Ivan Levaï – Revue de presse – France Inter dimanche 30 septembre 2007 Bonjour à tous… … Un jour les voyous de Marseille M’ont fait goûter à leurs bouteilles Au fond d’un bistrot mal famé Où j’attendais de m’embarquer. Ils m’ont raconté leurs voyages Et de bastringue en bastingages Ils m’ont saoulé de tant de bruit Que je ne suis / jamais partie Marseille, tais-toi Marseille Tu cries trop fort Je n’entends pas claquer Les voiles dans le port ! Quinze-heures, cet après-midi, au stade Vélodrome de Marseille la France doit absolument battre la Géorgie, pour accéder aux quarts de finale de la Coupe du Monde de rugby. Le journal LA PROVENCE fait de l’événement, son titre principal avec sur une immense photo du XV de France, ce slogan joyeux « Tout le vélodrome derrière les bleus ». « Marseille, tais-toi Marseille, tu crie trop fort ». Avouez qu’elle est bien adaptée à l’actualité cette chanson de Maurice Viladin et Jacques Datin, qu’ont popularisée autrefois et Colette Renard et Barbara. Avouez aussi, que Nicolas Sarkozy et François Fillon ont bien de la chance, de pouvoir descendre d’un coup de vélo cet après-midi jusqu’au stade Vélodrome, pour se mêler aux soixante-mille spectateurs marseillais que le rugby passionne aussi. La preuve, dans le journal LA PROVENCE d’aujourd’hui mes confrères Philippe Larue, Laurent Blanchard et Cyrille Pomero, disent à leur manière, qu’il n’y a pas que le football et l’OM dans la vie. Il y a aussi le rugby. Et d’ailleurs, on se souvient très bien dans la cité phocéenne, des années marseillaises de Sébastien Chabal. La star du XV de France a passé son bac professionnel rue des Bons enfants, dans le VIème arrondissement. Il était inscrit en productique mécanique et il étudiait en alternance. Quinze jours au centre, quinze jours à l’usine là-haut près de Valence. « C’était un bon gamin, dit aujourd’hui à LA PROVENCE, l’actuel directeur du centre de formation, M. Glaize. Chabal était très correct, très sérieux, très gentil, même s’il arrivait en retard le lundi matin, à cause des déplacements de la veille pour le rugby. Ce qui ne l’a pas empêché de décrocher son bac professionnel avec mention. Le professeur de mécanique de Sébastien Chabal, ajoute à ce rappel son propre souvenir d’un élève discret, timide qui ne profitait pas de son gabarit pour en imposer. Il représentait dit-il, la force tranquille, celle qui ne fanfaronne pas et n’élève jamais la voix. A 19 ans, Chabal avait le cheveu ras, pas un poil de barbe mais sa stature, lui permettait déjà de servir de garde du corps de sa professeure de français. » Tout cela, on peut le lire sur une pleine page de LA PROVENCE. Laquelle n’oublie pas, les géorgiens qui vont affronter les Bleus tout à l’heure. Un joueur, retient l’attention de mes confrères marseillais, c’est Mamuka Magrakvelidze, le pilier géorgien qui vit en France depuis 7 ans, et qui joue au Metro Racing. La PROVENCE cite une jolie phrase de Mamuka dont on se souviendra cet après-midi, en écoutant les hymnes nationaux. « La Marseillaise, dit en effet, le pilier géorgien est pour moi comme un second hymne national. J’aurai beaucoup de frissons, quand je l’entendrai au stade Vélodrome devant 60.000 personnes. » Marseille tu cries trop fort, dès ce matin… Que sera-ce donc tout à l’heure, si les Bleus battent la Géorgie et gagnent le point bonus. Et imaginez qu’à 17 heures, l’Irlande batte l’Argentine. Si les Pumas perdent, la France peut parfaitement finir première. Chérie, qu’est-ce qu’on fait cet après-midi ? Rien, ou plutôt tout, on sera devant la télé pour un dimanche-rugby. D’ailleurs, le journal L’EQUIPE le dit, le quotidien du sport et de l’automobile le dit en gros titre : « Un long dimanche de rugby » sans point d’exclamation à la fin. C’est donc un constat, et peut-être un soupir. Sous la manchette de l’EQUIPE, une précision d’importance, à propos des deux matches du groupe D qui vont désigner les derniers qualifiés en quart de finale pour finir première et s’éviter les All Blacks à Cardiff, samedi prochain, il faut que la France batte la Géorgie avec le point de bonus… et il faut attendre le résultat du match Argentine-Irlande. Tout est possible, assure le PARISIEN. Ce que le caricaturiste Ranson, corrige d’un petit dessin, en page 2, où l’on voit Bernard Laporte demander au Président Sarkozy… « Eh Nicolas, si on doit jouer contre les All Blacks samedi prochain, est-ce que tu assisteras aussi au match ? - Non, répond le Président… mais je passerai vous voir à l’hôpital. » C’est assez curieux, sur le dessin de Ranson Laporte dit tu à Nicolas Sarkozy et Sarkozy vouvoie son parait-il futur ministre des sports… secrétaire d’Etat. Alors si Marseille crie trop fort… pour le peuple birman, contre Ahmadinedjab l’Iranien, et pour Guilad Shalit, le franco-israélien pris en otage depuis près de cinq cent jours… On ne crie pas assez fort… la presse pourtant, la presse toutes tendances confondues nous invite à crier et à nous mobiliser davantage. Dans le Journal du Dimanche, c’est Jacques Espérandieu qui s’émeut des ténèbres qui sont en train de recouvrir une partie de notre village global. Ainsi donc, écrit-il, rien n’y fait… Rangoun est assiégée, les soldats de la junte militaire patrouillent. La dictature tient solidement depuis 45 ans. En page intérieure du Journal du Dimanche, c’est Mohamed Yunus, prix Nobel de la Paix, l’homme du micro-crédit qui en appelle au bon sens international. La Birmanie s’écrie-t-il est une partie de moi-même. Vite, vite, imposons des élections et tentons d’imposer aussi la démocratie. Ce sera difficile… quand on lit le reportage de Catherine Wiener, envoyée spéciale du Journal du Dimanche à Rangoun, qui évoque, la peur des espions, et la peur tout court, avec ces bonzes désespérés qui clament : « Partez, partez, ce sont des animaux. » Dans LE PARISIEN, Henri Vernet, complète le tableau des régimes politiques dangereux en précisant le portrait d’Ahmadinedjad, le Président iranien qui veut détruire Israël, et qui ne craint pas d’expliquer publiquement cette semaine, (il l’a fait dans une conférence de presse aux Etats-Unis) qu’il n’y a pas d’homosexuels en Iran. Comment peut-on dire ça quand on est chef d’Etat. Dans Tribune Juive, Jean-Paul Kaufman, Arno Karsfeld et Françoise de Panafieu, rappellent qu’un otage est un otage, et que Guilad Shalit, franco-israélien enlevé en Israël au printemps 2006, devrait mobiliser l’opinion comme la franco-colombienne, Ingrid Betancourt nous a tous mobiliser et nous mobilise toujours. Unmot de politique française… Dans LE PARISIEN, Fabius-le-retour. Lequel retour de Laurent Fabius coïncide avec le départ de Dominique Strauss-Khan à Washington. Dans Nice Matin, Jean-Marie Rouart, reprend le mot de Françoise Giroud, à propos de Lionel Jospin et Ségolène Royal. Ce sont dit-il, deux ambulances qui se tirent dessus mais concède l’académicien, j’aime bien Lionel Jospin. Dans le JOURNAL Du DIMANCHE… Fillon Salué d’un joli titre : « Le premier ministre qui veut réformer, réformer est un homme libre et loyal. Enfin dans Réforme, l’hebdo des protestants, à propos de la politique étrangère de la France, ce titre : « Tout change et rien ne change ». Tiens, ça nous rappelle quelque chose. Le Figaro Magazine voit les choses autrement, avec Bernard Kouchner en couverture et le Parisien s’épate avec la presse britannique des love story bien de chez nous… Je vais vous citer : Bernard Kouchner et Christine Ockrent. Borloo.. Schomberg… Baroin-Marie Drucker… etc, etc… Les anglais s’épatent de ces love affaires… Je ne sais pas ce qu’il leur trouve tous aux vedettes de la télévision… Et j’en aurai terminé, dans le Monde, il y a un lexique formidable, le lexique caillera qui dit que l’argo est toujours venu des marges de la société. Vous savez ce qu’est une boite de six ? Comment dit- on faire l’amour ? Bouillave !

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.