Bonjour à tous… Après la Tunisie, il y a quinze jours… c’est l’Egypte qui s’embrase à son tour et fait la première page des journaux… Du TELEGRAMME de Brest au REPUBLICAIN LORRAIN, et de SUD-OUEST de Bordeaux au PARISIEN, on retrouve les mêmes relations exprimées dans les mêmes mots. « Egypte : le régime se met à trembler ». « Egypte, la rue fait vaciller Moubarak ». « Egypte : Etat d’urgence ». « Egypte : l’insurrection fait tomber le gouvernement ». « Egypte : le siège du parti présidentiel embrasé, vingt morts. Un millier de blessés ». Avec pour ce dernier titre le commentaire de Karen Lajon, l’envoyée spéciale du JOURNAL du DIMANCHE au Caire : « Moubarak a réprimé violemment hier les manifestations. Il a coupé l’accès à Internet, provoquant la colère des Etats-Unis. Peut-il tenir aujourd’hui ? Est-il en sursis ? ». Le TELEGRAMME de Brest, donne un début de réponse à cette question, en constatant : 1) Que face à des centaines de milliers de manifestants, Moubarak a limogé peu avant minuit son gouvernement. 2) Il a fait savoir qu’il se maintenait au pouvoir. 3) Il a parlé longuement au téléphone avec Obama, après en avoir appelé à l’armée, qui semble disposer de la confiance du peuple égyptien. Résumons avec le FIGARO et LIBERATION. Pour le dernier journal cité, « Hosni Moubarak tente de sauver la régime, annonçant un nouveau gouvernement ». Pour le FIGARO. « Pressé par Washington d’engager immédiatement des réformes, le Raïs s’accroche face à la révolution de papyrus ! ». Jasmin en Tunisie… Papyrus en Egypte… Les mots sont jolis, mais on peut trouver plus juste, ce qu’écrivait hier dans le NEW YORK TIMES, Mickael Slackman et Robert Worth, à propos de ces révolutions sans idéologie. De Tunis au Caire, disait le premier commentateur cité, on assiste à des révoltes pour le pain et la dignité. Quant au second, il demandait dans son essai intitulé « La révolution au bout des allumettes… »… Qu’est-ce qui pousse un homme ordinaire à s’immoler par le feu ? Et répondant à sa propre question, il expliquait que depuis le geste désespéré de Mohamed Bouazizi en Tunisie, le 17 décembre dernier, une dizaine d’autres personnes l’ont imité en Egypte, en Algérie, en Mauritanie. Partout, ces auto-immolations, concluait le journaliste du NEW YORK TIMES, provoquent horreur et stupéfaction, mais déclenchent au Maghreb et au Moyen-Orient de violentes manifestations, capables comme on l’a vu, de renverser un autocrate en Tunisie. Seulement voilà, l’Egypte n’est pas la Tunisie, Moubarak n’est pas Ben Ali et comme l’explique au JOURNAL du DIMANCHE, Denis Bauchard, conseiller pour le Moyen-Orient à l’IFRI, le régime égyptien dispose d’une avancée puissante et a les moyens de tenir. « Ce qui est important pour elle, déclare Denis Bauchard, c’est que la succession de Moubarak se fasse dans l’ordre. Les militaires soutiennent donc le Raïs dans l’immédiat. Mais à 82 ans, et en très mauvaise santé, Moubarak n’a pas encore dit s’il allait se présenter à la présidentielle qui doit se tenir cette année. On parle de son fils Gamal, mais il n’a pas encore été adoubé par les militaires et il n’a pas les capacités de son père. Le Conseiller de l’IFRI doute aussi, d’une transition que pourraît assurer l’opposant Mohamed El Baradeï, prix Nobel de la Paix, de retour au Caire, hier. « Il a quitté l’Egypte, il y a trente ans, souligne Denis Bauchard. C’est un homme seul, sans parti, plus connu des journalistes européens et des chancelleries que des Egyptiens ». Une question encore de ma consoeur du JOURNAL du DIMANCHE à l’expert de l’IFRI. « Si Moubarak tombe, les Frères Musulmans vont-ils en profiter ? ». Denis Bauchard veut d’abord remarquer qu’il existe des soupapes de sécurité en Egypte. « Une presse assez critique… des intellectuels qui s’expriment fortement ». Mais c’est vrai, reconnaît-il, les élections législatives de décembre ont été truquées. Et ajoute-t-il : « S’il y avait une élection véritablement démocratique en Egypte, les Frères musulmans pourraient avoir un nombre important de voix, voire la majorité. Or, c’est un mouvement islamique, qui fait de la charia le fondement de son action politique. Il y aurait un risque de République islamique. C’est d’ailleurs pour cela que les pays européens, comme les Etats-Unis, ne souhaitent pas la disparition de Moubarak ». Et quoi donc, outre l’Egypte dans la presse ce samedi. Les silences de Dominique Strauss-Kahn. La parole de PPDA, contre qui l’accuse de plagiat, la politique Céline et un peu d’humour et de fantaisie aussi. Sur PPDA… A la télé hier, chez Giesbert, et avant-hier et à la dernière page du TELEGRAMME ce samedi, à quoi bon ajouter ou retrancher. Sur Céline, en revanche, laissez-moi suggérer quelques bonnes lectures… Philippe Sollers dans le JOURNAL du DIMANCHE, Delfeil de Ton dans le NOUVEL OBSERVATEUR, Bruno Frappat dans la CROIX et Claude Lanzmann dans le POINT. Question de Sollers : « Je ne comprends pas, écrit-il, ce cliché répété sans cesse, à propos de Céline : « Très grand écrivain, mais parfait salaud ». Que faire de Céline… demande de son côté Bruno Frappat, avant d’expliquer… que l’écrivain maudit fut un inventeur dans le domaine de l’expression. Inventeur dont la plume secoua les vieux draps de notre rhétorique. Pour le reste ajoute le chroniqueur de la CROIX, Céline le découvreur fut un féroce, un méchant atrabilaire, un fou hystérique, un délateur, un assassin verbal. Faut-il célébrer Céline ou le commémorer ? « On lui fait une belle publicité, il doit bien se marrer, considère Delfeil de Ton dans le NOUVEL OBSERVATEUR. Réplique de Claude Lanzmann dans le POINT : 1 - « Si j’étais professeur, je ne refuserais pas de faire lire Céline à mes élèves, mais sans rien leur cacher non plus des livres infâmes dont il est l’auteur. On peut être un grand écrivain et avoir appelé au meurtre des juifs. Et cela pas à n’importe quel moment, mais au contraire quand les Allemands occupaient la France et que la mort des juifs était au programme, s’accomplissait chaque jour. 2 - « Sartre disait : « L’antisémitisme n’est pas une opinion. C’est un crime ». 3 – « Célébrer Céline, c’est tuer une seconde fois les victimes de la Shoah ». 4 - Et à la question de Frédéric Mitterrand de ne plus compter Céline parmi les gloires nationales à célébrer, il répond : « Je l’approuve absolument. Il a raison ». L’humour sous le titre « Devoir d’insolence ». Jean-Marie Rouart dans PARIS-MATCH écrit : « Le prince de Ligne imaginait ainsi une vie parfaitement réussie : « Etre de 15 à 30 ans une ravissante jeune femme ; de 35 à 50 un général victorieux ; puis, de cet âge jusqu’au dernier feu du crépuscule, un prélat influent ». Nul doute qu’aujourd’hui le prince n’eût ajouté une quatrième catégorie idyllique : être président du FMI, marié à Anne Sinclair et candidat putatif de la gauche à l’élection présidentielle. Peut-on imaginer situation plus suave que celle de Strauss-Kahn, un homme de gauche faisant rêver les lecteurs du FIGARO, qui concilie l’efficacité que l’on prête aux hommes de droite et cette générosité dont on fait l’apanage de la gauche ».

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