Bonjour à tous…. Deux films dans la presse d’aujourd’hui. Un western avec ses deux héros engagés dans une lutte à mort, et un court-métrage, à la manière des documentaires qui ouvraient les séances de cinéma d’autrefois. Je commencerai par le court-métrage tourné en Languedoc-Roussillon, avec sa vedette Georges Frêche que l’EXPRESS présente comme un tyran titanesque, « cynique, démagogue et grossier». Ce qui n’empêche pas mon confrère de reconnaître à la star de Montpellier un caractère complexe d’intellectuel brillant, doublé d’un génie de la stratégie. Le NOUVEL OBSERVATEUR consacre lui aussi, un dossier au « Roi Georges » tandis que le PARISIEN publie ce matin un courrier adressé par Georges Frêche à Laurent Fabius, à propos de ce que le patron de la région Languedoc-Roussillon appelle un « incident d’expression » sans connotation religieuse ! Entendez que l’on peut dire de l’ancien Premier Ministre socialiste : « Ce mec a une tronche pas catholique » sans être taxé d’intolérance aussi extrême que vulgaire. Je me souviens d’un temps où un ministre disparu n’avait vu dans l’étudiant-rebelle Cohn-Bendit qu’un juif allemand joufflu. Et nous avions défilé en criant : « Nous sommes tous des juifs allemands ». Autres temps, autres mœurs ! Désormais, les protestations se font plus discrètes. Et Laurent Fabius a pu déclarer hier au journal de France 3 Normandie, qu’il avait reçu de nombreux messages de soutien, venus, aussi bien de la droite que de la gauche. Restent, dans les journaux ce matin, toutes les questions sur les conséquences qu’aura le dernier dérapage de Georges Frêche sur les prochaines élections régionales. Eric Hacquemand écrit dans le PARISIEN que les Montpelliérains comptent les points, mais qu’il sera difficile de déboulonner l’ancien maire de Montpellier. Car si le Parti socialiste condamne son dernier dérapage, en coulisse beaucoup de ténors nationaux semblent vouloir garder le contact avec la Fédération Languedoc-Roussillon, qui pèse lourd dans les congrès. LIBERATION en juge autrement et prétend – je cite – que Frêche va se prendre le PS de Martine Aubry dans la tronche et affronter une liste, socialiste-écolo, aux élections régionales du mois prochain. On verra bien. En attendant, en guise de générique de fin du court-métrage sur le Roi Georges que Jean-Luc Mélenchon appelle le « Néron de Septimanie », je vous propose un florilège de ses déclarations tonitruantes qui l’apparentent peu ou prou, à tel ou tel leader de la droite extrême. Vous pourrez les retrouver, soigneusement classées et datées dans l’EXPRESS, le MONDE, le FIGARO, LIBERATION, le JOURNAL du DIMANCHE. La dernière en date n’est pas méchante. Je suis, dit Georges Frêche, le Villepin de Martine Aubry, avant d’annoncer son soutien à Dominique Strauss-Kahn ! Mais en voici d’autres… Celle-là, adressée en 2009 à son premier adjoint. « Salut traitre… je vais te couper les couilles… et tu ne t’en rendras même pas compte ». Et celle-ci, adressée à un autre élu, le professeur de médecine Touchon : « Toi, je vais te saigner comme un poulet ». Frêche encore, lâche un jour selon l’EXPRESS : « J’aurais du me présenter à Toulouse. Quand j’étais étudiant dans cette ville, j’ai baisé 40 % des Toulousaines ». Tartarinades… Mais il y a plus grave. En 2006, Georges Frêche évoque l’équipe de France de football et déclare, comme le rappelait hier LIBERATION : « Dans cette équipe, il y a neuf blacks sur onze. La normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre ». La même année, le Roi Georges s’en prenait aux harkis et jetait : « Les gaullistes ont massacré les vôtres en Algérie et vous allez leur lécher les bottes. Vous n’avez aucun honneur. Vous êtes des sous-hommes ! ». Sous-hommes… En allemand c’est « Untermenschen » et on sait à quelles catégories de victimes fut appliqué ce terme : Unter-menschen… inférieurs… choses.. « Stück ». Et je n’aurai garde d’oublier le Georges Frêche traitant ses électeurs de cons et de connes, ou saluant en Nicolas Sarkozy, le premier Juif Président de la République. Bref, pour le seigneur de la région, il y a foule en France, blacks, beurs, feujs avec des tronches pas catholiques ! Bonbons… caramels… esquimaux… chocolats… Le grand film… Clearstream, avec dans les rôles secondaires… Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud et dans les rôles principaux… Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy et le Procureur Jean-Claude Marin. Dans la salle, les gens… les vraies gens, comme dit Bruno Frappat dans la CROIX. Avant d’écrire qu’ils n’ont pas la grande forme… Et de demander « Et lui, le Président de la république… comment va-t-il à mi-mandat ? ». Il est sous tension, répond le PARISIEN, comme Dominique de Villepin, avant le procès en appel, attendu l’année prochaine. Un procès, qui selon le JOURNAL du DIMANCHE va relancer l’affaire Clearstream et peser lourdement sur l’élection présidentielle de 2012. LIBERATION qui titrait hier vendredi… Villepin relax… Sarkozy, furax… publie aujourd’hui en caractères d’affiche, la déclaration de guerre de Villepin hier sur Canal plus. Le Président a-t-il dit, préfère persévérer dans sa haine que d’être garant de la justice. Et l’ancien Premier Ministre d’accuser le cabinet noir de l’Elysée d’avoir tenu la main du Procureur de la République, Jean-Claude Marin. « Allégations mensongères » réplique Claude Guéant, tandis que dans le FIGARO, Anne Fulda s’étonne d’une justice décidément très médiatique. « Hier matin », écrit-elle, « j’ai décidé d’interjeter appel de cette décision, annonce Jean-Claude Marin, procureur de la République. En clair : le parquet fait appel de la relaxe prononcée la veille pour Dominique de Villepin. Pas de doute : c’est un scoop, un joli coup pour Europe 1. Mais il n’en relève pas moins d’une bizarrerie médiatique. Entendre un juge, soupçonné par certains d’avoir agi sous pression, indiquer en exclusivité à la radio sa décision est pour le moins troublante. On a entendu un président de la République, qui n’a pas démenti avoir souhaité accrocher son adversaire « à des crocs de boucher », parler de « coupables » pendant l’audience. On a aussi vu un ancien premier ministre prendre les Français à témoin et se poser en martyr politique sur le pas de la salle d’audience. Comment s’étonner après que la justice ne voit son image ternie ». Quid de la fin du film ? Réponse dans les Pensées de Pascal au chapitre justice-force. « La justice… se discute… mais la force s’impose ! » « Ne pouvant trouver le juste… on va trouver le fort ! ».

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