Bonjour à tous, Le temps s’arrange, mais la nuit prochaine sera plus courte d’une heure ! C’est toujours ainsi avec le bonheur qui n’est jamais sans mélange, comme l’avait très bien compris Paul Fort. « Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite. Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, il va filer. Si tu veux le rattraper, cours-y vite, cours-y vite. Si tu veux le rattraper, cours-y vite, il va filer ». « Il y a trente ans, écrit cette semaine une institutrice, lectrice de TELERAMA, quand je faisais apprendre à mes élèves de primaire, Le bonheur est dans le pré, je leur demandais quelle définition ils donnaient de leur propre sentiment de satisfaction. Et ils me disaient par exemple : « le bonheur, c’est une énorme glace au chocolat », ou bien, « c’est d’aller en vacances au ski avec mes parents ». Cette année, j’ai été surprise des réponses apportées à la même question. Et Madame Georges, institutrice à Caen, d’expliquer à son magazine préféré : « Le bonheur, aujourd’hui, pour mes élèves de CM1, pas spécialement défavorisés, c’est la famille, des gens qui vous aiment, avoir à manger tous les jours, disposer d’eau potable, ne pas dormir dans la rue, ne pas être battu… J’ai même entendu : recevoir une éducation. » Et l’institutrice de conclure page 5 de TELERAMA : « Je ne sais pas si c’est le bonheur, ou juste l’inverse du malheur. En tout cas, nos chères têtes blondes sont loin de l’insouciance, elles aussi. » Comme chaque samedi, bonheur et malheur marquent la presse du week-end, de rose, de noir et de gris – nostalgie. C’est ainsi qu’aujourd’hui, LE PARISIEN salue le dixième anniversaire de la petite « pilule du bonheur-au lit » d’un cri : « Merci le Viagra ! » Avec sous la manchette du journal, cette notice : « En dix ans, le Viagra a tout changé. La première pilule contre les troubles de l’érection a sauvé la libido de nombreux couples. Trente-cinq millions d’hommes l’ont utilisée dans le monde ». Suivent deux pages d’information, pour les moins de 40 ans, qui apprécient positivement. Pour les femmes qui disposeraient elles aussi d’un patch accélérateur de libido. Pour les inconditionnels du bio, auxquels LE PARISIEN propose une racine du Pérou, la maca. Informations pratiques donc, auxquelles LE PARISIEN ajoute un sondage express et la recommandation d’un médecin, le docteur Virag qui prévient : « Attention, le Viagra reste un médicament ! » Et pour couronner le tout, un dessin pudique du caricaturiste Ranson, qui croque un homme vérifiant son caleçon, face à sa compagne alanguie qui lui demande, l’air fâché : « As-tu vérifié la date de péremption sur la boîte ? ». LIBERATION de son côté, consacre ce week-end, un cahier spécial, à 40 années de libération sexuelle. Mai 68 – Mai 2008, en plaçant deux génération face à face. Celle de la juriste Marcela Iacub, chercheuse au CNRS et auteur de trois livres aux titres éclairants : 1 / Le crime était presque sexuel … Chez Flammarion 2 / L’empire du ventre … Chez Fayard 3/ Aimer tue … Chez Stock Avant la parution prochaine chez Fayard, de Par le trou de la serrure . Face à Marcela Iacub, LIBERATION a placé le sociologue Alain Touraine, qui a deux fois son âge, et a publié entre autres… Critique de la modernité, Le monde des femmes en 2006, et Penser autrement l’année dernière. LIBERATION chapeaute l’entretien d’une réflexion. « 1968 : la jeunesse s’est emparée de la vie privée ». 2008… le revers… « La victimisation fait la loi » Extraits du débat… « C’est 68, assure Alain Touraine, qui a inventé l’autonomie de la jeunesse, définie par le fait que la culture commande ! » Même si la jeunesse, précise le sociologue, n’existe pas comme catégorie sociale ». Marcela Iacub remarque de son côté, forte de ses 44 ans… « Jamais, comme aujourd’hui, la sexualité n’a été autant surveillée par l’Etat. Après les réformes des années 70, l’Etat s’est glissé partout, jusqu’à être présent dans la vie privée. C’et un peu le paradoxe de mai 68… comme si l’époque avait été retournée. » Et LIBERATION d’illustrer tout cela, en cherchant l’héritage de mai, dans le cinéma, et dans le langage, avec les 700 mots nouveaux entrés entre 67 et 70, dans Le Petit Robert. Florilège : décideurs… énarque… cursus… positionnement… managérial… performant… déplafonnement… incontournable… rentable… gérable… cibler (il va falloir cibler)…. Se faire briefer… attention à ne pas être surqualifié mais faire tout pour demeurer au top-niveau. Mai 68… y’en a marre ! C’est ce que dit en substance Daniel Cohn-Bendit, en expliquant à TELERAMA… « Oubliez-nous, oubliez-moi… pensez plutôt à aujourd’hui, ou alors tenez-vous-en au slogan symbole : ‘ Nous sommes tous des juifs allemands ‘ qui fut la meilleure façon de liquider le mythe d’une France totalement résistante et la haine de l’allemand. » Daniel Cohn-Bendit d’envoyer au passage Nicolas Sarkozy qui serait selon lui, un bon soixante-huitard, mais contrarié. Un homme qui désacraliserait le pouvoir, en incarnant le fameux jouir sans entrave. Mai 68… y’en a marre… non.. non… répond LE NOUVEL OBSERVATEUR, en publiant un sondage exclusif sur les Français… qui ont plébiscité, devinez quoi… la Révolution des mœurs. Bref, que l’héritage de mai n’est pas à liquider, puisque 74% des personnes interrogées par l’institut CSA, considèrent que 68 a eu un effet positif sur la société. Cohn-Bendit, encore lui, conclut là-dessus, dans un livre intitulé Forget 68, et publié aux Editions de l’Aube, sous la responsabilité de Jean Viard et Stéphane Paoli… « 68, c’est fini, on a gagné. L’ennui… c’est que la France est toujours allergique au changement. Et que nous nous sommes trompés… Nous avons eu tort de dire : « Elections, piège à cons ». En démocratie, il faut voter ! « 68… ce fut… titre l’excellent magazine PHILOSOPHIE… un tournant dans la pensée… Ce fut aussi, malgré la chienlit, la revanche de Sartre, et l’irruption d’un monde en révolte. » Ce que confirmait le philosophe Jean Baudrillard, mort en 2007, et dont le magazine PHILOSOPHIE publie un inédit, dans lequel il fustigeait l’emballement du capitalisme qui mène le monde au bord d’une 4ème guerre mondiale. L’antidote, affirmait Baudrillard dans cet inquiétant inédit, l’antidote est du côté du singulier, pas du capitalisme fou, et des foyers d’infection terroriste qu’il crée partout. « Moi, si je n’avais pas la conviction qu’il y avait en l’homme, quelque chose qui se bat, et qui résiste, j’aurais tout simplement cessé d’écrire… » En exergue… du quotidien communiste L’HUMANITE, un mot emprunté au slogan du mois de mai « Des murs ont la parole »… mot repris par Guy Bedos dans un de ses derniers livres… « Arrêtez le monde, je veux descendre » Dieu merci, le bonheur reste une idée neuve en Europe. La preuve, le FIGARO MAGAZINE, enchanté par Carla Bruni-Sarkozy, la discrète, charmante en Angleterre, et susceptible de transformer le président de la République, qui veut changer… sans empêcher, dit le FIGARO MAGAZINE, sa femme de chanter… Mais c’est nul… tous, ils sont tous nul, regimbe l’hebdomadaire MARIANNE, qui dénonce d’une même plus rageuse… je cite… « ceux qui ont échoué et qui sont récompensés… La liste de la promotion des nuls, selon MARIANNE est longue… Mais je conclurais sur l’espérance… et encore une commémoration, une célébration de la mort d’un homme, assassiné le 2 avril 68… voyez LA CROIX qui lui consacre en première page ce matin, et premier titre…et cette phrase magnifique : « I have a dream… J’ai regardé autour de moi et j’ai vu la terre promise. Je n’irai peut-être pas là-bas avec vous. Mais je veux que vous sachiez (…) que nous, comme peuple, atteindrons la terre promise… Je fais le rêve qu’un jour, sur les collines rouges de la Géorgie, les fils des esclaves et les fils des propriétaires d’esclaves puissent s’asseoir ensemble à la table de la fraternité. Je fais le rêve que mes quatre jeunes enfants habitent un jour une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau mais à la mesure de leur caractère…. Ça c’est un anniversaire, le jour où l’on tua le pasteur Martin Luther King.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.