Bonjour à tous… La Toussaint ne ferme pas la chronique politico-judiciaire d’un drôle d’octobre français. Bien au contraire ! Après le feuilleton du procès Villepin, voici la presse qui se nourrit ce samedi du renvoi de Jacques Chirac en Correctionnelle pour une affaire d’emplois de complaisance, quand il était Maire de Paris. Et s’il n’y avait que ça… Mais le climat des affaires s’enrichit si l’on peut dire de l’Angolagate, avec son condamné Charles Pasqua qui tempête, et dénonce pêle-mêle Jacques Chirac, Edouard Balladur et Alain Juppé. J’y reviendrai dans un instant, avec Le Parisien qui voit chuter, tous les anciens rivaux de Nicolas Sarkozy. Libération qui se félicite d’une justice travaillant librement, et Le Figaro qui souligne l’embarras, de la gauche, de la droite et du centre, face au procès Chirac. Auparavant, laissez-moi vous inviter, à trois lectures pour tous, et pas seulement pour happy-few. La première figure en dernière page de La Croix, et vaut aussi bien, pour ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas. La chronique s’appelle « L’humeur des jours »… Elle est signée Bruno Frappat et intitulée… « Tout passe, tous trépassent ». Et c’est une jolie leçon de vie. Frappat y rappelle en effet, qu’enfant, il trouvait plutôt barbifiant, le jour des morts, et la « litanie des saints » de la Toussaint. Mais à quoi nous servent les saints, écrit-il, aujourd’hui ? Serait-ce à illuminer notre pauvre présent… Est-ce un humus spirituel, sur lequel pourrait germer un idéal de simplicité… ? Allons donc, réagit le chroniqueur de La Croix. La communion des saints, tu parles d’une équipe !… Et souvent, quelle folie ! Des rebelles, des pas convenables, des gens qui tranchaient… Des furieux contre l’Eglise elle-même, qui ont d’ailleurs contribué à la bousculer, à l’empêcher de s’endormir… Et Bruno Frappat d’interroger… Y a-t-il des saints aujourd’hui, cachés dans l’obscurité propice au bien. Sûrement, mais on ne les voit pas s’avancer commet tels. La Sainteté est une folie. Mais les saints de notre temps ne sont pas mégalos. Ils n’ont pas de comité de soutien, pas d’attaché de presse, pas d’adhérents. Ils oeuvrent là où on ne les attend pas. Dommage, pourtant, de ne pas pouvoir les identifier, et de devoir attendre leur mort, pour donner le départ à leur éternité de gloire. Dans la même chronique, Bruno Frappat évoque le 2 novembre, de nos défunts, nos morts, nos disparus, nos trépassés, même si l’on n’emploie plus ce mot, pour les milliers, les milliards de gens du deuxième jour de novembre qui n’ont jamais prétendu, aux gloires des saints de la Toussaint. Et mon confrère de La Croix, d’écrire à propos de tous ceux-là : « Ne cherchons pas trop loin les « disparus ». Ils sont très près de nous, ils sont logés silencieusement dans ce que nous croyons être notre personnalité, notre originalité. Nous sommes faits du tissu qu’ils ont tissé. Culture, langue, esprit, tempérament, traits de caractère (et physiques bien sûr), chacun de nous est un composé aléatoire qui ressemble à quelque chose qui s’est déjà manifesté sur terre. Les « disparus » vivent en nous. Les trépassés sont toujours là. Les « morts » veillent ». Les vivants… veillent aussi et s’efforcent de transmettre… Ainsi, Philippe Sollers se demande aujourd’hui dans Le Journal du Dimanche… A quoi peut bien penser Roman Polanski dans sa prison helvétique, et Frédéric Mitterrand, dans la nuit de son ministère de la Culture. Et Sollers, d’évoquer les juges vertueux d’aujourd’hui après avoir rappelé le nom oublié « d’Ernest Pinard », le magistrat qui condamna Baudelaire, pour cinq pièces des Fleurs du mal. Les vivants veillent, et parmi eux Philippe Jérôme qui a lu « Les derniers jours de la vie d’Albert Camus » aux Editions Actes Sud, et qui rappelle ce samedi dans L’Humanité ce que nous devons tous, à l’auteur de La Peste, La Chute, l’Etranger… Hiver 1960, écrit mon confrère de L’Humanité, une Facel Vega blanche avec quatre personnes à bord, s’écrase contre un platane de la Nationale 5. Son plus célèbre passager, Albert Camus, est tué sur le coup. Il n’avait que 47 ans. Dans sa sacoche, on trouvera le manuscrit incomplet du « Premier Homme » et un billet de train pour Paris. La veille, l’éditeur Michel Gallimard, conducteur de la Facel Vega, avait convaincu notre Prix Nobel de Littérature de préférer la route au rail, pour aller du Lubéron à Paris. Camus, qui choisissait sa mère avant la justice… et dont L’Humanité reconnaît aujourd’hui qu’on lui fit pour ce propos, un procès injuste pendant la guerre d’Algérie. On le traita en effet de tortionnaire, de renégat, de momie, et de petit penseur poli. Le temps a rétabli, dans un ordre différent, sa juste place. Deuxième lecture essentielle aussi, dans la presse d’aujourd’hui. C’est une toute petite colonne, en page 5 du Nouvel Observateur, ouvert cette semaine sur le vrai Chirac, avec selon l’hebdomadaire… Ce que l’ancien Président de la République ne dit pas dans ses Mémoires. La toute petite colonne en question, est signée Denis Olivennes, et porte sur la Cour, les courtisans des chefs, ou plus précisément des Présidents. Notez au passage que la Cour et ses secrets sont aussi cette semaine, au centre d’un autre hebdomadaire, « L’Express »… avec trois chapitres : Sarkozy piégé… Jean et les flatteurs… et la droite contre Carla.

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