Bonjour à tous. « Il y a des mots si jolis qu’on les voudrait avec des joues, pour les embrasser ». Voilà ce qu’écrivait Jules Renard dans son « journal », m’autorisant ainsi aujourd’hui à vous adresser de Paris, ce qu’il convient de bisous. Vous en avez de la chance, Sandra et vous Stéphane de passer deux jours au Festival des Mots de la Charité-sur-Loire, quand on sait, avec le poète que l’amour des mots est nécessaire à la jouissance des choses ! C’est pourquoi, on les trouve partout, dans la rue, dans les journaux, à la radio et dans les livres, bien sûr. « La France », disait Hugo, « est sous les mots comme un champs sous les mouches. » Entendez que les mots de la langue, ne sont pas tous jolis-jolis et bons à embrasser, ni propres à emmener la phrase en promenade ! L’Ipad par exemple, dont toute la presse se régale depuis que la tablette magique d’Apple est en vente en Europe. L’Ipad renvoie malgré tout sa belle modernité à 500 euros pièce aux mots gris, comme malades, maussades, pommade… Des mots moins sonores, moins intelligibles que : « journaux, radios, téléphones portables, écrans d’ordinateurs ». Mots qui parlent et sonnent fort. Ce qui n’empêche pas, vous le verrez, un amoureux du papier imprimé, Monsieur Francis Esménard, patron d’Albin Michel, de se réjouir aux pages culture du JOURNAL du DIMANCHE. « Avec l’Ipad », dit-il, « nous allons toucher ceux qui ne rentrent jamais dans une librairie. » Encore dois-je préciser que les patrons d’Albin Michel comme ceux d’hachette, se sont alliés avec l’américain Apple et lui ont confié leurs titres et leurs fichiers. Une révolution est donc en marche, applaudit le JOURNAL du DIMANCHE, avec le décollage du livre numérisé, que va accélérer aussi, la tablette d’Apple dans notre pays. Mais il y a tout de même un danger, que ne nie pas le PDG d’Albin Michel, celui de voir certains distributeurs, casser les prix des livres pour que les consommateurs achètent leurs tablettes. Ce sera un problème en France, où le prix unique du livre, ne s’applique pas aux versions numériques et où le taux de TVA est de 5,5 % pour le papier et de 19,6 pour une version numérisée. D’où la question de Benoist Simmat du JOURNAL du DIMANCHE au PDG d’Albin Michel. « Croyez-vous que vos gros lecteurs seront aussi vos clients sur Ipad ». « Moins », reconnaît Francis Esménard. « Le livre papier », explique-t-il, « conservera sa domination à travers le plaisir qu’il procure : le posséder, le mettre dans sa poche, le prêter, le ranger en bibliothèque… etc ». « Pour ces habitués de la lecture », conclut-il, « le numérique sera un simple appoint ». Voilà qui rassurera les adeptes incorrigibles du papier, bon à toucher, froisser, corner, user de ses doigts, voire bénéficier de ses annotations au crayon. Tenez, expérience, pour vous tous, qui lisez vite fait, sur votre ordinateur ou votre black-berry les nouvelles d’aujourd’hui. Je vais composer une sélection des premières pages de journaux en froissant le papier, près du micro. C’est une expérience sensuelle, qui devrait marier l’odeur du café et du pain grillé, aux mille petits bruits de la vie. Le JOURNAL du DIMANCHE titre « Les coulisses d’une victoire ». Comment la France a été préférée à la Turquie pour organiser le Championnat d’Europe de football. L’EQUIPE : « Que du bonheur ! ». La première phase finale d’un championnat d’Europe à 24 pays se déroulera en France en 2016. La première conséquence de la décision prise hier par le comité exécutif de l’UEFA sera de permettre à nos meilleurs clubs de bénéficier de stades neufs ou rénovés. Le PARISIEN : La France organisera l’Euro 2016. « Cocorico ! » Le FIGARO : Football : la France organisera l’Euro 2016. FRANCE-SOIR : L’Euro 2016 en France. Enfin une bonne nouvelle ! NORD ECLAIR : l’Euro 2016, ce sera chez nous ! Les DERNIERES NOUVELLES d’ALSACE : Avec ou sans Strasbourg ? Le maire de Strasbourg Roland Ries, a toutefois demande un soutien conséquent de l’Etat pour rénover le stade de la Meinau. Le BERRY REPUBLICAIN : Un euro et des travaux. Restent les grimaces de la presse. CHARENTE LIBRE : Mères et salariées, c’est pas la fête L’ALSACE : 85 tombes allemandes profanées à Guebwiller. Encore faut-il détacher, pour une lecture un peu plus lente, la chronique de Bruno Frappat dans la CROIX. L’éditorial très raide de Claude Askolovitch dans le JOURNAL du DIMANCHE et le dossier de l’HUMANITE, intitulé « Ce que Jaurès nous dit aujourd’hui sur la culture, la Nation, la République ». Avec cette phrase du tribun qui fonda en 1904 le quotidien l’HUMANITE : « Je trouve médiocres les hommes qui ne savent pas reconnaître dans le présent la force accumulée des grandeurs du passé et le gage des grandeurs de l’avenir. » Grandeur, c’est un joli mot, j’y reviendrais demain dimanche.

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