De quoi nous parlent les journaux ce matin ?

Et bien notamment de vacances et d'enfance. Les vacances, ce sont celles de nos ministres, détaillées ce matin par le Journal du Dimanche . Le Journal du Dimanche publie la carte des vacances, « hexagonales et modestes » des membres du gouvernement. On connaissait les « congés payés », voici les « congés légers ». Les ministres ont manifestement pris exemple sur le président, et jouent, eux aussi, la carte de la normalité.

François Hollande qui était hier à Marciac…

Le chef de l’Etat est venu saluer le succès du festival « Jazz in Marciac ». Ce petit village du Gers devenu, en trente-cinq éditions, une capitale internationale du jazz. François Hollande a parlé d’un « exemple pour la France ». Attention, Marciac, c’est l’arbre qui cache la forêt des festivals qui souffrent, avertit ce matin Sud-Ouest : des festivals aussi installés que les Francofolies ou les Vieilles Charrues ont vu leur fréquentation baisser cette année. La faute à la crise pour La Dépêche du Midi : à 40 euros minimum la place de concert, en famille la soirée revient vite très cher.

La crise des festivals, conséquence donc de la crise tout court. En Une de la dernière édition du Monde , il y a l’angoisse ! L’angoisse qui gagne les Européens. C’est un sondage Ipsos qui le dit : désormais, 63% des Européens – c’est énorme – redoutent de basculer dans la précarité. Etrangement, les Grecs se disent moins inquiets face à cette crise que les Allemands : des Grecs qui affirment voir cette crise comme un stimulant, alors que les Allemands, les Français aussi, sont beaucoup plus inquiets.

Etrange, ce sondage, comment expliquer cette réaction des Grecs ?

Et bien, selon Brice Teinturier, le patron d’Ipsos, c’est l’attitude de ceux qui n’ont plus rien à perdre.

Mais d’autres analyses sont possibles. C’est peut-être une question de philosophie de vie. D’ailleurs, un philosophe grec, Epicure, faisait cette semaine la Une du Point . Epicure, « le grand philosophe du bonheur » nous a rappelé l’hebdomadaire. Tandis que dans le même temps, le Nouvel Observateur consacrait un dossier aux « Philosophes du bonheur ». Un jour il faudra s’interroger sur cette propension étonnante des magazines d’information à consacrer leurs couvertures aux mêmes thèmes : l’immobilier, les francs-maçons, le palmarès des hôpitaux, ou encore donc les secrets du bonheur. Dans le Nouvel Observateur notamment, il y a cet « éloge des bonheurs ordinaires », par quatre jeunes philosophes.

Pour le philosophe Guillaume Le Blanc, courir c’est bien plus que mettre un pas devant l’autre, avec plus ou moins d’énergie, dans une tenue plus ou moins seyante. Courir – je cite – « courir est en soi un acte philosophique. Par cette activité, où le coureur (à la différence du marcheur) quitte un bref instant le sol, s’introduit un combat entre la pesanteur et la grâce. Toute une métaphysique reprend sens : le corps et l’esprit, l’espace et le temps, etc. ». J’aime beaucoup courir, mais je ne savais pas que ce faisant, je commettais aussi un acte philosophique ! Ce dont je me réjouis.

Cette réflexion sur la course à pied nous amène aux JO, et à l’enfance, dont je vous parlais un peu plus tôt.

A lire dans le Journal du Dimanche , le portrait de cette étonnante jeune gymnaste française. Très jeune Anne Kuhm ! A 15 ans, c’est la benjamine de notre délégation. Etonnante Anne Kuhm, qui à 11 ans a obtenu de ses parents de quitter la maison pour aller s’entraîner au Pôle Espoir de Dijon, en expliquant – à 11 ans ! – vouloir aller en équipe de France, et aux Jeux Olympiques.

Et le Journal du Dimanche fait ce matin la part belle aux enfants prodiges, puisqu’il consacre une pleine page au peintre britannique Kieron Williamson, dont les toiles se vendent en moyenne autour de 13.000 euros. Kieron qui fêtera dans une semaine ses 10 ans ! On le surnomme « Mini-Monet » en raison de son style impressionniste, mais le Journal du Dimanche l’a rebaptisé « Maxi-Money ». Ce « money » avec un « y » comme l’argent que le petit garçon rapporte en masse à la maison. Ainsi la société familiale, qui gère les revenus des peintures, verse un salaire à sa maman. Un enfant de 10 ans qui paye ses parents. Un peu étrange, commente le Journal du Dimanche .

Il est vrai que les questions d’éducation provoquent toujours des débats !

Et à ce propos, je ne saurai trop vous conseiller, parents qui nous écoutez ce matin, de lire le dossier de Courrier International baptisé : « Parents, mais comment font-ils ? ». Oui, « pas facile d’élever ses enfants » constate l’hebdomadaire, qui propose donc à ses lecteurs un « Tour du monde des grands principes, et des petits compromis familiaux ». Et on s’amuse beaucoup, croyez-moi, à cette lecture, comme de cet article du Wall Street Journal qui recense les nombreux livres affirmant l’un que la meilleure mère au monde est chinoise, l’autre bolivienne, ou encore galloise, fidjienne, ou italo-américaine !

Mais le plus étonnant est peut-être encore ce livre d’une maman américaine, qui vit en France, intitulé « Les enfants français ne jettent pas la nourriture », dans lequel elle vante le modèle français d’éducation, constatant par exemple que dans nos restaurants, les enfants se tiennent parfaitement, même les bébés, qui attendent leur repas en silence, mangent du poisson, des légumes, et ne jettent pas leur nourriture par terre. Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, je ne mange manifestement pas dans les mêmes restaurants que l’auteure de ce livre !

Pour finir, après nos bambins, d’autres trésors, ceux qui sont à la Une du Parisien-Dimanche , qui consacre son plus gros titre à « La guerre des chasseurs de trésors ». Manifestement, en France, le nombre de chercheurs de trésors ne cesse d’augmenter. Ce qui inquiète les archéologues, qui voient des pièces historiques filer entre les mains de ces amateurs armés de détecteurs de métaux de plus en plus performants et de moins en moins chers. Mais ces derniers relativisent l’importance de leurs découvertes, expliquent que c’est davantage la quête qui est passionnante : ce que Greg appelle l’effet Kinder-Surprise. Greg qui vient de trouver dans un champ une agrafe de corset du 19ème siècle, et en déduit qu’une jolie fille est venue batifoler par là il y a plus d’un siècle. On se demande quand même comment il savait qu’elle était jolie… Mais le plus drôle, c’est que plus loin dans le journal, dans une page consacrée aux loisirs des ados pendant les vacances, LeParisien vante la grande tendance de l’été : le détecteur de métal ! Manifestement, entre archéologues et chercheurs amateurs, le journal a choisi son camp !

© Samuel Etienne

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