Nicolas Hulot parle. Sur six pages dans la revue WE DEMAIN. Mais je vous préviens de suite : il n’évoque pas sa démission. L’interview a été réalisée au début de l’été. A l’époque, il n’imaginait sans doute pas encore quitter le gouvernement.

A l’époque, vraisemblablement, il pensait encore pouvoir être utile au poste de ministre de la transition écologique et solidaire. Ministre du « long terme », disait-il alors… 

Finalement, le long terme aura donc duré quatorze mois. Pour autant, cet entretien reste intéressant. Même très intéressant. Nicolas Hulot y raconte ce que serait la planète et la France en 2040, si on lui donnait le temps et les moyens de mener à bien ses projets. 

Changer de modèle

Pour lui, il y a urgence, afin de réussir une transition irréversible vers un monde où l’économie sociale et solidaire, les énergies renouvelables, l’agro-écologie, et la nature en ville seront devenus la norme. Si l’on ne change pas de modèle, dit-il, c’est « l’effondrement »… 

Il explique la nécessité de sortir des énergies fossiles, et ce pour restaurer les écosystèmes menacés : les forêts, les zones humides, les barrières de corail... Il explique qu’il faut être plus ambitieux dans la lutte contre le réchauffement climatique, qu’un jour, toutes les voitures seront électriques ou rouleront à l’hydrogène et qu’en 2040, les élevages intensifs hors-sol auront été bannis. On aura réduit la souffrance animale. Les conditions d’abattage seront moins inhumaines. Quant aux pesticides, ils auront tous disparu.

Nicolas Hulot dit aussi qu’en 2040, on aura changé notre façon de consommer. On ne remplacera plus nos portables tous les deux ans. On sera sorti du gâchis énergétique et du gâchis alimentaire, on aura fait le tri dans nos affaires entre l’utile, le futile et le nécessaire. 

Voilà donc le monde qu’il souhaitait construire. La mission qu’il s’était donnée. Et je rappelle que cette interview, qu’on découvre dans WE DEMAIN, a donc été donnée avant sa démission.  

Qui remplacera Nicolas Hulot ?

On devrait le savoir vite, car le remaniement doit se faire officiellement d’ici mardi. Un nom circule, qu’on retrouve ce matin dans plusieurs journaux : celui de Dany Cohn-Bendit

A 73 ans, le leader de Mai 1968 a effectivement été sondé. Il l’a confié au JOURNAL DU DIMANCHE. « Christophe Castaner m’a appelé. Je lui ai répondu que je ne croyais pas que c’est une bonne idée… Si ministre, ce n’était que faire des conférences de presse, ça je peux faire, tous les jours, toutes les heures et dans toutes les langues… » Mais il reconnaît que ministre, ce n’est pas que cela, et conclue :

Je ne suis pas du tout fait pour être ministre !

Cela étant, comme le lit dans LE FIGARO, Dany Cohn-Bendit a demandé à s’entretenir rapidement avec Emmanuel Macron. Ils ont prévu de se rencontrer demain à l’Elysée. « J’attends de voir ce qu’il va me dire », confie-t-il au PARISIEN. Sous-entendu : le chef de l’Etat pourrait le convaincre d’accepter le poste, même si, donc, de son propre aveu, Dany Cohn-Bendit n’est « pas du tout fait pour être ministre »… 

Le président de la République, qu’on retrouve ce matin à la Une de deux journaux. A la Une de LIBERATION. Il a le visage soucieux. Le titre résume la situation.

« Le temps des doutes »

Il paraît inquiet également dans LE FIGARO MAGAZINE. La photo le montre se pinçant les lèvres et le titre, c’est « ça se complique ». Un journal de gauche, un hebdo de droite, tous les deux font le même constat : la rentrée d’Emmanuel Macron ne se présente pas sous les meilleurs auspices. Des hésitations sur le prélèvement de l’impôt à la source, un remaniement compliqué, une image qui s’est brouillée avec l’affaire Benalla, écornée plus encore avec la nomination de l’écrivain "macronolâtre" Philippe Besson comme consul de France à Los Angelès. Dans LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES, Jean-Marcel Bouguereau la juge sévèrement. 

La nomination de Philippe Besson conforte le sentiment que ‘le nouveau monde’ fonctionne comme l’ancien, dans un esprit de caste et une atmosphère de courtisanerie digne de Versailles.

A cela s’ajoute une croissance en berne et les affaires immobilières de Françoise Nyssen, la ministre de la culture. Même son ami Stéphane Bern menace de laisser tomber sa mission sur la protection du patrimoine local en péril… Dans LES DERNIÈRES NOUVELLES ALSACE, il explique qu’il craint de n’être qu’un « cache-misère », et qu’on ne lui donne pas les moyens de mener sa tâche à bien. Commentaire de Florence Chédotal dans LA MONTAGNE : 

Emmanuel Macron, le maître des horloges qui se dérèglent, aura bu la tasse tout l’été.

On voit d’ailleurs beaucoup d’horloges ce matin dans la presse : à la Une de LA DÉPÊCHE DU MIDI, de CENTRE PRESSE, du PARISIEN.

Le changement d’heure, c'est bientôt fini ! 

L’Union européenne veut donc abolir l’alternance entre l’heure d’hiver et l’heure d’été. On resterait à l’heure d’été, et selon LE PARISIEN, il s’agit d’une très bonne idée, même si l’heure d’hiver est plus proche du cycle du soleil. L’heure d’été collerait davantage à nos modes de vie. Dans le dossier, on apprend une chose. Contrairement à ce qu’on pensait, le découpage actuel n’a pas été inventé par Valéry Giscard d’Estaing en 1976 pour faire des économies : il a été initié sous l’Occupation. Pendant la seconde guerre mondiale, Paris est mise à l’heure de Berlin, soit une heure de plus que celle du méridien de Greenwitch. En 1945, un décret met un terme au changement d’heure… qui sera donc remis au goût du jour trois ans plus tard, alignant de nouveau la France sur l’Allemagne. 

En Allemagne, toutes les extrêmes-droites battent le pavé

C'est à la lire dans LIBÉRATION. Reportage de Joanna Luyssen dans la ville de Chemnitz, où un homme de 35 ans a été tué samedi dernier, lors d’une altercation dont les circonstances n’ont pas encore été éclaircies, mais suite à laquelle deux réfugiés, un Syrien et un Irakien, ont été arrêtés. Ce meurtre a servi de prétexte à des chasses à « l’étranger », des violences inouïes qui ont choqué l’Allemagne comme le monde entier. Chemnitz compte 245.000 habitants. Les manifestations contre les étrangers s'y multiplient. S'y retrouvent aussi bien des néonazis que des supporteurs de l'AfD ou Pegida, un mouvement anti-islam et anti-Merkel. On y entend notamment les slogans "nous sommes le peuple" et "presse menteuse", expression née sous le IIIème Reich. 

La préparation de la rentrée

« Les profs sont déjà prêts », titre ainsi LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES. C’est hier qu’ils ont retrouvé leurs établissements. Les écoliers, eux, ce sera lundi prochain. Plus que deux jours de vacances. Pour de nombreux adultes, c’est aussi le cas, et la presse nous livre ses recommandations pour bien se préparer. Dans LA PROVENCE, vous trouverez six conseils pour réussir sa rentrée : retrouver ses rituels en matière d’alimentation – faire ses trois repas par jour –, ne pas aller trop vite, ne pas surcharger son agenda, mais s’accorder quand même 15 minutes quotidiennes d’abdominaux et de gainage ! Les bonnes résolutions... Evidemment, faudra aussi se remettre à travailler, mais n'y pensez pas trop, il vous reste encore deux jours...

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