Bonjour à tous…. Dans 40 heures l’an neuf, et en attendant de s’embrasser sous le gui, les journalistes s’emploient à tromper le temps… (et peut-être l’ennui). Il faut dire que le temps de la vie n’obéit pas au rythme des médias. Ni en Colombie, ni au Pakistan. Troisième jour de deuil à Karachi, longues années d’attente à Bogota où le temps passe et ne passe pas. C’est pourquoi la presse s’impatiente et anticipe dans les deux cas. Voyez LE JOURNAL DU DIMANCHE dénonçant déjà « la folle équipée du président vénézuélien Hugo Chavez en Colombie… » Et cherchant aussi, qui, dans la famille Bhutto, succèdera à Benazir la martyre ? Son époux Ali Zadari ? Son fils Bilawal ? Sa sœur Sanam ? Ou sa nièce de 24 ans, la belle Fatima Bhutto ? A New-York, c’est Musharraf que l’on attend, même s’il n’est pas parfait, et même si les partisans de Benazir l’accusent d’avoir laissé assassiner la Sultane. Dans son éditorial, Jacques Espérandieu préfère expliquer qu’Al Qaïda ou pas, touchée par balle ou victime d’une fracture du crane, l’important n’est pas là et qu’on n’a pas le choix. « Compte tenu de l’importance politique, stratégique et économique du pays, écrit-il, c’est le Pakistan qu’il faut sauver. Elections ou pas, Musharraf est là, et malgré son incapacité à lutter contre le terrorisme (qui a fait 800 morts cette année, avant même la tragédie de Rawalpindi) il contrôle au moins l’armée et les installations nucléaires pakistanaises. Ce qui fait de lui, le seul homme capable d’éviter la catastrophe dans un pays de 160 millions d’habitants, que Washington considère plus dangereux que jamais. « Le temps… le temps… le temps et rien d’autre… Le tien, le mien, celui qu’on veut nôtre… » LA DEPECHE DU MIDI et L’EST REPUBLICAIN de Nancy évoquent de la même façon le temps suspendu en Colombie, pour les trois otages des Farc, qui «si tout va bien, seront peut-être libérés aujourd’hui…» « Le temps, le temps… le temps et rien d’autre… » LA VOIX DU NORD et LE DAUPHINE reviennent ensemble sur les deux mois d’attente des familles des six membres de l’Arche de Zoé, revenus en France pour y être emprisonnés. Les six accusés comparaîtront le 14 janvier devant le tribunal correctionnel de Créteil, qui leur signifiera leur peine. Huit ans qui pourraient se réduire à trois. Mais les jours en prison, ou avec un bracelet électronique chez soi, sont des jours qui ne passent pas ! « Le temps passé ! Celui qui va naître. Le temps d’aimer et de disparaître. Le temps des pleurs, le temps de la chance. Le temps qui meurt. Le temps des vacances… » Charles Aznavour le chante avec plus d’optimisme que Léo Ferré et son «Avec le temps, va, tout s’en va…» Une chanson qui ne coïncide pas avec les espoirs que fait naître chaque nouvelle année. Espoirs qu’évoquait très bien Verlaine dans ses poèmes saturniens. On sait ce que fut son «rêve familier, étrange et pénétrant… d’une femme inconnue et que j’aime et qui m’aime…» On connaît moins le sonnet, intitulé Vœu lequel magnifie aussi, les premières maîtresses. « L’or des cheveux, l’azur des yeux, la fleur des chairs, Et puis, parmi l’odeur des corps jeunes et chers, La spontanéité craintive des caresses » Sont-elles assez loin toutes ces allégresses, se demande encore Verlaine le poète, avant d’évoquer la vieillesse, morne, solitaire et glacée d’un orphelin pauvre, sans sœur ainée… Pour finir dans ce tercet qui vaut tous les vœux de bonne année. « O la femme à l’amour câlin et réchauffant, Douce, pensive et brune, et jamais étonnée, Et qui parfois vous baise au front, comme un enfant ! » Voilà pour Melancholia, qui me ramène à l’actualité, politique et sentimentale, puisque le magazine ELLE, LE PARISIEN-DIMANCHE, NICE-MATIN et tant d’autres magazines ou quotidiens ont voulu mêler les deux, en cet avant-dernier jour de l’année. Voyez à cet égard, les trois premières pages du PARISIEN AUJOURD’HUI, juste avant l’interview de François Hollande titrée «Le sarkozysme et un narcissisme». Un titre qui rappelle «l’existentialisme est un humanisme» de Jean-Paul Sartre. Manchette du PARISIEN ce matin, je vous la donne en mille… «La vérité sur la famille Bruni». Et juste au-dessous, une photo de Carla, belle à tomber, et de sa maman. Un cliché pris à Turin le 12 octobre dernier. En page 2, une photo plus récente de Carla et Nicolas enlacés, front contre front, lunettes noires contre lunettes noires. Un cliché pris à Louxor jeudi dernier par Jack Guez de l’AFP. Je me demande si c’est lui qui a été blessé par les policiers égyptiens cette semaine à Charm-el-Cheikh. La presse ne le dit pas. Au-dessus, ce titre du reportage de Béatrice Houchard sur les deux amants du Nil… «Un coup de foudre que personne ne pouvait imaginer» Et au-dessus encore, un charmant dessin du caricaturiste Delambre, avec une bonne fée penchée sur Carla au berceau, qui lui dit… «Tu deviendras top-modèle et chanteuse, puis tu vivras dans un palais…» Promesse complétée du fond du berceau par le bébé qui vagit : «Je serai reine de France». LE PARISIEN met un conditionnel à la promesse, avec ce titre : «Si Carla devient la première dame de France» Bref, si Nicolas Sarkozy l’épouse dans les semaines qui viennent, comme le prévoit aussi cette semaine l’hebdomadaire GALA ! En page 3 du PARISIEN… Comment ne pas lire aussi l’interview de Marisa Bruni, l’heureuse maman de Carla Bruni, et de Valéria, réalisatrice du film «Actrices». LE PARISIEN : Quel genre de mère êtes-vous ? Marisa Bruni.Je suis une mère italienne. Très proche de mes filles, je ne les cherche pas, mais je suis gâtée car je les ai tous les jours au téléphone. Elles me parlent de leurs angoisses, me demandent conseil. Je ne me scandalise de rien. Quand elles avaient 20 ans, je m’inquiétais quand elles rentraient tard. J’avais peur qu’elles touchent à la drogue. Comme toutes les mères finalement. Je leur ai toujours répété de garder l’équilibre en toutes circonstances. Heureuses ou malheureuses, grand succès ou pas, elles ne doivent pas perdre la tête.Vos enfants ont la fibre artistique. Est-ce compatible avec la situation actuelle de Carla ? Peut-elle devenir la première dame de France ?Carla vit une authentique histoire d’amour. Et je pense qu’ils peuvent très bien se compléter avec Nicolas. Mais mes deux filles sont créatives. Carla est musicienne, poète. La pulsion pour l’art est une chose très forte chez une personne. On ne peut pas y renoncer. Si Carla devient la première dame de France, elle devra garder pour elle un lieu et du temps pour écrire. Elle a besoin d’écrire ses poésies, de composer sa musique, d’enregistrer ses albums. Même avec toutes les obligations qu’elle pourra avoir, elle réussira à se garder du temps. Je pense que le président de la République n’a pas vu que la belle fille en elle et qu’il respecte beaucoup son côté artiste. On en a parlé ensemble. Il est tout à fait d’accord. Voilà la partie sentimentale de la presse, j’en viens à la partie politique. Dans OUEST France, un sondage de l’Ifop. On a interrogé les Français sur le gouvernement, sur sa politique bien sûr : Est-ce que vous faites confiance au gouvernement de François Fillon et de Nicolas Sarkozy pour augmenter le pouvoir d’achat ou baisser les impôts ? Ils ne sont que 25%, un taux en chute libre, à faire confiance au gouvernement pour le pouvoir d’achat et 27% pour la baisse des impôts selon cette étude d’opinion. Et dans NICE MATIN, je découvre un académicien, Jean-Marie Rouart, dont le titre de l’éditorial se suffit à lui-même : « Quand le président bling-bling risque le big bang » De Nice, je passe au Nord… Dans NORD ECLAIR, je lis ce titre nostalgique, formidable : « Adieu le café-cigarette ! » Un très bel article de Christophe Doré illustre la fin de l’histoire. Ce que le FIGARO MAGAZINE traduit d’un titre et d’un mot : « 2008 : vive la vie sans tabac ». Il est illustré avec des photos merveilleuses d’Albert Camus. Photos célèbres où il avait une cigarette au bec. Et là, il a une petite fleur jaune. Même chose pour Che Guevara, une petite fleur jaune. Même chose pour Gainsbourg, sans sa cigarette, une fleur jaune. Et même chose pour le général Charles de Gaulle qui ne fumait plus en 1958, mais qui fumait en 1940, et qu’on a représenté dans sa voiture, sous son képi, ses deux étoiles et son air sombre, avec un petit bouton d’or en bouche à la place de sa cigarette. J’espère qu’on ne dénaturera pas les photos historiques. Ça c’est mon vœu pour 2008.

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