Ce matin, on trouve deux bonnes nouvelles dans les journaux : l’une concerne les morts et l’autre, les naissances. Le Monde nous raconte des vies épargnées grâce au confinement, lequel a provoqué une baisse de la pollution en Europe. Le Figaro nous raconte des vies à venir : des bébés conçus pendant le confinement.

Des morts évitées grâce à la chute de la pollution provoquée par le confinement. C’est à lire dans Le Monde, et c’est le résultat d’une étude menée par un centre de recherche finlandais. Du 1er au 26 avril, suite aux mesures de confinement, la pollution de l’air a diminué de façon spectaculaire en Europe : une baisse de 40% des émissions de dioxyde d’azote. Et cette baisse en a provoqué un autre : celle des décès liés à la pollution. Selon les estimations de cette étude, environ 11 000 vies auraient été épargnées en Europe, dont plus de 1 200 en France. L'enquête relève d’autres bénéfices sanitaires, notamment moins d’enfants devenus asthmatiques. Le confinement n’a donc pas uniquement permis d’éviter des morts du coronavirus, mais également des morts de la pollution. 

Qu'on soit tous confinés pourrait d'ailleurs avoir une autre conséquence.

Le confinement pourrait entraîner un boom des naissances

Jusque-là, c’était un fantasme, une supposition. Mais, ce matin, les chiffres que donne Le Figaro semblent accréditer cette hypothèse. Depuis le début du confinement, les ventes de tests de grossesse ont littéralement explosé dans les petites et grandes surfaces. Hausse de 6% la première semaine, de 18% la deuxième semaine, 28% la troisième, 34% la quatrième et 37% la cinquième… En temps normal, mars et avril ne sont pourtant pas des mois où les Français « conçoivent » particulièrement. Traditionnellement, on observe un pic en septembre – ce sont les bébés conçus au moment du 1er janvier, mais on n’a jamais constaté davantage de naissances en janvier, date à laquelle devraient naître les bébés conçus en avril. 

Dès lors, les fortes ventes de tests de grossesse sont-elles les prémisses d’un baby-boom inattendu ? Le journal s’interroge. On s’interroge aussi. Celles qui achètent des tests le font-elles pour se réjouir ou parce qu'elles s'inquiètent d'être enceintes ? L'article fait le choix de miser sur la première option, estimant que les chiffres laissent penser que confinement favorise chez certains le désir d’enfant, malgré les nouvelles angoissantes liées à la pandémie. 

Les nouvelles angoissantes sont encore bien présentes ce matin dans les journaux. A la Une du Monde, par exemple. 

« L’économie française subit un choc inédit »

Confirmation du Figaro, qui évoque « le plongeon historique de l’économie française ». Selon une étude menée pour la CFDT, plus de la moitié des salariés du privé s’attendent par ailleurs à des baisses de salaire, voire à des suppressions de postes. Dans Le Bien Public, on s’inquiète pour les patrons de stations-service, au bord de l’asphyxie. Quant au Progrès, il nous apprend que 55 résidents de l’Ehpad d’Albigny sont morts du coronavirus. 

Dans Le Figaro, encore, ce sont les réanimateurs de l’hôpital de Valencienne qui craignent la deuxième vague de l’épidémie. Sachant que, dès que la date du déconfinement a été annoncée, on a vu revenir aux urgences des cas qui n’existaient plus ou presque plus depuis la mi-mars : des accidents de bricolages, des accidents de vélos, des accidents de voiture… 

Certains sont ressortis avant d'y être autorisés

Et ceci agace ceux qui sont passés par la maladie, à l'instar de notre précieux confrère de L'Equipe Vincent Duluc, aujourd’hui guéri du Covid, après 28 jours d’hospitalisation.   

Quand tu vois des gens faire n’importe quoi dans la rue, tu peux avoir envie de les insulter. Tu te dis qu’ils ne se rendent pas compte de ce que cela implique chez les soignants, qui sont au bout du rouleau après la première vague… Mais, avec du recul, tu comprends aussi. Surtout pour ceux qui vivent dans les villes et de petits appartements. Mais ça ne sert à rien d’applaudir les soignants si c’est pour danser à quarante sur le trottoir !

On a vu la scène à Paris. Et on est touché le témoignage, pudique, de Vincent Duluc. Un homme surpris par son corps qui lâche et qui, ensuite, a réappris à respirer. Un récit émaillé d’hommages au personnel soignant. 

Un portrait de soignant, justement, dans Libération : Mathias Wargon, le chef des urgences à Saint-Denis, "un provocateur qui aime la vitesse et déteste l’ennui", résume le journal. De fait, il n'aime pas s'ennuyer, mais il n'aime pas non plus les antivaccins, l'homéopathie, les défenseurs des essais réalisés par le professeur Raoult, ni même les applaudissements des soignants à 20 heures, jugeant qu'ils les transforment en "victimes sacrificielles". A la ville, il est l'époux de la Secrétaire d’Etat à la Transition Ecologique. La dernière citation est jolie : "Ma vie est banale. J’aime vivre avec ma femme. Nous sommes ensemble depuis 31 ans, c’est que ça ne doit pas aller si mal."

Autre phrase, piochée cette fois dans la revue DONG ! C’est une revue pour les enfants et les adolescents. Une citation de Geronimo.

Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été pêché, alors on saura que l’argent ne se mange pas.

La presse est merveilleuse de nous rappeler ce genre de pépites. Si vous ne connaissez pas, offrez donc DONG ! à vos enfants. 

Et puis, évidemment, trois couleurs s’affichent à la Une de la plupart des journaux. 

Vert, rouge ou orange ? 

Ce sont les couleurs de la carte du qui, "en l’espace de 48 heures", dixit Le Parisien, "est devenue plus scrutée et commentée que celle de la météo". Cette carte, c’est la carte de France du déconfinement, qui vient donc de faire "une irruption fracassante dans notre quotidien" - je reprends de nouveau les mots de l’édito du Parisien. 

Chaque soir, des millions de Français vont vérifier de quelle couleur ils sont : rouge, vert ou orange. Et cette cartographie inédite est l’illustration de l’incroyable fracture au sein de notre pays, entre des départements où des centaines d’habitants ont été emportés par la maladie, et d’autres secteurs où les victimes restent très rares.

Les titres des journaux régionaux témoignent de ce phénomène. Dans Le Républicain Lorrain, c’est "Le rouge est mis dans le grand Est", et dans La Nouvelle République des Pyrénées, c'est "La Bigorre passe au vert"… Ici, on lit que "La Picardie voit rouge", et là que "L’Aveyron est en vert, mais craint de ne pas le rester". De son côté, Le Dauphiné Libéré s’interroge : "Pourquoi l’Isère est-elle en orange ?" "Le flou du orange en Loire-Atlantique", commente pour sa part Presse Océan… Et partout, on revient sur les cafouillages des derniers jours : des départements ont changé de couleur, suite à des erreurs dans les remontées des données

Enfin, Le Parisien nous raconte le quotidien d’une célébrité : l’animateur Michel Drucker, confiné en Provence avec sa fille et sa petite-fille qui fabriquent des masques pour les habitants du village. Grand hypocondriaque, il assure qu'en ce moment, il ne l'est pas davantage que d'habitude et ce soir, sur France 2, l'inusable Michel Drucker animera Le grand show de l'humour. Certains, avec humour, se sont interrogés sur les réseaux sociaux au début de l'épidémie : "Mais quel monde laisserons-nous à Michel Drucker ?" 

De l'humour, heureusement, il en a lui-même.

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