Bonjour à tous… Au Kiosque, ce dimanche, la vie, la mort, l’amour… comme tous les jours. Avec aussi, ce qu’il faut bien appeler, les difficultés de l’hiver, les injustices d’une société inégalitaire, et ce constat exprimé, ce matin par Jacques Attali, dans « Le Parisien » : « Nous sommes entrés dans un univers de précarité générale ». Le caricaturiste Ranson illustre cette affirmation en dessinant deux SDF allongés sous des tentes de fortune. « Ça ouvre quand les restos du cœur », demande le premier ? « Je ne sais pas », répond son collègue en précarité. « Je suis nouveau. Avant j’étais dans la finance ». Au-dessus du dessin de Ranson, et de l’interview de Jacques Attali, cette information. La 24ème campagne des Restaurants du cœur, créée en 1985 par Coluche, débute demain. Avec l’aide de 450.000 donateurs, et de nombreux bénévoles, ils prévoient de servir cet hiver cent millions de repas, et s’attendent déjà, à une affluence record. Ma consoeur Frédérique Jourda, remarque que cet afflux massif de gens dans le besoin, s’explique par l’arrivée de nouvelles populations qui ont pourtant un travail : familles monoparentales, salariés précaires, artisans, agriculteurs… Ce que Jacques Attali confirme en rappelant que sans croissance, les richesses se concentrent, et les inégalités s’aggravent. D’où ce phénomène de déclassement, et d’ascenseur social qui descend, au détriment des perspectives de carrière qui seront moins bonnes pour les enfants que pour leurs parents. Oui, constate encore Jacques Attali, « les salariés sont de plus en plus pauvres : le logement, le transport, l’alimentation, tout ce qui est nécessaire pour survivre est de plus en plus cher, alors que, paradoxalement, les produits pour les riches, comme les loisirs, les téléphones, les ordinateurs, le sont de moins en moins ». Et le président de Planet-finance conclut : « D’une certaine façon provocatrice, on peut dire que ça coûte plus cher d’être pauvre que d’être riche ». « Le Monde », de son côté, souligne que bien avant la crise financière, la hausse des prix de l’alimentation, de l’énergie et des loyers, a fragilisé un peu plus les personnes en situation de pauvreté. C’est même la raison pour laquelle, 37 associations demandent au gouvernement de se mobiliser, face à la spirale de la précarité. Monsieur Alain Seugé, Président de l’Association des Banques alimentaires, qui ont recueilli nos dons en nature hier et avant-hier, à la porte des supermarchés… Monsieur Alain Seugé donc, a signalé lors d’une conférence de presse du réseau Alerte, qu’il a fallu aider en 2008, 100.000 personnes supplémentaires. Parmi elles 15 % ont un emploi. 18 % sont des chômeurs indemnisés, et 14 % sont des retraités pauvres. « Le Monde », daté de ce dimanche, fait justement sa manchette, sur les disparités entre retraités. Pour certains sexagénaires, tout va bien : patrimoine, revenu disponible… ces Français heureux de 65 ans et plus, consommateurs de produits faiblement taxés, seraient avantagés, selon « Le Monde », et l’Insee par le système fiscal qui opère un transfert, instantané en leur faveur. Et cela, bien entendu, au détriment des plus jeunes. Mais attention, conclut l’éditorial du « Monde », tous les sexagénaires ne sont pas bienheureux. Selon l’Insee, les 10 % de retraités les plus modestes, avec leurs 888 euros par mois, sont juste au-dessus du seuil de pauvreté. Les femmes sont pénalisées, avec une moyenne de retraite inférieure de 38 % à celle des hommes. Et le bien-être des sexagénaires risque de ne pas dépasser l’horizon 2015. Plantu, illustre ce dossier consacré, au bonheur provisoire des Français âgés et bien dotés, d’un dessin où l’on voit un sexagénaire en balade, au soleil. A l’arrière-plan, des jeunes gens faisant le pied de grue à la porte de l’ANPE… « Hé là, les vieux », s’écrient les jeunes chercheurs d’emploi, « vous ne pourriez pas siffloter moins fort ? Y’en a qui voudraient travailler ». A côté du dessin de Plantu, ce titre du « Monde » : « La crise n’épargne pas l’immobilier de prestige… Entendez les appartements et les maisons de plus de 1 million d’euros ». « Le Parisien » contredit cette information, en affirmant que l’immobilier haut de gamme résiste à la crise. Une photographie semble vouloir le prouver. Elle est prise de l’intérieur, d’un hôtel particulier à Montmartre : 650 m2, avec vue panoramique sur la capitale. Rêvons un peu, devant ce très haut de gamme, écrit « Le Parisien »… Avec 10 millions d’euros il est à vous ! Et vous disposerez, avec toutes les commodités, d’une piscine, d’un hammam au sous-sol, et d’une salle de cinéma au rez-de-chaussée. « Le Parisien » ne donne pas la nationalité du client éventuel. Saoudien ? Américain, Russe, peut-être allemand… C’est le Frankfurter Allgemeine Zeitung qui signalait jeudi que les revenus de Monsieur Wendelin Wiedeking, le Président de Porsche, tournaient cette année autour de 77 millions d’euros… Marie de Vergès dans « Le Monde » daté dimanche-lundi, reproduit la nouvelle et traduit… Cela fait pour le patron de Porsche une moyenne de 21.346 euros de l’heure. A ce prix, même en temps de crise, cela vaut le coup de se lever, pour aller bosser ! Le journal « La Tribune » du week-end a donc raison, lui aussi, de titrer : « Les marchés voient enfin la vie en rose ». Cinq jours de hausse à Wall Street et semaine record du CAC 40… Détente sans précédent sur les emprunts d’Etat américains ». Bizarrerie des temps, de crise, heureux pour les uns, difficiles pour les autres… Ce qu’exprimait parfaitement déjà, Jacques Prévert en 1931, dans sa « Tentative de description d’un dîner de têtes à Paris-France » : « Le soleil brille pour tout le monde, il ne brille pas dans les prisons, il ne brille pas pour ceux qui travaillent dans la mine, ceux qui écaillent le poisson ceux qui mangent de la mauvaise viande ceux qui fabriquent des épingles à cheveux ceux qui coupent le pain avec leur couteau ceux qui passent leurs vacances dans les usines ceux qui ne savent pas ce qu'il faut dire ceux qui traient les vaches et ne boivent pas le lait ceux qu'on n'endort pas chez le dentiste ceux qui crachent leurs poumons dans le métro ceux qui fabriquent dans les caves les stylos avec lesquels d'autres écriront en plein air que tout va pour le mieux ceux qui en ont trop à dire pour pouvoir le dire ceux qui ont du travail ceux qui n'en ont pas ceux qui en cherchent ceux qui n'en cherchent pas ceux qui donnent à boire aux chevaux ceux qui regardent leur chien mourir ceux qui ont le pain quotidien relativement hebdomadaire ceux qui l'hiver se chauffent dans les églises ceux qui croupissent ceux qui voudraient manger pour vivre ceux qui voyagent sous les roues ceux qui regardent la Seine couler ceux qu'on engage, qu'on remercie, qu'on augmente, qu'on diminue, qu'on manipule, qu'on fouille qu'on assomme ceux dont on prend les empreintes ceux qu'on fait sortir des rangs au hasard et qu'on fusille ceux qu'on fait défiler devant l'Arc ceux qui ne savent pas se tenir dans le monde entier ceux qui n'ont jamais vu la mer ceux qui sentent le lin parce qu'ils travaillent le lin ceux qui n'ont pas l'eau courante ceux qui sont voués au bleu horizon ceux qui jettent le sel sur la neige moyennant un salaire absolument dérisoire ceux qui vieillissent plus vite que les autres ceux qui ne se sont pas baissés pour ramasser l'épingle ceux qui crèvent d'ennui le dimanche après-midi parce qu'ils voient venir le lundi et le mardi, et le mercredi, et le jeudi, et le vendredi et le samedi et le dimanche après-midi ». Guilham Beauquier, dans « l’Union » écrit : « Honte aux pauvres. La crise ? Pas pour tout le monde ». Quelques sujets, encore, qui donnent à penser… la vie, la mort après Bombay... La vie... avec « Nice Matin », et ces bébés échangés il y a 14 ans, comme dans le film de Chatilliez, les Duquesnoy... et les Groseille. Les socialistes… amours, désamours étudiés dans le Figaro Magazine et par Sollers, dans « Le Journal du Dimanche ». « Cela se passe en France, au petit matin, quand la police vient arrêter un journaliste à son domicile. Il s’agit de Vittorio de Filippis, journaliste à ″Libération″, membre de la direction du journal, qui a été PDG et directeur de la publication de juin à décembre 2006. Interpellé chez lui à l’aube, vendredi 28, il a été menotté, humilié, insulté devant ses enfants. Motif de cette mesure d’extrême urgence : le site de ″Libération″ a hébergé un commentaire d’internaute contesté »...

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