Bonjour à tous… [… Mariage d’amour, mariage d’argent, J’ai vu se marier toutes sortes de gens : Des gens de basse source et des grands de la terre, Des prétendus coiffeurs, des soi-disant notaires…] Et le même Brassens qui se faisait un honneur, de ne pas demander la main des belles qu’il aimait, s’enchantait comme les princes d’Angleterre de certaines grâces roturières. « Moi, mes amours d’antan c’était de la grisette, Margot la blanche caille, et Fanchon la cousette… Pas la moindre noblesse, excusez-moi du peu ; C’étaient me direz-vous, des grâces roturières, Des nymphes de ruisseau, des Vénus de barrière… Mon prince, on a les dames du temps jadis qu’on peut. » Tout le monde a écrit sur le mariage… Socrate, Montaigne, Diderot, Léon Blum, Saint-Paul dans l’épitre aux corinthiens : « Il vaut mieux se marier que brûler !». Molière, Guitry, Courteline, Feydeau… J’en oublie. Jusqu’à José Arthur expliquant qu’il s’est marié trois fois… « La première à l’Eglise, la deuxième fois à la mairie et la troisième à la sauvette… ». « Le mariage est une bonne chose, mais il ne faut pas en faire une habitude », ironise aussi quelque part, Somerset Maugham. Montaigne et Sacha Guitry en jugeaient également. Le premier en expliquant qu’un bon mariage est celui qui associe un sourd à un aveugle… le second, considérant que le mariage c’est comme le restaurant… « A peine est-on servi qu’on regarde dans l’assiette du voisin ». J’ai pire, Patricia Martin, et il me faut le dire, avant d’en venir à la presse midinette de ce week-end, qui n’en revient pas, du beau mariage de Kate et de William, suivi hier sur les écrans de la planète, par deux milliards de terriens ! Mais ce que je vais dire, pour finir là-dessus, c’est du sérieux, puisqu’il s’agit de la réflexion sur le mariage du grand Hippolyte Taine… Celui qu’évoquait Alphonse Allais, à propos d’un homme plaqué, découvrant un billet signé de sa femme : « Je suis partie… avec Tonton, ton Taine, et ton Thon ! ». Et bien, voici ce que dit Taine, des mariages qui durent : « On s’étudie trois semaines, On s’aime trois mois, On se dispute trois ans, On se tolère trente ans… Et les enfants recommencent. » « PARIS-MATCH, avec Carla Bruni-Sarkozy en couverture, traduit ce mouvement d’un conte de fées l’autre, en publiant page 72 la photo du baiser de Charles et Diana. C’était le 29 juillet 1981, au balcon de Buckingham Palace. Nous avions trente ans de moins. 29 avril 2011… Regardez-bien la une du PARISIEN, ce matin, William et Kate s’embrassent semble-t-il, plus fougueusement, et le PARISIEN de titrer en manchette, sur un si joli baiser. Et FRANCE-SOIR, me direz-vous… Quelle photo du mariage en première page : Kate et William, souriants, beaux dans le landau. Et le FIGARO ? Une plus belle photo encore, signée Tom Evezi, d’AP. Magnifique image arrêtée, alors qu’hier, sur les télévisions du monde entier, le film passait trop vite. Majestueux, titre en gros le FIGARO, renvoyant poliment Jean-Paul II à son magazine, et Xavier Bertrand en bas de page… alors que le ministre du travail, veut ramener le chômage sous la barre des 9 %... LIBERATION préfère se demander s’il convient ou non d’adresser un carton noir, au football français, accusé de discrimination raciste, par Mediapart. Photo de Laurent Blanc en première page. Les photos du double baiser de Londres, sont en page 6 avec ce titre : Mariage princier pas trop pincé… et cette explication : « Le jeune couple a légèrement rompu avec le protocole ». A lire aussi, dans la rubrique repères de LIBE, ce mot du désormais Prince de Cambridge… mot glissé à l’oreille de son beau-père et décrypté par le Sun… « Je croyais que ce serait juste un petit truc en famille ». Le même quotidien britannique assure avoir entendu William dire à Catherine : « You look absolutely beautiful. ». Regardez-là, seule, dans sa robe de dentelle (dentelle française s’il vous plait)… Kate… en première page du JOURNAL du DIMANCHE qui paraît aujourd’hui. Lady Kate pour le JDD, qui consacre quatre pages au mariage princier et renvoie Claude Guéant déclarant à propos du terrible attentat de Marrakech, que l’Europe est visée et qu’il convient de ne pas baisser la garde devant la menace terroriste. Ni en France, ni au Maghreb. Dans le JOURNAL de la HAUTE-MARNE, Patrice Chabanet relève lui aussi les plaies qui aujourd’hui balafrent la planète. Le sang, écrit-il, coule au Maroc, coule en Libye et en Syrie, pour ne citer que ces pays… Mais le mariage de Londres constitue une parenthèse heureuse dans un monde où les occasions de se réjouir se font rares… Et puis, ajoute encore mon confrère haut-marnais : « En chacun de nous sommeille un nostalgique des belles histoires qui s’écrivent dans l’encre d’un faste un peu suranné, mais tellement bien réglé. Comme savent le faire les britanniques. » François-Régis Hutin dans OUEST-FRANCE souligne de son côté le faste un peu désuet de la cérémonie… La monarchie anglaise, écrit-il, a vu diminuer sa puissance et son rayonnement, mais la Reine Elisabeth, demeure dans un monde à l’évolution incertaine. C’est une grande dame qui aura marqué les souvenirs de tous. Elle apparaît aujourd’hui encore, comme le symbole de la liberté, que proposent, défendent et donnent en exemple à l’univers nos démocraties. En ce jour heureux, il faut rendre hommage à la Reine, conclut François-Régis, et lui dire ainsi qu’à tout son peuple, notre reconnaissance. Jean-Claude Soulery dans la DEPECHE du MIDI, n’est pas de cet avis, même s’il admet que la Nation britannique recharge aujourd’hui ses forces morales et son unité, dans ce qu’une partie de la presse veut appeler le mariage du siècle.. Mais, écrit Soulery, « dans l’Angleterre de Cameron, marquée par la crise, le chômage, le multiculturalisme et l’ultra libéralisme, la vraie vie, n’a rien d’un conte de fées… Et par les temps qui courent le peuple de sa majesté a compris qu’il ne sera jamais à la noce ». Stéphane Bern, sur France Inter, hier , et sur France Télévisions à 20 heures, disait très bien ce qu’il en était, de ce mariage inter-classes, avec William et son sang bleu, et Kate, venue de la Middle-class, descendante d’ouvriers… et fille de bourgeois ayant réussi dans le commerce « Internet » de farces et attrapes. Et Stéphane, notre Stéphane Bern, d’insister à raison, sur le siècle qui vient, avec les enfants, à naître du Prince et de la princesse mariés hier, au terme de huit années de fiançailles. Et maintenant rideau… La presse, respectueuse de la vie privée du couple, ne dit rien de leur nuit de noces… Et pas grand-chose du ciel qui doit abriter leur lune de miel… L’île Moustique, les Seychelles, la Toscane… Attendez-vous à le savoir, d’ici ce soir, comme aurait dit sur Radio Luxembourg, la regrettée Geneviève Tabouis. Demain, je vous parlerai du 1er mai et de MARIANNE qui s’en prend à la nostalgie Mitterrand. J’aurais du vous dire aussi, que Le MONDE, le FIGARO et LIBERATION font tous une relation de la rencontre… Bernadette Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande à Egletons. La meilleure dans le MONDE de ce samedi… Elle est signée Raphaëlle Bacqué et titrée : « En Corrèze, échanges vénéneux entre Nicolas et François ». En voici la chute : « François Hollande feint encore, devant Nicolas Sarkozy et Bernadette Chirac, l’intérêt champêtre. « Vous avez trouvé des cèpes en forêt ? » Et cette comédie du pouvoir ayant fourni les images désirées, le président vend enfin la mèche : « Vous croyez vraiment que j’ai emmené Bernadette aux champignons ! ».

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