Bonjour à tous… Il pleut, il vente, les jours sont courts, mais la lumière et l’espoir, reviennent demain, avec ce que les Chrétiens appellent « le temps de l’Avent ». L’Avent, du latin adventus, c’est quatre dimanches, et quatre semaines avant Noël. Quatre semaines de préparation aux réjouissances qui vont marquer la fin de l’année, et annoncer la victoire de la lumière sur l’obscurité, et aussi le triomphe de la vie sur la mort. Les païens d’Europe du Nord le savaient bien et manifestaient par de grandes fêtes, leur volonté de conjurer le noir des longues nuits, la peur de ne plus jamais voir la lumière du soleil et la fécondité. Mais c’est le Pape Grégoire le Grand, qui eut la bonne idée, de faire coïncider la célébration de la venue du Christ, avec les fêtes païennes consacrées au retour des longs jours. Et c’est un pasteur allemand qui décida plus récemment d’allumer dès le 1er décembre une bougie sur une roue, pour marquer les 24 journées qui précèdent Noël et le retour de la lumière. Une roue ici, une couronne de houx là, un sapin ailleurs, c’est selon, mais c’est toujours, la lumière qui revient symbolisant avec les quatre dimanches de l’Avent, les quatre saisons, les quatre points cardinaux, et l’impatience des enfants. Dans certaines familles du Nord de l’Europe et en France aussi, les gosses disposent d’un calendrier dont les jours sont cachés, qu’ils découvrent l’un après l’autre, jusqu’au matin de Noël. L’hebdomadaire protestant « Réforme », et le quotidien catholique « La Croix » rappellent aujourd’hui, la signification chrétienne de ces quatre semaines. « Le temps de l’Avent », écrit ainsi Anne Etienne, de la Communauté des diaconesses de Reuilly, « est celui du désir intense d’une nouvelle naissance de l’humanité ». De la même façon, « La Croix », dans son dossier « spiritualité », invite ses lecteurs à rester éveillés, et présents au monde malgré le temps mauvais. Et « La Croix » de citer l’Evangile de Marc, qui rapporte cette parole du Christ à ses disciples : « Prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment. Il en est comme d’un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et recommandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. Il peut arriver à l’improviste et vous trouver endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! ». S’il est un homme qui a veillé sur l’homme, c’est bien Claude Lévi-Strauss, qui fêtait hier ses cent ans, visité par des amis, et Nicolas Sarkozy, reçu chez lui. Le journal « L’Humanité », accablé ce matin, comme tous les quotidiens, par le bilan tragique des attentats de Bombay, cite en exergue, cette définition du barbare, donnée par l’anthropologue académicien. « Le barbare », selon Lévi-Strauss, « c’est d’abord, l’homme qui croit en la barbarie ». On ne peut mieux dire… Mais peut-être, peut-on ajouter, comme l’éditeur Jean-Marc Roberts, qui signe cette semaine dans « Libération », une page de réflexions sur l’actualité, et écrit ceci à la date, de vendredi : « Race : Subdivision de l’espèce humaine en Jaunes, Noirs, et Blancs selon le critère apparent de la couleur de la peau ». ″Voilà le début de la définition que l’on peut lire dans l’édition 2005 du Petit Larousse. Erik Orsenna m’a confié que lors d’une séance du dictionnaire à l’Académie française, Claude Lévi-Strauss avait proposé il y a quelques années la pure et simple suppression du mot. Sa suggestion, curieusement, n’a pas été retenue. Aussi, en ce jour d’anniversaire, je demanderais volontiers à chaque lecteur de Libé, à tous ses rédacteurs de barrer au marqueur le mot et les variantes de ses définitions dans le dictionnaire le plus proche de leur domicile″. Le même Jean-Marc Roberts qui se présente dans « Libération », péripapéticien… Entendez qu’il pense en marchant, écrit ceci à propos de Noël… « Ceux qui me connaissent un peu savent la raison de mon attachement viscéral, au récit de Jean-Louis Fournier : ″ Où on va papa ? ″. Cette nuit le livre a dépassé les 300.000 exemplaires. Et ce n’est pas fini. Nous aurions pu, n’en vendre qu’un millier. Sujet impossible, genre indéterminé, auteur inclassable. Et puis, une série de petits miracles dont l’annonce du Prix Femina, a changé la donne ». 300.000 exemplaires… Un père d’aujourd’hui, vivant la vie, et celle de son enfant handicapé, sans désespoir, et avec une saine lucidité. Alors, la crise, me direz-vous, est-elle toujours, au rendez-vous de la presse du week-end. Elle l’est aussi, faisant peut-être de cette fin d’année 2008, avec les attentats de Bombay, le grand retour du chômage, et la mort des SDF, une annus horribilis. Comment en est-on arrivé là ? Le monde semblait aller très bien, la croissance économique était la plus rapide de l’Histoire. Tout annonçait en 2007 qu’elle allait se poursuivre sur la planète entière grâce à une épargne abondante et à des progrès techniques extraordinaires. Or voilà, que nous sommes à l’aube d’une dépression planétaire, la plus grave depuis 80 ans. C’est ce qu’explique et écrit Jacques Attali dans un petit livre à paraître chez Fayard, sous le titre « La crise et après ». Moins de 200 pages, limpides, qui se terminent sur quelques vérités simples, et malheureusement oubliées. - Chacun, laissé libre de le faire, va au bout de ce qui peut servir ses intérêts, même au détriment de ceux de ses propres descendants ; - L’humanité ne peut survivre que si chacun se rend compte qu’il a intérêt au mieux-être des autres ; - Le travail, sous toutes ses formes, surtout à visée altruiste, est la seule justification de l’appropriation de richesses ; - Le temps est la seule denrée vraiment rare ; et celui qui contribue, par son travail, à en augmenter la disponibilité et à lui conférer sa plénitude doit être particulièrement bien rémunéré. Un monde où les seules crises seront celles de la vie privée avec ses chagrins et ses joies, ses rassurantes routines et ses glorieuses surprises. Y compris, par Claude Cabanes, qui dans son éditorial de « L’Humanité », dit ce que nous disons tous… « Sueurs froides… peur des lendemains, car il n’y a pas d’argent pour les plus démunis, mais il y a des milliards pour les banques ». La crise à tous les étages, titre aussi « Libé », tandis que « Le Parisien » annonce que les impôts locaux vont grimper et que « Le Monde » résume... « Chômage, dette publique, vertige des grands nombres... Le gouvernement va tenter de renverser la tendance. Comme de nombreux pays, la France est contrainte d’emprunter sur le marché mondial des capitaux pour financer la relance, c’est sans difficultés, ni risques. Pour le moment ! ». François d’Orcival, dans « Le Figaro Magazine », part de la petite phrase de Nicolas Sarkozy disant la semaine dernière aux salariés de l’entreprise aéronautique Daher : « Je suis votre nouvel actionnaire ! » avant d’évoquer la création d’un fonds d’investissement de 20 milliards d’euros.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.