Quand les très riches jugent le mouvement des gilets jaunes et la politique d'Emmanuel Macron.

« Macron est le président des riches, l'ISF doit être rétabli. »

C'est ce qu'on entend depuis des mois et ce qu'on lit aussi sur les calicots déployés dans les manifestations ou sur les ronds- points. Alors que des milliers de Français seront encore dans la rue aujourd'hui pour demander plus de justice fiscale à l'occasion de l'acte 12 des gilets jaunes, le Monde.fr a eu l'excellente idée d'interroger des entrepreneurs, des grands patrons, des chefs d’entreprise ou des propriétaires immobiliers parfois assis sur des fortunes de plusieurs dizaines de millions d'euros. Un petit échantillon donc de « premiers de cordée » à la parole franche et décomplexée.

De ce président, ils disent qu’il « va dans le bon sens » mais qu'il exerce mal le pouvoir. Mieux, ils considèrent que le mouvement social des gilets jaunes est « légitime » et tous le soutiennent, la violence en moins. Bienveillance sur les gilets jaunes mais aussi cynisme et lucidité quand ils assument  parfaitement ne pas jouer le jeu du président Macron.

Sur la suppression de l’ISF, la Flat Tax ou la création de l'IFI censés relancer l'investissement, c'est même façon de parler la franche rigolade. Edouard, 51 ans, à la tête d'un fonds d’investissement ne s’en cache pas : 

Je n'ai « rien réinvesti grâce à l’argent conservé » dit-il. 

« Macron nous a simplement rendu du pouvoir d’achat. Cet argent, je le dépense. » 

« Grâce à la somme préservée – environ 50 000 euros –, moi  je me suis offert plus de voyages en famille », confirme de son côté Grégoire, un entrepreneur de 45 ans. Parfait prototype de la  « start-up nation ». Ce qui le préoccupe aujourd’hui, ce sont « les cadeaux accordés aux entreprises sans contrepartie.  

On a été trop gâtés» dit-il. Un grand patron conclut :

« Qu’on vous pique plus quand vous êtes très riche, ça n’est pas choquant  Avec leur éducation, leur statut social, mes enfants ont déjà plusieurs longueurs d’avance sur les autres. 

Les dés sont pipés dès le départ, alors inutile de creuser encore davantage ces inégalités. »

Voilà, on dirait presque du Bourdieu et on se pince en lisant ces témoignages de nantis de la république pas très reconnaissants.

A retrouver donc dans la matinale du Monde ce matin.

Une photo en en noir et blanc ce matin dans Libération.

Ce sont 2 femmes qui s'enlacent tendrement et cette image est signé Ludovic Carème. Ces 2 femmes sont sœurs et s'appellent Françoise et Laurence. Et leurs regards déterminés et tristes semblent se perdre dans un passé lointain. Nous sommes en 1982. Françoise et Laurence ont 13 et 10 ans et elles vivent un quotidien de terreur. Leur père est un homme violent à tel point qu'elles "se souviennent s’être parfois couchées toutes habillées, au cas où il aurait fallu déguerpir en pleine nuit. Avec toujours le cartable bouclé."

Nous sommes en 1982. Le 11 décembre c'est le jour ou leur père a tué leur mère Josiane de plusieurs coups de fusil.

Trente-six ans après, une lettre a fait volé en éclat des années de difficile reconstruction nous raconte Libération.

C'est une missive du conseil départemental qui leur demande, comme la loi le permet, de financer l'hébergement de l'auteur du crime leur père en maison de retraite.

Depuis, conscient de leur erreur, les autorités ont fait marche arrière. Mais pour  Françoise et Laurence. C'est trop tard :

«On a mis trente-six ans à se reconstruire, et l’administration, dix secondes à nous détruire alors que j’avais enfin réussi à faire le deuil de mes parents." raconte Laurence.

Alors les deux sœurs se sont lancées dans un nouveau combat. Elles ont lancé une  pétition qui a déjà recueilli plusieurs milliers de signatures pour faire en sorte que la déchéance des droits parentaux soit systématisée pour les parents maltraitants ou indignes, que l'obligation alimentaire qui incombe aux enfants soient plus facilement levée.

Pour le droit à l'oubli tout simplement. Selon un rapport sénatorial en 2014, 140 000 enfants évoluaient dans un foyer parce que leur mère était victime de violences. 

Le double portrait de Françoise et Laurence et leur combat.

C'est à retrouver dans Libération

Le dossier du Parisien ce matin s'intéresse à la chirurgie esthétique avec une information étonnante.

Pour la première fois, le nombre d'opérations sur les 18-34 ans dépasse celles pratiquées sur les 50-60 ans. Et la première des interventions, c'est l'injection d'acide ialuronique ou de botox pour retendre la peau du visage. Une tendance qui s'est accélérée avec l'apparition il y a une dizaine d'années de méthodes dites softs, 10 à 20 minutes sur le billard, 300 euros et c'est terminé. Mais ce sont surtout les réseaux sociaux qui ont provoqué l'afflux des millenials dans les cabinets de chirurgie esthétique.

C'est ce qu'explique un jeune chirurgien interrogé par le Parisien :

"Souvent dit-il, les patientes entre 18 et 30 ans nous tendent leur téléphone et nous disent par exemple : "Je veux des lèvres comme celles-ci."  

Ce qu'elles ne savent pas, c'est qu'elles génèrent en fait une phobie de leurs corps, car les smartphones c'est désormais prouvé déforment les images.  

Mais rien n'y fait, la dictature des selfies s'est irrémédiablement imposée.  C'est comme ça, les jeunes femmes veulent les fesses de Kim Kardashian et les mecs le nez de Ben Afflek

Les professionnels du bistouri eux se frottent les mains : en France presque la totalité des chirurgiens esthétiques ont des comptes Instagram. C'est pratique, ça permet d'être en contacts direct avec ses patients.

Et si  les robots eux aussi devenaient adeptes des selfies ?

On semble se rapprocher de plus en plus d’une « conscience de soi » chez les robots. C'est que nous apprend le site Uzbek et Rica. 

Des chercheurs ont en effet réussi à rendre leur robot capable de se modéliser lui-même, sans aide extérieure. Nous autres humains sommes capables de se projeter.

Les robots, eux, n’ont pas cette faculté mais deux scientifiques d'une université américaine viennent précisément de doter leur robot d’une représentation de lui-même. Leur travail vient d'être publié dans Science Robotics. Ce n’est pas la première fois que des chercheurs tentent d’entraîner les robots sur le chemin de la conscience de soi. En 2013, le robot Qbo avait déjà fait parler de lui pour ses capacités à se reconnaître dans le miroir. 

Alors peut-être qu’un jour les  machines comme les hommes se prendront pour Narcisse.

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