier sur les bienfaits de la marche.

« Emotion, plaisir, mémoire, créativité… Les effets de la marche sur la santé sont prouvés par la science. » Dossier cependant sans rapport avec la politique et le mouvement d’Emmanuel Macron.

Le candidat d’« En Marche ! », on le retrouve ce matin à la Une du FIGARO, avec cette citation à côté de la photo : « Je veux réconcilier les Français. » Une citation extraite de la longue interview qu’il a accordée au quotidien, interview dans laquelle il revient notamment sur les propos qui ont pu faire polémique depuis le début de la campagne. L’occasion, pour lui, d’exprimer des regrets.

« Regrettez-vous d’avoir dit qu’il n’y a ‘pas de culture française’ ? »

Ça, c’est la question du journal. Réponse de Macron : « On regrette toujours de susciter l’incompréhension, et les critiques m’ont fait souffrir, moi qui suis un enfant de la culture française. Mon propos était de dire que notre culture n’est pas un monolithe, elle est multiple, elle est un fleuve fait de ses affluents. Elle charrie une langue sur laquelle est construite la France. »

« Regrettez-vous aussi d’avoir parlé de ‘crime contre l’humanité’ à propos de la guerre d’Algérie ? »

Ça, c’est la question du journal. Réponse de Macron : « Je regrette d’avoir blessé, et ça m’a rendu malheureux de voir des gens malheureux. Il faut remettre ces sujets sur la table.Mais la campagne présidentielle n’était pas le bon moment. Comme toujours, je vais essayer de faire d’une erreur une force. Est-on allé au bout de la reconnaissance des harkis ? Au bout de leurs intérêts ? Si je suis élu, je prendrai mes responsabilités mémorielles pour que chacune des parties ayant vécu la guerre soit rétablie dans sa dignité. »

Nouvelle question du journal : « Vous avez été violemment insulté par des militants du FN lors du meeting de Marine Le Pen à Nice. Demandez-vous à cette dernière de condamner ces injures ? »

En l’occurrence, les insultes, c’était « Macron, on t’encule ! » Slogan hurlé en chœur par des centaines de militants juste avant que leur candidate n’entame son discours. Réponse de Macron : « Cet événement a révélé le vrai visage du FN, parti dont les racines se sont construites dans l’antigaullisme, l’invective et la xénophobie. Mais je ne demande rien à Marine Le Pen. Je rappelle simplement que, contrairement à elle, je ne suis pas dans la haine. »

Et suite à cela, les journalistes du FIGARO lui demandent si tout de même cet entre-deux-tours n’est pas plus dur que ce qu’il n’avait imaginé. A quoi l’homme arrivé en tête dimanche dernier répond sans hésitation « non » : « Je ne l’imaginais pas autrement, parce que je ne croyais pas que se constituerait un front républicain. », affirme donc Emmanuel Macron.

Juste pressentiment, comme on le constate à la lecture de la presse ce matin, et notamment à la lecture de l’autre interview du jour : celle que Marine Le Pen a accordée à plusieurs journaux régionaux.

« Il n’y a pas de front républicain. »

Voilà notamment ce qu’elle dit. Même constat que son adversaire. Et la citation fait la Une du quotidien MIDI LIBRE… D’où cet autre constat à lire dans LIBERATION CHAMPAGNE : « Marine Le Pen, l’infréquentable qui, désormais, n’effraie plus. » D’ailleurs, et ainsi qu’en témoigne LA DEPÊCHE DU MIDI : dans les intentions de vote, l’écart se réduit. « L’avance de Macron n’est plus décisive », confirme L’INDEPENDANT.

Dès lors, s’interroge L’EST ECLAIR : « Où est passé le front anti-FN de 2002 ? » Que sont devenus les dizaines, et même les centaines de milliers de manifestants qui défilaient pour dire leur peur, et surtout leur rejet du projet de Jean-Marie Le Pen, lequel, quinze ans avant sa fille, le 21 avril 2002, s’était lui aussi qualifié pour le second tour du scrutin… « Esprit du 21 avril, es-tu las ? », renchérit à sa Une LIBERATION…

Le quotidien est allé retrouver des collégiens, des lycéens, des étudiants de 2002 pour lesquels l’éveil politique a coïncidé avec l’accession au second tour de Jean-Marie Le Pen. Série de rencontres à travers l’Hexagone et c’est, de fait, la lassitude qui semble s’imposer. Ou plutôt l’habitude, la banalisation. Il y a quinze ans, la jeunesse criait haut et fort qu’elle emmerdait le Front National. Aujourd’hui, c’est plus mesuré. Et beaucoup refusent, semble-t-il, de choisir entre les deux candidats.

Les plus âgés sont aussi dans le doute, ainsi que le montre LE MONDE.

Reportage à La Ciotat, avec des électeurs de François Fillon. La plupart ne se remettent toujours pas de claque électorale reçue par ce dernier. « C’est le choc, on est mal, on n’a pas digéré… » Et la plupart ne comprennent pas les appels à voter pour Emmanuel Macron. La campagne droitière de Fillon les incite plutôt à voter pour Le Pen.

Autre reportage, à Toulouse cette fois, auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon.

Et là également, c’est le doute qui domine. Pas envie de Le Pen, mais pas envie de Macron non plus. C’est ce qu’explique Ruben, 18 ans : « Je veux lutter contre le fascisme, mais je ne veux pas donner plus de légitimité à un projet libéral. » Certains, cependant, ont finalement tranché – ils voteront pour Macron. « Parce que bon, faut pas déconner, estime ainsi Luiggi : Qui fera le plus de mal entre Le Pen et Macron ? Le Pen, évidemment. »

Et tant pis donc pour les appels du pied reçus hier : cet appel aux Insoumis lancé par la candidate du FN. « Le Pen ratisse large », titre ainsi LE COURRIER PICARD, alors que la plupart des éditorialistes se montrent très sévères à l'égard du leader de la France Insoumise qui, lui, a juste dit qu’il ne voterait pas Le Pen, et pas qu’il voterait Macron.

« En bon français, Jean-Luc, ça s'appelle faire la courte échelle à l'extrême droite ! », fulmine Jean-Claude Souléry dans LA DEPÊCHE DU MIDI, tandis que dans LA MONTAGNE, Bernard Stephan estime qu'au final, « Jean-Luc Mélenchon rêve de reconstruire une gauche sur les bases de la France Insoumise et d'avoir aussi la peau d'Emmanuel Macron qu'il voit en fils spirituel du hollandisme, en appliquant le vieux principe selon lequel la fin justifie les moyens ».

Pour Dominique Jung des DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE, « Mélenchon est passé hier de la France Insoumise à la France imprécise. C'est un calcul sournois et dangereux de la part d'un homme de gauche au moment où le pays n'a plus que huit jours pour choisir entre deux projets que tout oppose. »

Pour finir, deux enquêtes scientifiques

Deux projets, deux enquêtes et deux ans ! Deux ans : c'est le nombre d'années d'espérance de vie que les hommes gagneraient dès lors qu'ils deviennent père. Et un an et demi d'espérance de vie de plus pour les femmes qui ont des enfants. Résultat d'une étude scientifique dont se fait l'écho la revue SERENGO. L'explication, c'est que les hommes et les femmes qui deviennent parents auraient un mode de vie plus rangé et plus sage que ceux qui ne se reproduisent pas.

Autre étude concernant, celle-ci, les adolescents – et précisément ceux qui souffrent d'acné juvénile : ces disgracieux bourgeons sur le visage, le dos, le cou. Difficile à vivre, bien sûr, mais ainsi que le rapporte le mensuel PLEINE VIE, les peaux à tendance acnéiques seraient nettement moins sensibles aux effets du vieillissement. Autrement dit : plus vous avez eu de boutons lorsque vous étiez jeune et moins, plus tard, vous aurez de rides !

Ce qui n’empêche pas, bien sûr, surtout en période d’élection… de se faire des cheveux blancs.

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