Bonjour à tous. Il y a bouclier et bouclier ! Si vous bénéficiez du bouclier fiscal, vous ne tenez pas à faire la une du journal ! En revanche, si comme les joueurs de rugby Clermontois vous arrachez le bouclier de Brennus aux Catalans, vous laissez éclater votre joie sur les photos des grands journaux dominicaux. « Que du bonheur », disait tout à l’heure à la radio Aurélien Rougerie, le capitaine emblématique des Auvergnats, après leur triomphe d’hier au soir au Stade de France de Saint-Denis… Il fallait le faire en effet : 19 à 6 et un sacre en finale, au terme de dix tentatives ratées ! Et tant pis si au Festival des mots de la Charité-sur-Loire, où vous vous trouvez, chers amis de France Inter, vous avez dénoncé a raison hier la banalité de l’expression «que du bonheur » ! Usée à force d’avoir servi… Mais quand le bonheur est là, on ne voit que lui… Tout comme on l’entend… au bruit qu’il fait en partant ! Ce soir à Clermont-Ferrand, les supporters des nouveaux champions de France, vont faire un sacré boucan que préfigure dès ce matin, la vue des quotidiens : l’EQUIPE, le JOURNAL du CENTRE, la DEPECHE du MIDI, le DAUPHINE, le BERRY REPUBLICAIN et naturellement la MONTAGNE de Clermont-Ferrand exultent. Tandis que l’INDEPENDANT de Perpignan pleure son bouclier de Brennus perdu, avec un titre qui se veut consolateur : « nous reviendrons ». Suit cette explication fair-play, comme on l’est au rugby : « la défaite catalane est logique, même si les Perpignanais sont eu plusieurs fois hier soir l’occasion de revenir dans le match ». Le JOURNAL du CENTRE souligne lui aussi, que les Catalans se sont bien battus, avant d’insister sur l’intelligence tactique et le sang-froid qui ont permis la victoire aux Auvergnats. Dieu sait si Alexandre Vialatte, l’écrivain, journaliste au quotidien la MONTAGNE aurait aimé décrire cette joie justifiée des Auvergnats. Lui qui disait « le Bonheur c’est comme le saucisson. Il faut le découper en tranches et le manger à plusieurs autour d’une table épaisse, dans une auberge de village, avec une bouteille au milieu ». Vialatte qui terminait ses chroniques avec une formule sans aucun rapport avec le sujet évoqué, mais aujourd’hui d’une brûlante actualité… « Et c’est ainsi qu’Allah est grand ! ». Il me semble que le talentueux journaliste de la MONTAGNE signait aussi dans ELLE, du temps d’Hélène Gordon-Lazareff. Encore faut-il que j’interroge Philippe Meyer, adorateur de Vialatte pur savoir si c’est dans ELLE ou dans la MONTAGNE qu’il écrivait : « Je suis un auteur notoirement méconnu ». Ou encore : « Pascal aimait tellement l’Auvergne qu’il naquit à Clermont-Ferrand ». Et ces deux boutades inoubliables : « En Auvergne, il y a plus de montées que de descentes ». Et : « L’homme n’est que poussière, c’est dire l’importance du plumeau ». J’en viens aux deux événements hexagonaux qui marquent cette journée de dimanche : la fête des Mères et aux flèches décochées par Martine Aubry sur Nicolas Sarkozy. Sur la fête des mamans, je serai bref, me souvenant que Philippe Pétain l’avait inscrite au calendrier de l’Etat français, un an avant la rafle du Vel d’Hiv. Huit ans plus tard, la France libérée et redevenue République, la célébrait à nouveau au mois de mai, sous l’égide du Ministère de la Santé. Ce n’est qu’en 2004 que l’organisation de la fête des mères fut confiée au secrétaire d’Etat, chargé de la famille, dans une perspective sociale et moins nataliste. C’est pourquoi ce matin, le journal NORD ECLAIR de Roubaix ouvre un dossier intitulé « Etre mère en 2010 » et légende sa photo centrale d’une jolie maman face à deux beaux enfants, d’une question : « Comment font aujourd’hui les mères pour concilier leur vie de famille avec le travail, tout en s’épanouissant ». Le journal l’ALSACE de Mulhouse présente à ses lecteurs deux Mères Courage, avec enfants handicapés et faibles ressources. Quant au PARISIEN dimanche, il titre sur cinq colonnes à la une, façon Etore Scola : « On n’a jamais tant aimé nos mères ». Avec ce qu’il faut de témoignages people, et aussi, celui de Nadine Morano, la secrétaire d’Etat à la famille. Légende de la photo du PARISIEN : « Avec maman, qui compte énormément pour moi, je ne me comporte pas en copine, mais on fait les boutiques ensemble. » Ranson, le caricaturiste du PARISIEN, a sur le même sujet, un sentiment plus acide. Il dessine un petit garçon, qui dit à sa mère chérie : « Maman, je souhaite que tu sois toujours jeune et active. » Ah bon, dit la mère : « Toi aussi, tu veux t’attaquer à ma retraite. » Ce qui m’amène tout droit, à la polémique rude, rude, qui saisit les socialistes de Martine Aubry et les supporters UMP de Nicolas Sarkozy. Hier, à la Plaine Saint-Denis, le PS a ratifié à l’unanimité son projet de société défendu par Martine Aubry. La presse dominicale, du JOURNAL du DIMANCHE à OUEST-FRANCE et SUD-OUEST y revient ce matin en reprenant les mots de la première secrétaire. Mots flèches décochés contre le chef de l’Etat. En effet, la première secrétaire s’est lancée dans une diatribe contre Nicolas Sarkozy en qui les Français n’ont plus confiance, qui n’a plus de camp et préfère attaquer nos propositions. Puis Martine Aubry a ironisé sur ses leçons en matière de gestion. « J’ai », a-t-elle dit, « un peu l’impression quand Nicolas Sarkozy nous donne des leçons de maîtrise budgétaire que c’est un peu Monsieur Madoff qui administre quelques cours de comptabilité ». Il faut dire que Madame Aubry n’avait pas apprécié l’accusation lancée par Nicolas Sarkozy contre la politique économique de François Mitterrand. Ce qui me rappelle l’histoire des trois enveloppes.

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