Et aussi : un Syrien étudiant à Marseille soupçonné de crimes de guerre. Les Américains de l’Iowa sauront-ils choisir le candidat démocrates ? La guerre de la carte des vins en Bourgogne.

Un Syrien étudiant à Marseille a été arrêté mercredi matin par les enquêteurs de l'office central de lutte contre les crimes contre l'humanité raconte Le Parisien. L’homme de 31 ans appartenait à un groupe islamiste connu pour des exactions dans la banlieue de Damas : en 2013 le Jaysh al Islam aurait notamment enlevé la jeune avocate Razan Zaitouneh, icone de la révolution pacifique contre le régime de Bachar el Assad, on ne n’a jamais revue. Peu à peu, le régime syrien a repris posséssion de l’enclave rebelle de la Ghouta. Les derniers combattants islamistes ont quitté la ville. L'un des responsables du groupe armé serait donc arrivé en France en novembre dernier. On ne sait pas ce qu'il a déclaré avant d’être mis en examen pour torture et disparition forcée. Pour la fédération internationale pour les droits humains, "il est temps que les Syriens sachent enfin ce qui est arrivé à Razan Zaitouneh".

Pas très loin de Marseille le village de Carry-le-Rouet est devenu "un village mondial" pour la Provence : c’est là que les quelques 200 premiers Français rentrés de Wuhan ont été placés en quarantaine.  A la Une du quotidien on distingue quelques visages fatigués cachés par des masques en tissus dans l'un des cars qui les amène dans un centre de vacances. "Mais enfin, pourquoi chez nous?" se demandent certains habitants, à l'instar de leur maire qui n'avait pas été prévenu. Une commune "offusquée et inquiète" poursuit le journal, « les deux pieds dans une crise sanitaire internationale qu'elle regardait jusqu'ici de loin par le seul prisme des chaînes d'info ». Le petit port provençal tente désormais de se rassurer. Les deux patients hospitalisés à la Timone à Marseille n'ont pas contracté le virus respiratoire, c'était une fausse alerte, et demain Carry-le-Rouet attend quelques milliers de personnes pour les traditionnelles Oursinades. Les rapatriés ne pourront pas en profiter, on espère que quelqu’un pensera à leur apporter des oursins. 

A la Une du Figaro « Les étrangers quittent la Chine en masse ». Dans Libération, « La Chine coupée du monde » : «  la planète dresse un cardon sanitaire autour du pays, qui est l'un des principaux moteurs de l'économie mondiale » rappelle Libé. L'épidémie survient alors que la croissance en Chine était au plus bas depuis près de 30 ans. Au plus bas cela veut 6% par an mais un nouveau ralentissement pourrait affoler les marchés financiers.  Dans le Figaro l’économiste en chef de la banque américaine Goldman Sachs n’a pas l’air très inquiet pourtant : « en dehors de la Chine l’impact devrait être beaucoup plus limité » estime Jan Hatzius. Il souligne par ailleurs que la bonne santé de l’économie américaine, avec un chômage à 3,5%, devrait favoriser la réélection de Donald Trump.

L'info de la soirée aux Etats-Unis, c'est que Donald Trump sera acquitté. Le Sénat a rejeté la convocation de nouveaux témoins, et le procès en destitution devrait donc s'achever sans surprise mercredi prochain. La presse américaine raconte comment les Républicains ont fait bloc autour de leur président, même si certains ne l'apprécient guère ou le croient coupable des faits reprochés, c’est-à-dire d'avoir tenté de faire pression sur l'Ukraine en échange de l'ouverture d'une enquête sur les affaires du fils de son concurrent Joe Biden. Les Républicains voient bien que leur sort est intimement lié à celui de Donald Trump analyse le New York Times. Ils ont conclu qu'un soutien total au président était leur seul voie crédible vers une victoire en novembre complète le Washington Post. Car l'Amérique entre en pré-campagne, et depuis les années 1970 c'est dans l'Iowa que tout commence, c'est dans ce petit Etat rural, couvert de champs de maïs, où est né John Wayne, que les démocrates commencent à choisir lundi leur candidat. Ses habitants "sont devenus les experts indépassables de la vie politique américaine" raconte M le magazine du Monde. Enfin chez les Républicains, l'Iowa se trompe toujours de candidat, mais cette année pas de suspense ce sera Donald Trump. Chez les démocrates en revanche, l'Iowa est assez fiable: c'est là que Jimmy Carter ou Barack Obama, encore quasi inconnus, ont été d'abord choisis. Ces citoyens du Midwest interrogés par Gilles Paris prennent leur mission très au sérieux, et l'Iowa se mérite. "L'équipe de campagne de Barack Obama m'avait contacté très tôt en 2007, raconte le journaliste de la radio locale, en revanche Hillary Clinton n'avait pas pris le temps. Lorsque l'assistant d'un candidat fait des difficultés pour m'accorder un entretien, il me suffit de lui rappeler cet épisode".

A la Une du Parisien, Bernard Tapie brave le cancer et annonce son retour sur les planches. L’ex homme d’affaire avance toujours, « inusable et inépuisable » constate l’éditorialiste Marie-Christine Tabet pour expliquer ce choix de l’avoir invité à répondre aux lecteurs du journal : « on n’est pas obligé d’aimer Bernard Tapie, ni de le croire. Il est toutefois indéniable que son inextinguible force de vie peut servir de modèle et même d’espoir à ceux que la vie rudoie ».  Bernard Tapie va donc va rejouer dans "vol au-dessus d'un nid de coucou" au mois de mai, avant peut-être de tourner à nouveau avec Claude Lelouch. Il commence par rendre un hommage appuyé à l'hôpital public, où l’on " est le mieux soigné". Face à une lectrice qui lui rappelle qu'il doit rembourser 400 millions d'euros à l'Etat, Bernard Tapie botte en touche. Sur le foot, pas d'hésitation, "le PSG est la meilleure équipe d'Europe » dit-il, mais il se défend de toute inimitié avec les actuels dirigeants de l'Olympique de Marseille, qui le tiennent à distance.

Le point commun entre Paris et Marseille ces jours-ci, ce sont les poubelles qui s'entassent, nous disait hier la Provence et ce matin le Parisien. Après les transports, les grévistes de la CGT mobilisés contre la réforme des retraites bloquent le ramassage, ou les incinérateurs, en Ile de France, et cela commence à se voir. 

Le Figaro revient sur le projet de révision de la carte des Bourgogne, qui met le vignoble en ébullition. L'Inao, l'institut national qui gère les appellations agricoles, a proposé de redessiner les frontières de l'appellation Bourgogne, en fonction des sols et de l’histoire. La nouvelle carte intégrerait le Beaujolais mais exclurait Chablis ou Dijon. "L'Inao pourrait aussi décider que le Crémant est un Champagne » fulmine le directeur de la coopérative la Chablisienne. « Nous avons besoin d’un grand débat viticole en France » conclut le responsable de Chablis. L’histoire de cette bataille de Bourgogne est complexe, et déjà riche de quelques épisodes judiciaires. Elle se poursuivra le 6 février, lors d’une réunion de l'Inao qui devrait faire du bruit.

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