« Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez écrit à la main, saisi un stylo et noirci une feuille de papier ? » C’est Pascale Kremer qui nous pose la question dans les colonnes du MONDE ; un dossier de trois pages consacré à l’écriture manuscrite, laquelle tendrait à disparaître au profit du tout numérique...

Recevoir une lettre du conseil d'administration
Recevoir une lettre du conseil d'administration © Getty / Getty

Mis à part pour une liste de course ou pour signer un chèque, il en est qui n’utilisent plus jamais de stylo. L’été, on n’écrit quasiment plus de cartes postales, et même les vœux, les félicitations, les joyeux anniversaires voire les condoléances, sont dorénavant expédiés par courriels ou SMS. Plus rapide, plus facile. De moins en moins de bloc-notes lors des réunions en entreprise. On se présente avec sa tablette, sous peine de passer pour un rétrograde et, à la fac, les étudiants suivent les cours avec leur ordinateur portable. C’est la vie, c’est le progrès, disent certains. Mais d’autres s’alarment, car faire des pleins et des déliés, c’est bon pour le fonctionnement des méninges. Ils se demandent même si l’écriture manuscrite ne sera pas bientôt réservée à une élite…

Du reste, les enfants ont de plus en plus de mal à bien utiliser leurs mains pour tenir un stylo. Ils ont pris l’habitude de balayer les écrans et leurs doigts ne seraient plus assez musclés qu’avant. Résultat : de moins de petits carnets et de journaux intimes dans les chambres d’adolescents. L’auteure du blog N’oublie pas d’écrire s'en désole. 

Mon neveu de 16 ans ne sait même pas envoyer une lettre. Où noter l’adresse et le timbre !

Promis : l’été prochain, je recommence à envoyer des cartes postales.

L'attaque au couteau à Villeurbanne. 

Dans la presse régionale, de nombreuses Unes sont consacrées à l’attaque de Villeurbanne hier. « Scène de terreur à l’arrêt de bus », « L’horreur au coin de la rue », « L’horreur à Villeurbanne », « Villeurbanne sous le choc »… C’était vers 16 heures 30, sur une esplanade bondée de cette commune limitrophe de Lyon. Un homme qui s’avance à un arrêt de bus et brandit un couteau, avant de frapper ceux qui l’entourent, visiblement au hasard. Il tue un jeune Isérois de 19 ans et blesse huit personnes, dont trois grièvement, avant d’être maîtrisé par des passants. Selon une source policière, il s’agirait d’un Afghan demandeur d’asile. Il a été placé en garde à vue pour « assassinat et tentative d’assassinat ». Pour l’heure, les motifs de son geste restent inexpliqués, mais la piste terroriste a été écartée dès hier soir. Sans doute est-ce la raison pour laquelle le sujet est traité comme un fait divers dans la presse nationale. 

C’est également une tentative d’assassinat qui fait la Une du JOURNAL DE SAÔNE-ET-LOIRE. Plutôt deux tentatives, d’ailleurs… Un policier montpelliérain est soupçonné d’avoir délibérément foncé sur son épouse et son amant mercredi soir à Montchanin, en Bourgogne. Il a été mis en examen et incarcéré. 

Une histoire qui vient nourrir le débat du moment sur les violences conjugales.

« Grenelle : Schiappa promet des actes »

C’est le titre du JOURNAL DU DIMANCHE. C’est en effet mardi, après-demain que débutera la concertation de trois mois sur le sujet. Avec, en ouverture, un discours d’Edouard Philippe, censé afficher la détermination du gouvernement en matière. Une concertation que certains considèrent cependant comme une simple opération de communication, mais la secrétaire d’Etat à l’égalité femme-homme assure qu’il ne s’agira pas d’un « Grenelle des bons sentiments ».

Dans SINE MADAME, la militante féministe Isabelle Alonso appelle à des actions rapides, avec, écrit-elle, « le flouze » qui s’impose.

Il ne s’agit pas ici de "protection" – merci, nous ne sommes pas des fleurs de serre. Il s’agit de légitime défense. De justice. Il s’agit, pour la société tout entière, d’intimider les tueurs.

Lire également, dans L’OBS, l’histoire de Françoise et Laurence Le Goff. Elles avaient 7 et 10 ans quand leur mère a été abattue sous leurs yeux par leur père. C’était en 1982, il a fait de la prison, et aujourd’hui toutes deux réclament la déchéance de l’autorité parentale pour les pères meurtriers. L’hiver dernier, elles ont reçu un courrier qui a ravivé leurs blessures d’une manière insupportable : le conseil départemental du Maine-et-Loire les sollicitait pour contribuer au financement de l’Ehpad de leur père. Finalement, il n’en sera rien. Mise au courant de l’histoire, l’administration a rétro-pédalé.

Un autre sujet politique dans LE JOURNAL DU DIMANCHE. Grande photo du chef de l’Etat : « Retraite, ce que Macron a en tête » ; en l’occurrence, il a déjà indiqué que pour la future réforme, il préférait un système basé sur la durée de cotisation. Et puis, dans LE PARISIEN, c’est une photo de sa femme qu’on trouve à la Une.

« Compliqué d’être la première Dame »

« Insultée par le président du Brésil, _Brigitte Macron s’est retrouvée cette semaine au centre d’un incident diplomatique_, un épisode désolant qui illustre toute la complexité de son rôle », note le quotidien qui précise que l’ancienne prof de français a reçu de très nombreux messages de soutien. Et un de plus dans le journal ; celui de Ségolène Royal, qui affirme qu’elle en a assez de la vulgarité de certains hommes politiques, notamment celle de Trump et de Bolsonaro. 

J'en ai assez de ces pulsions de testostérone et de – excusez l’expression – ces concours infantiles de zizis.

Au rayon des infos politiques, on notera aussi la tribune publiée dans LE PARISIEN.

« Nous appelons Villani à maintenir sa candidature »

Plus de 130 signataires, parmi lesquels Philippe Aghion, Ingrid Betancourt, Elie Cohen, Eric Orsenna ou encore Benjamin Stora, apportent donc leur soutien au mathématicien, qui dira mercredi s’il se lance pour les municipales à Paris – et si c’est le cas, il entrerait, dès lors, en dissidence avec La République En Marche, qui a désigné comme candidat Benjamin Griveaux

Benjamin Griveaux – c’est à lire dans LE JDD – qui a croisé dimanche dernier un autre de ses concurrents à l’investiture lors de la cérémonie de commémoration de la libération Paris ; le député Hugues Renson, que Griveaux, en privé, nous apprenait LE POINT il y a quelques semaines, avait méchamment qualifié de_fils de… p_éripatéticienne. Renson était justement accompagné de sa mère. Griveaux s’est approché... 

J’ai eu des propos peu amène à votre égard, madame, mais c’était parce que je ne vous avais pas rencontrée.

Ne jamais insulter les gens... C’est toujours insulter l’avenir. 

Il est aussi question d’environnement dans les journaux. Avec, dans LE MAGAZINE L’EQUIPE, le portrait d’un Britannique très engagé. 

Dale Vince, un quinqua un peu punk, fondateur de la toute la première compagnie d’électricité 100% verte

Depuis neuf ans, il préside en outre le FC Forest Green Rovers, club de foot connu comme étant le plus écolo du monde ! Dès son arrivée, il a supprimé la viande des menus de ses joueurs. A la place : quiche au poireau. Et dans les tribunes VIP : des salades tomate-concombre et des frites de pois chiche, accompagnés d’une bière vegan brassée localement et servie dans des gobelets en amidon. Le terrain, d’ailleurs, est lui aussi certifié bio. Aucun fongicide pour la pelouse qui, du reste, est arrosée avec de l’eau recyclée. Le stade est par ailleurs recouvert de panneaux solaires et puis, dernière nouveauté : les tenues des joueurs, leurs maillots et leurs shorts, sont maintenant composés à 50% de bambou. Ce n’est pas ça qui les fait jouer mieux, non : les footballeurs du FC Forest Green Rovers évoluent dans la division 4 anglaise, mais au printemps, leur club a été désigné champion du climat par l’ONU.

Enfin, LE PARISIEN évoque également la rentrée des classes demain, sous l’angle vestimentaire. Eh oui, il n’y a pas que l’emploi du temps ou les profs qui obsèdent les élèves, mais aussi « qu’est-ce que je vais mettre le jour J ». Les ados rencontrés expliquent que c’est essentiel, l’impression qu’on donne aux autres le premier jour : tout le monde s’observe et faut être « grave stylé »« Après, on peut s’habiller comme un plouc toute l’année ! » s’amuse Lilhiou, 15 ans. On espère quand même qu'il n'oubliera pas d'emporter un stylo.

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