Bonjour à tous… Ah les délices et les poisons de la politique française. Ce dimanche, vos journaux ne se lassent pas de raconter les petites et grandes bagarres des socialistes à La Rochelle. C’est « la bataille des héritiers » selon Le Parisien Dimanche. La lutte pour le leadership du PS s’est intensifiée en coulisse lors de l’université d’été du parti, à dix semaines du congrès de Reims. En page intérieure, le titre est plus alarmiste : « Les socialistes s’enfoncent encore dans la crise ». S’enfoncent ! Ils la creusent même si l’on en croit ce dessin de Ranson toujours dans Le Parisien. Chaque leader du PS est en train de creuser sa propre tombe alors que François Hollande leur dit : « Mes amis, essayons de sauvegarder au moins l’unité du parti ». « L’autodestruction se rapproche » constate Olivier Ferrand. Il est président de la Fondation Terra Nova, un laboratoire d’idées pour la gauche en général, et le PS en particulier. Pour lui, le malaise est profond. « La gauche n’a plus de François Mitterrand ou de Lionel Jospin pour s’imposer naturellement », dit-il. Et Olivier Ferrand compare « La Rochelle au Festival de Cannes du PS ». Dans le Journal du Dimanche, le cinéaste Bertrand Tavernier est encore bien plus dur. Le PS m’inspire un sentiment de désolation. Et Tavernier, qui a fait de nombreux films sur la grande guerre, compare les dirigeants socialistes à des généraux de la guerre de 14 qui s’agitent très loin du front, et intriguent pour décrocher une étoile supplémentaire tandis que leurs soldats sont envoyés à la boucherie. Bertrand Tavernier fustige à la fois Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. La déclaration de Ségolène Royal, dit-il, « aimez -vous les uns les autres ou disparaissez » est d’une sottise fascinante. Quant à Delanoë, son programme est fumeux et il nous fabrique à Paris une capitale bobo sans se préoccuper des Parisiens. Et Tavernier poursuit : « Nous n’avons peut-être pas la gauche la plus bête du monde, mais certainement la plus molle. Nicolas Sarkozy ne doit sa remontée dans les sondages qu’à la nullité de l’opposition de gauche, pas à sa politique cataclysmique. A côté des socialistes, Bayrou a l’air d’être Mendès-France ». Fin de citation. Fermez le ban. Dans Le Monde daté d’aujourd’hui, Robert Solé relève dans son billet que la phrase « aimez-vous les uns les autres, ou alors disparaissez » citée par Ségolène Royal, est une chanson de Juliette Gréco mais qu’elle est incomplète. Juliette Gréco chante : « Aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez sans faire de bruit, sans faire de vagues ». Et Robert Solé remarque : « La chanson ne précise pas à quel moment la discrétion doit s’exercer. Faut-il aimer en catimini ou disparaître sur la pointe des pieds ? ». Dans le premier cas, pas de problème : les éléphants socialistes sont certainement capables d’étouffer la passion violente qu’ils éprouvent les uns pour les autres. Mais s’il s’agit de quitter la scène sur la pointe des pieds, c’est une autre affaire. Heureusement, écrit Robert Solé, Ségolène Royal a précisé : « Ne le prenez pas au premier degré ». Ouf ! c’était une blague. Ils vont pouvoir continuer à s’étriper bruyamment. Voilà plusieurs jours que vos journaux commencent à en parler. De quoi ? de la rentrée bien sûr. Et oui parce que, comme nous le rappelle Le Journal du Dimanche, à partir de cette année, « le samedi, l’école est finie ». C’est la révolution du samedi libéré. Elle est « vécue comme un casse-tête ou une aubaine, la décision du chef de l’Etat fait débat ». Un spécialiste des rythmes scolaires estime que la semaine de quatre jours entraîne chez les élèves des difficultés de récupération. En revanche le sociologue Jean Viard, toujours dans le Journal du Dimanche, voit le samedi comme « le jour de l’amitié et des enfants ». L’idée que ce sont les élites parisiennes qui ont obtenu la suppression des cours le samedi matin pour pouvoir filer à la campagne dès le vendredi soir, cette idée est fausse dit Jean Viard. Tous les Français sont attachés au week-end en général, et au samedi en particulier. Pour beaucoup, bourgeois, bobos ou ouvriers, le samedi est l’occasion de faire des choses en famille ou avec les copains. Evidemment, Pédagogies Magazine de septembre fait un numéro spécial rentrée, c’est la moindre des choses. En couverture, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Environnement. « Les bons profs sont ceux qui m’ont aidé à fuir l’ennui », dit-elle. On attendait un peu plus d’originalité de cette forte en thème qui précise quand même que, pour elle, « la base de la réussite, c’est la curiosité. Elle est la vraie qualité à travailler chez les enfants ». Autre rubrique, « Moi et mon ado ». Les ados accros au multimédia. Ils surfent sur internet, téléphonent, regardent la télé, jouent aux jeux vidéos. Ces enfants multi-branchés sont un nouveau défi pour les parents. « Au secours » dit l’un d’eux, mon ado devient un cyborg. Le conseil de Pédagogies Magazine, c’est « débranchez-le ». D’ailleurs, Parents-profs pourraient devenir de vrais alliés. Comment, c’est ce que nous expliquent Psychologies magazine. Inquiets, déstabilisés, les parents exigent énormément de l’école et des professeurs. D’autre part, les enseignants sont des professionnels qui ont appris leur métier. Il faut donc les laisser l’exercer. Parents et enseignants n’ont donc pas le même rôle à jouer, mais il est possible de coopérer. Les pistes dans Psychologies magazine avec, mais c’est sûrement un hasard, un cancre en couverture : Jamel Debbouze qui avoue qu’il est « profondément timide et profondément exubérant », mais qu’il se dirige doucement vers ce qu’il appelle « l’adultariat », un mot à la Jamel qu’il a demandé à garder dans l’interview. Après la psycho, la philo. Philosophie Magazine se pose la question d’André Malraux : « Le XXIème siècle sera-t-il religieux ? ». Un dossier en quatre scénarios pour les décennies à venir. Soit le « regain des religions traditionnelles », soit « l’avènement de l’athéisme », soit « l’ère des spiritualités, les expériences mystiques », soit, plus sombre, « le choc des fanatismes ». Heureusement que la musique adoucit les mœurs. Dans ce même Philosophie Magazine, le portrait d’un virtuose original. François-René Duchâble a mis un terme à sa brillante carrière de pianiste. Il sillonne les routes à bord de son « pianocipède », un piano électronique sur un triporteur, afin de faire connaître son art aux néophytes. Sa mission, à la fois mystique, pédagogique et citoyenne, c’est de faire découvrir et aimer la musique, et sortir l’homme de son quotidien médiocre et ennuyeux. Allez, on termine par la « blonde » de la rentrée, Laurence Ferrari. Elle est en couverture de Challenges de cette semaine. Elle fait partie des 100 qui font ou (re)font la France selon le magazine. Chacun à sa façon dynamise la société française ou améliore son image. Ça va d’Anne Lauvergeon à Olivier Besancenot en passant par Abdellatif Kechiche, le cinéaste, Jean Nouvel, l’architecte, ou Rachida Dati. J’ai bien regardé, PPDA n’en fait pas partie.

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