Bonjour à tous. « La justice, disait Michel Audiard, c’est comme la Sainte Vierge. Si on ne la voit pas de temps en temps le doute s’installe ! ». La presse ce week-end doute tellement de la bonne foi du Procureur de Paris, critiqué pour avoir interjeté appel de la relaxe de Monsieur de Villepin, que ce matin tout le monde est sur le pont, pour défendre Jean-Claude Marin. Le Procureur de Paris, lui-même, qui dans le MONDE daté dimanche-lundi, réplique à tous ceux qui l’accusent d’avoir obéi à Nicolas Sarkozy : « Je ne dois ma carrière à aucun homme politique. Je fuis les dîners en ville. Je n’appartiens à aucun réseau. Et je ne souhaite pas transformer le match Sarkozy-Villepin en un duel Marin contre Villepin. Cette affaire est un piège. J’essaie de tracer mon sillon ». Dans la même édition du MONDE, l’ancien Garde des Sceaux Robert Badinter se montre plus suspicieux. Quand Pascale Robert-Diard lui demande si l’appel de la relaxe de Monsieur de Villepin est un acte de soumission du procureur à la volonté de Nicolas Sarkozy, Monsieur Badinter répond : « On peut s’étonner que le procureur ait annoncé cette décision à la radio. Mais sur le fond, c’est vrai, le parquet fait généralement appel contre tous les prévenus. Y compris celui qui a été relaxé ». « Mais », ajoute l’ancien ministre de la justice de François Mitterrand, « dans le cas de Monsieur de Villepin, il est évident que la décision de faire appel n’a pas été prise sans l’accord, sinon à l’initiative de la chancellerie et de l’Elysée. La conséquence, conclut Robert Badinter, c’est que le procès Clearstream va scander le quinquennat de Nicolas Sarkozy, jusqu’à son terme. Voire au-delà ! » . Au passage, l’ancien Garde des Sceaux s’inquiète de la réforme qui prévoit la suppression du juge d’instruction. « Comment imaginer », dit-il, « que le procureur enquêtera à charge et à décharge, dans les affaires d’Etat du type Clearstream ». Nous y revoilà… Avec Claude Askolovitch, qui dans le JOURNAL du DIMANCHE parle d’illusion tragique de l’Elysée, face à Villepin, qui énerve tout le monde mais qui n’est rien. Pas de parti, pas d’électeurs, sans autre constance que l’idée de lui-même. Nicolas Sarkozy devrait oublier ce Don Quichotte, mais il n’y arrive pas. Et voici la conclusion de mon confrère du JOURNAL du DIMANCHE. « Villepin, victime ? On devrait en rire. Mais d’aucuns y croient. Un danger ? On devrait négliger cette irréalité ? Néanmoins, ça peut venir, si cette chasse continue de mal tourner pour le chasseur Nicolas Sarkozy ». Deux réactions encore dans le JOURNAL du DIMANCHE. Celle d’André Vallini, député socialiste de l’Isère, ancien président de la Commission Outreau. « Monsieur Sarkozy », dit-il, « aurait du être magnanime et éviter l’appel, selon l’adage qui veut que le Roi de France oublie les querelles du Duc d’Orléans ». Ceci posé, André Vallini veut bien juger logique la décision de faire appel, prise par Jean-Claude Marin, le procureur de Paris. Jean-Pierre Dintilhac, ancien Président de Chambre à la Cour de Cassation et Procureur de Paris sous Lionel Jospin réagit lui aussi favorablement à la décision de Jean-Claude Marin. « A sa place », dit-il à mon confrère Michel Deléan, « j’aurais fait la même chose ». Et il ajoute : « Il y a des procureurs auxquels on peut donner des instructions, d’autres non. Cela dépend des procureurs et des gouvernements. A l’époque où je l’étais, on ne m’en donnait pas. Aujourd’hui, je n’en sais rien, mais je pense que Jean-Claude Marin a pris sa décision tout seul ! ». Une affirmation qui rejoint celle de Claude Guéant et aussi celle de Carla Bruni-Sarkozy, rédactrice en chef hier du Journal inattendu de RTL. L’épouse du Président de la République (qui fêtera mardi ses noces de cuir avec Nicolas Sarkozy) venait témoigner de son action au Fonds mondial de lutte contre le sida… Mais Harry Roselmack l’a cueillie à froid et interrogée tout à trac, sur le duel Villepin-Sarkozy. Selon le PARISIEN, la première Dame de France a failli quitter ses hôtes… « Comment », a-t-elle dit, « je reviens d’un voyage au Bénin et la première chose dont vous me parlez, c’est d’un événement qui me met forcément dans l’embarras. Je me sens piégée. J’ai envie de partir ». Elle est restée et a pu dire qu’elle croyait à l’indépendance de la justice… et souligner aussi que l’action du Fonds mondial contre le sida, a permis à 2 millions et demi de personnes contaminées, de bénéficier de traitement. Le PARISIEN poursuit l’interview ce matin et demande à la femme qu’il qualifie de drôle de Première Dame, ce qu’elle pense des autres… de Michèle Obama par exemple. « Je n’ai pas l’impression d’être à part. Je n’ai jamais entendu Sarah Brown ou Michèle Obama prendre la parole à tort ou à travers. Elles se concentrent sur les causes qui leur tiennent à cœur. La fonction de première Dame n’est pas déterminée. Chacun l’incarne comme il veut. Moi je répugne à m’exprimer, quand je suis incompétente ou ignorante. Certains devraient suivre mon exemple, cela ferait des vacances à tout le monde ! ». Là-dessus, le PARISIEN fait un petit sondage express. Carla, vous semble-t-elle différente des autres premières dames. Cinq personnes interrogées… Toutes la trouvent… élégante, belle, très belle, intelligente et pas du tout vieille France. Là-dessus, plutôt que de chanter, moins bien que Julio Iglésias … « Vous les femmes, vous le charme Vos sourires, nous attirent, nous désarment… » Mieux vaut vous renvoyer au JOURNAL du DIMANCHE et à PARIS MATCH… PARIS MATCH et son gros plan sur Mesdames Valérie Pécresse, Chantal Jouanno, Rama Yade et Nathalie Kosciusko-Morizet, candidates de l’UMP aux régionales. Le JOURNAL du DIMANCHE qui publie un sondage de popularité des socialistes où il apparaît que 2 ans avant la présidentielle, Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry ont la cote. A lire encore ce week-end dans ELLE un bel édito de Michèle Fitoussi sur les femmes en Business. Dans le MONDE MAGAZINE les femmes prisonnières du Niqab et de la Burqa… Le NOUVEL OBSERVATEUR demande de quoi la Burqa est-elle le nom ? « Rien n’est plus beau qu’un voile qui orne un visage, comme on le voit dans les tableaux des maîtres hollandais et italiens. Mais entre la tombe itinérante de ces inconnues et le voile qui soulignait la beauté d’une Benazir Bhutto, il y a l’abîme qui sépare le secret des ténèbres et la générosité de la lumière ».

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