La revue de presse de Frédéric Pommier.

Quelle trace laisse-t-on sur terre une fois qu’on n’y est plus ? C’est la question qu’on se pose à certaines étapes de sa vie… Quand on prend de l’âge, souvent… Un anniversaire de plus. Ou alors quand on tombe malade. Et parfois, on réalise que des traces, on n’en laissera aucune… Parce qu’on n’a pas été quelqu’un d’exceptionnel. Rien fait d’exceptionnel. Rien créé ni rien fait pour que le monde se porte mieux… Mais lorsque l’on meurt, il arrive tout de même que certains prennent la plume pour dire leur peine et dire qu’ils pensent à celle ou à celui qui s’est éteint. C’est ce que fait, ce week-end, Bruno Frappat dans LA CROIX, avec une chronique qu’il a très sobrement titrée « Le Monsieur du sixième ».

« Le monsieur du sixième est décédé. Dans la discrétion. Comme il avait vécu. Enfin disons plutôt qu’il s’est éclipsé, comme on le voyait faire quand, par extraordinaire, il franchissait le seuil de l’immeuble cossu pour aller s’acheter des cigarettes, toujours la même marque mentholée, par cartouches entières… » De son voisin, Bruno Frappat ne savait pas grand-chose. Tout juste qu’il était le doyen de l’immeuble et que dans sa jeunesse, il avait exercé le métier de contorsionniste. Il n’était pas causant, excepté avec la gardienne. Il avait peu de famille. Juste une sœur dans le Sud-Ouest, mais ils étaient brouillés. Et puis il est tombé malade et il est mort à l’hôpital. « Il est sorti de la société et de nos vies par la petite porte », conclue le chroniqueur. Et son très joli texte est une forme d’hommage à tous ceux qui meurent sans qu’on s’en aperçoive. Un hommage à tous ceux qu’on n’a pas pris le temps de regarder.

Eux, à l’inverse, ils aiment quand on les regarde. Et ils rêvent de laisser une trace importante sur la terre… Changer la face du monde, entrer dans les livres d’Histoires. Là, bien sûr, je veux parler des hommes et des femmes politiques. Et comme chaque dimanche, ce sont eux qui font la Une des journaux ce matin.

Photo pleine page d’Alain Juppé à la Une du JOURNAL DU DIMANCHE : « A-t-il déjà gagné ? » Le maire du Bordeaux reste le grand favori de la primaire de la droite et du centre à trois semaines du premier tour. D'après le sondage IFOP publié dans l'hebdomadaire, ce sont surtout, d'ailleurs, les électeurs du centre qui le plébiscitent, ceux de droite préférant Nicolas Sarkozy... Dossier sur les forces et les handicaps de l'ancien Premier Ministre... Ses forces, c’est avant tout son entourage : une garde rapprochée d'une dizaine de personnes, plusieurs milliers de bénévoles et environ "200 cerveaux" – oui, 200, c’est énorme… Des experts, des hauts fonctionnaires et des chefs d'entreprise qui planchent sur son programme... Quant à ses handicaps, le JDD en liste 8, le tout premier étant la peur des électeurs fantômes : ceux qui disent qu’ils voteront pour lui, mais qui, pensant que la victoire est acquise, ne se déplaceront pas le jour du scrutin…

Dans le même journal, vous pourrez lire aussi l’interview super-optimiste accordée par Arnaud Monteboug. « L’alternative à Hollande, c’est moi ! », assure-t-il, précisant que pour la future campagne, il est prêt avec faire alliance avec le parti communiste, mais pas avec Jean-Luc Mélenchon. Quant à Manuel Valls, qui a dit sa colère devant les récentes confidences du président de la République, il l’appelle à démissionner et à se présenter lui aussi, pour aller jusqu’au bout de sa visible exaspération.

Toujours dans le JDD, on apprend que Valéry Giscard d’Estaing livre toujours ses conseils à François Fillon. Et si, contre toute attente, c’est Fillon qui remporte la présidentielle, Giscard lui suggère de faire appel à Natacha Polony pour le ministère de l’Education !

On apprend également, c’est tout aussi anecdotique, mais pas sans intérêt : on apprend que Marine Le Pen a offert récemment un chaton à Robert Ménard. Mais ledit chaton a ravagé l’appartement du maire de Béziers, allant jusqu’à terroriser son labrador. Ménard a craqué et l’a refilé à des copains… Robert Ménard qui, on le sait, ne voulait pas de réfugiés chez lui… pas de chat, pas de réfugié.

Mais si l’on en croit LE MONDE, l’accueil de ceux qui ont quitté ce qu’on appelait tristement « la jungle » se fait aujourd’hui « sans heurts »… 6.000 exilés venus de Calais ont été répartis dans les 280 centres d’accueils répartis dans le pays. Nombreux sont pourtant ceux qui sont venus gonfler les campements installés sous certains métros de Paris, mais eux aussi devraient rejoindre prochainement les centres d’accueil.

A ce propos, on estime du reste à 10.000 le nombre de Français qui ont aujourd’hui proposé d’ouvrir leurs portes aux réfugiés. 10.000 personnes l’ont proposé, et 250 l’ont fait à travers le dispositif CALM, signifiant « Comme A La Maison »… C’est dans ce cadre-là que Farshad, 35 ans, Parisien qui navigue entre l’animation et la production musicale, a accueilli chez lui un jeune Syrien pendant deux mois… Il raconte son expérience dans le mensuel NEON et, d’emblée, il prévient : « Je ne suis pas l’Abbé Pierre et pas un adepte de ce qu’on appelle les ‘bons sentiments’… »

Mais au printemps dernier, un reportage à la télé lui « vrille » littéralement le cœur… On y voyait une mère syrienne pataugeant dans une rivière en serrant son môme dans les bras.

Ses bras à lui, Farshad décide alors de ne pas les laisser croisés. Et sans doute parce qu’il est lui-même un exilé – ses parents ont quitté l’Iran quand il n’avait que quelques mois, il a donc contacté une association qui met en lien des réfugiés et des particuliers prêts à les héberger. Et c’est ainsi qu’on lui a présenté Rudi, journaliste syrien maintes fois écroué dans les geôles d’Assad pour délit d’opinion. Il y a connu la torture, a perdu des dizaines de proches. « On s’est regardé, et j’ai vu un mec épuisé. Epuisé mais digne et qui ne portait pas sa douleur en bandoulière. On s’est illico sentit ‘frérots’ », raconte-t-il…

Bien sûr, la cohabitation a nécessité, au départ, quelques ajustements. « En propriétaire mesquin, j’avoue que j’ai d’abord craint qu’il me pique des trucs. Et Rudi, lui, avait tendance à se comporter chez moi comme une femme de ménage, pour s’excuser d’être là. » Ensuite, ce ne fut qu’une vie de partage. Le quotidien, les soirées, jusqu’à ce que Rudi trouve un appartement à louer. Deux mois de cohabitation, et une amitié devenue indéfectible. « Ce mec, c’est ma plus rencontre », reconnaît Farshad. « Et en l’hébergeant, j’ai semé de bonnes graines. C’était totalement gratos, mais ce que cela m’a apporté n’a pas de prix. » Parfois, certains laissent de jolie traces sans même s’en rendre compte.

Témoignage simple et lumineux, à lire donc dans le mensuel NEON. Magazine dans lequel vous découvrirez par ailleurs que les Européens ingurgitent en moyenne 500 grammes d’insectes par an… Un demi-kilo, oui, tout de même… Il y a ceux que l’on gobe sans s’en rendre compte, et surtout tous ceux qui s’immiscent dans nos aliments : les fruits et les légumes. Vous découvrirez également que l’on nage aussi vite dans le sirop que dans l’eau – c’est bon à savoir si jamais vous plongez dans une piscine de grenadine… Vous apprendrez en outre qu’un Français passe en moyenne 3 ans et 10 mois dans une voiture tout au long de sa vie. D’après une étude très sérieuse, de sa naissance à sa mort, on mangerait dans une voiture 2953 fois, on chanterait dans une voiture 4803 fois, mais on y ferait l’amour uniquement deux à trois fois.

En voiture, il arrive aussi que certains aient envie de dormir… Et souvent, c’est parce qu’ils n’ont pas assez dormi la nuit… En France, 15 millions de personnes, au bas mot, souffrent de troubles du sommeil et, ce matin, le sujet fait la Une du PARISIEN… « Comment mieux dormir ? » C’est précisément la question que pose le journal. Il pose la question et il apporte ses réponses… Avant de se coucher : faire un dîner léger… Régler la température de sa chambre à 18 degrés et surtout fermer les volets pour obtenir un noir complet… Eviter, en outre, tous les excitants… Eviter les écrans, la télé, les ordinateurs, mais éviter aussi de se coucher trop tôt, quand on n’a pas encore sommeil… Et le quotidien de préciser que la France est aujourd’hui le pays où l’on consomme le plus de somnifères… Ce serait donc bien « le mal du siècle », et un mal aux effets multiples : irritabilité, obésité, burnout… Mal dormir est d’ailleurs devenu un tel fléau qu’une cinquantaine de centres du sommeil ont désormais ouvert à travers le pays, afin d’accueillir les patients les plus sévères, certains souffrant d’insomnie depuis plus de dix ans !

Un dossier santé également dans 60 MILLIONS DE CONSOMMATEUR qui lui, s'intéresse aux petites maladies du moment : le rhume, la toux, l'état grippal. Enquête sur les médicaments qui ne servent strictement à rien, et peuvent même être dangereux… Sur 41 produits testés, seuls 3 se sont révélés à la fois utiles et sans danger. Il s’agit du PHYSIODOSE, du PSYSIOMER et du STERIMAR EAU DE MER. Tous les autres sont non seulement très peu efficaces, mais en prime avec des effets indésirables importants... Sachant pour le rhume, mieux vaut s'en tenir à l'adage : « un rhume non traité dure une semaine, un rhume traité dure sept jours ».

Enfin, sur le site de LIBERATION, vous pourrez découvrir d’autres conseils de vie : ceux d’Emma Morano, la doyenne de l’humanité, qui fêtera le 17 novembre ses 117 ans… Vivant à Verbania, petite ville italienne située au bord du lac Majeur, Emma Morano est la dernière personne connue au monde à être née avant 1900… Elle, visiblement, elle se moque de la trace qu’elle laissera sur terre, si ce n’est peut-être les secrets de sa longévité… En l’occurrence, un régime alimentaire qui ne correspond en rien à ce que recommandent les diététiciens : elle ne mange que des biscuits et des œufs. Deux œufs crus le matin, et un en omelette le midi… Depuis sa naissance, elle en aurait ainsi avalé plus de 100.000, estime son médecin. Et sur ce, je vous souhaite un excellent petit-déjeuner !

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