Bonjour à tous… « Quelle heure est-il ? – douze heures cinq – Dans une minute ce sera l’heure de Catherine. Comment ça ? – Catherine de midi six » ! C’est à Pierre Dac que l’on doit cette plaisanterie bien adaptée au passage à l’heure d’été. Tout comme on doit à Coluche, Sacha Guitry et Schopenhauer ces aphorismes d’actualité. « Je ne suis pas un nouveau riche » disait le premier, « je suis un ancien pauvre ». Ce que CHARLIE HEBDO a retourné cette semaine en titrant « Sarkozy t’es fort, le Medef est dans la rue ». Sacha Guitry se voulait plus indulgent quand il expliquait qu’être riche, ce n’est pas avoir de l’argent, mais en dépenser. Plus sévère, le philosophe Schopenhauer jugeait que la richesse, c’est comme l’eau de mer. Plus on en boit, plus on a soif. Un mot que contredit dans LE JOURNAL DU DIMANCHE aujourd’hui l’ancien Président du Medef, Ernest-Antoine Seillère. A la question de mes confrères du JOURNAL DU DIMANCHE, les managers sont-ils trop bien payés, le baron, à la tête du Conseil de surveillance du groupe de Wendel répond : « Les Français sont mal à l’aise à l’égard de la richesse. Bientôt, ils exigeront que l’actionnaire rende gorge. Qu’il soit retraité, épargnant individuel ou fonds de pension. Mais êtes-vous capable de me dire ce que vaut quelqu’un qui sait s’adapter aux cultures du monde, qui a du charisme, une bonne structure mentale, un sens juridique et financier et la capacité de jauger les hommes… ? ». Voilà ce qui doit primer, comme partout dans le monde, considère Monsieur Seillère, avant de reconnaître qu’il y a des abus choquants. Par exemple, quand on est bien payé dans une entreprise qui va mal. Et l’ancien président du Medef d’ajouter : « Bon le capitalisme va muter. Nous allons satisfaire une envie d’égalité, sans que cela change rien pour 60 millions de Français ». Et voici la conclusion d’un héritier convaincu des vertus du capitalisme industriel et familial. « La crise nous a pris par surprise. La Bourse nous fait payer cher, mais de Wendel est là pour longtemps, car le capitalisme familial par temps troublés, tient mieux que le capitalisme spéculatif ». Comme le dit un de mes cousins : « Un actionnaire familial est dans l’ascenseur. Il monte, et il descend. Mais il ne sort pas de l’escalier. Le financier, lui, monte au deuxième et essaie de grimper jusqu’au sixième. C’est quelquefois mortel ». Dans le même JOURNAL DU DIMANCHE, consacré au scandale des stocks options, au divorce entre les riches trop riches et l’opinion, Michel Déléan pose la question : Mais qui est vraiment riche, étant entendu, qu’on est toujours le riche de quelqu’un. Il y aurait dans notre pays, 100.000 familles dont le patrimoine permet de ne pas travailler. Selon l’UMP, 719 gros contribuables auraient quitté la France en 2008. Quant à l’impôt sur la fortune il concerne, on le sait, 566.000 foyers. L’ennui, c’est que les riches ne constituent pas une catégorie homogène, et qu’il faut 6.000 euros de revenu mensuel, à un célibataire sans enfant pour entrer dans la Tranche maximale de l’impôt sur le revenu. Et ce célibataire là, n’a évidemment rien à voir, avec Liliane Betancourt, la femme la plus riche de France, dont les revenus, sont estimés à plus de 20 millions d’euros mensuels. Dans la même page 2 du JOURNAL DU DIMANCHE, quelques réactions intéressantes… Celle d’Alain Madelin : « J’attends le patron qui dira, qu’il ne se verse pas de salaire pendant deux ans, et donne l’exemple ». Bernard Tapie se dit choqué lui aussi, par les parachutes dorés, des managers qui ont échoué. « Qu’est-ce que ce casino », demande t-il, « où l’on gagne, quand on a perdu ». « C’est vrai, il y a des rémunérations extravagantes », reconnaît Jacques Marseille, « mais cela ne concerne qu’une minorité de 5.000 personnes ». Là-dessus, le JOURNAL DU DIMANCHE détache le cas de Monsieur Alain Dinin, président du groupe de promotion immobilière NEXITY, l’un des managers les plus riches de France, qui vient d’informer ses 6.500 salariés… « J’ai renoncé à mes stocks options et bonus, position normale, que je crois utile de signaler, en raison de la médiatisation actuelle ». Cette attitude précède de quelques jours le décret anti-bonus que le Premier Ministre rendra public demain. Vrais scandales, faux scandales… Olivier Jay s’interroge dans son éditorial, en s’inquiétant de l’opinion qui ferait la loi. « La crise », écrit-il, « ramène au sens commun, mais sortons de cette vague folle à l’opinion dit le droit ». Le caricaturiste Wolinski ne s’en émeut pas, quand il croque un garnement interrogeant son père… « Papa comment fait-on pour être riche… ? ». Il faut, dit celui-ci à son fiston, obéir à sept recommandations : 1/ Gagner du fric 2/ Placer le fric 3/ Planquer le fric 4/ Défendre le fric 5/ Exporter le fric 6/ Léguer le fric 7/ Hériter du fric. « C’est effarant », s’écrie en caractères d’affiches, MARIANNE qui consacre son dossier de la semaine aux patrons devenus fous furieux… en distinguant deux factions dans la bande du Fouquet’s. « Ceux qui voudraient que Sarkozy cogne les plus scandaleux, et ceux qui plaident la prudence ». Ce qui n’empêche pas Nicolas Domenach et Maurice Safran d’expliquer, que les grands patrons ont toujours fasciné le président de la République. Ce serait même la raison pour laquelle l’idée d’imposer une loi, à ses amis du CAC 40, lui est si difficile. L’EXPRESS, qui s’interroge lui aussi, sur Sarkozy et les riches, ne partage pas cet avis, et donne même les noms des managers que le président de la République n’aimerait pas… Ceux dont Alain Minc, disait sans les citer, dans LE FIGARO, l’autre jour, qu’ils n’avaient décidemment rien compris. Frédéric Oudéa… Daniel Bouton… Didier Alix… Séverin Cabannes… Et l’EXPRESS, de souligner que Nicolas Sarkozy, veut aider les banques, mais pas les banquiers… avant de citer certains propos du chef de l’Etat qui mépriserait les héritiers et n’aurait reçu personnellement aucun bien de ses parents. « Les dîners à 1.000 euros le couvert, vous croyez que j’en ai pas marre », avait dit Nicolas Sarkozy au moment où l’on reprochait le Fouquet’s, et les vacances sur le yatch de Bolloré. Et il aurait dit aussi, à propos du patron de DANONE reçu à l’Elysée : « Il se bourre… tous ces gens-là, se bourrent ».

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