Bertrand Cantat peut-il encore se produire en public ? Peut-il encore chanter et se faire applaudir ? Certains pensent que oui. Qu’il a purgé sa peine. Qu’il a payé sa dette.

Bertrand Cantat sur scène à La Rohelle en mars 2018
Bertrand Cantat sur scène à La Rohelle en mars 2018 © AFP / Xavier Loety

Qu’on ne doit pas lui interdire de travailler. Que le lui interdire, c’est empêcher toute chance de réinsertion. Bertrand Cantat peut-il encore se produire en public ? Peut-il encore chanter et se faire applaudir ? Certains pensent que non. Pensent que c’est « honteux », « indécent », « dégueulasse » : les mots de Nadine Trintignant, la mère de l’actrice Marie Trintignant, morte sous les coups du chanteur en 2004 en Lituanie. Pour ça, Bertrant Cantat a été condamné. Il a fait de la prison. Puis, après sa libération, il a repris la chanson et il se produira jeudi prochain sur la scène du Zénith à Paris. 

Bertrand Cantat peut-il encore se produire en public ? Dans le Droit, oui, il peut. Mais ce n’est pas une question de Droit. Là, c’est une question de morale. Est-il moral d’être applaudi lorsqu’on a provoqué la mort de sa compagne ? 

Ces quinze dernières années, peu d’affaires judicaires ont à ce point suscité les passions, et l’info que donne ce matin LE JOURNAL DU DIMANCHE ne devrait pas y mettre un terme. La justice a décidé de rouvrir le dossier sur le suicide de l’ex-femme du chanteur. Son ancienne épouse Krisztina Rady qui, pendant des années, n’a cessé de prendre la défense de Bertrand Cantat. Ensemble, ils ont eu deux enfants. « Je n’ai jamais subi de violence de sa part », avait-elle dit lors du procès. Et ils avaient vécu de nouveau ensemble après sa sortie de prison. Puis en 2010, à Bordeaux, à leur domicile, Krisztina Rady s’est pendue. Un suicide. La police a confirmé. Pourtant, l’enquête est aujourd’hui relancée, car avant de se suicider, Krisztina Rady pourrait avoir subi des pressions psychologiques et des violences physiques venant de son compagnon. C’est du moins ce que dénonce l’avocate Yael Mullul, aujourd’hui présidente d’une association féministe. Elle dit avoir en sa possession différents éléments qui accréditent cette thèse et vient de déposer plainte contre Bertrand Cantat pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Le chanteur n’en a donc pas fini avec la justice. 

Une autre affaire, à lire cette fois sur le site MEDIAPART. Et, cette fois, c’est une avocate qui est mise en cause. « Une avocate accusée de s’accaparer l’argent des ‘chibanis’ de la SNCF. » Les chibanis de la SNCF, vous vous souvenez sans doute. Au mois de janvier dernier, après des années de procédure, plus de 800 retraités marocains avaient réussi à faire condamner la SNCF pour discrimination. C’était devant la cour d’appel de Paris : des indemnités importantes, un montant total de 170 millions d’euros, soit 100.000 à 340.000 euros chacun. « Leur joie était immense et elle fut belle à voir », se rappelle Michel Deléan qui signe le papier. Bouleversés, ils avaient embrassé leur avocate, Clélie de Lesquen-Jonas, la portant même en triomphe dans les couloirs du palais de Justice. Mais il y a quelques semaines, une trentaine de ces chibanis (cheveux blancs, en arabe), ont déposé plainte pour abus de confiance contre celle qui, cinq mois plus tôt, était pourtant leur héroïne. Alors qu’elle a déjà perçu 7 millions d’honoraires, elle entend désormais leur faire payer en plus des honoraires de résultat – 5% des indemnités, avant de leur verser les fonds, qui sont arrivés sur son compte. Aucune convention de ce genre n’avait été signée en amont, avant le procès. Pour l’un de ses confrères, il s’agit là d’une escroquerie. « La plus grosse escroquerie que j’ai vue en 35 ans de métier », dit-il. 

Au rayon judiciaire, la presse régionale nous apporte, comme souvent, son lot de tristes faits divers… A la Une de LA REPUBLIQUE DES PYRENEES : « A Arthez-de-Béarn, une femme de 78 ans agressée chez elle par un inconnu. » A la une de PRESSE OCEAN : « Un homme poignardé lors d’une rixe à Saint-Nazaire, place de l’Amérique latine. » A la Une de L’ARDENNAIS : « Un meurtre gratuit dans un parc. ». C’était hier après-midi à Mourmelon dans la Marne. Alors qu’il se trouvait avec sa petite amie, un garçon de 17 ans a succombé à une vingtaine de coups de couteau assenés par un individu qui a rapidement pris la fuite. « Tué pour un mauvais regard », précise ce matin L’UNION. Avant de frapper le garçon, l’agresseur avait, semble-t-il, tenté de voler de sac à main de la jeune fille. Il est activement recherché. Autre meurtre, même arme à la Une du COURRIER DE L’OUEST : « A Cholet, un jeune de 19 ans tue son beau-père à coups de couteau. » La violence des hommes, ce matin, dans les pages des journaux.

Comme chaque dimanche, on parle aussi de politique ce matin. Avec un ancien chef d’Etat à la Une du PARISIEN : « Les confidences de Bill Clinton. » Macron, Poutine, Trump, Syrie, climat, cybercriminalité… L’ancien président américain livre son sentiment sur chacun de ses sujets… Chic, on se dit, ça va être passionnant ! Mais, à dire vrai, rien de stupéfiant. La seule véritable info, c’est qu’il sort un livre policier la semaine prochaine en France.

On en apprend davantage dans JOURNAL DU DIMANCHE… Cette fois, deux visages à la Une : celui du chef de l’Etat, et celui de son ministre de l’Ecologie. Le titre, c’est « Le jour où Macron a lâché Hulot ». Retour sur les coulisses de la bataille politique autour du glyphosate, cet herbicide que le président de la République s’était engagé à interdire sous trois ans… et puis, finalement, soutenus par l’Elysée, les élus de la majorité ont empêché que cette interdiction soit inscrite dans la loi. Une nouvelle défaite pour Nicolas Hulot, dont le bilan est pour l’heure « mitigé », dixit l’hebdomadaire. Cela étant, ses proches le défendent et prédisent de prochaines victoires… Mais du côté de ses collègues du gouvernement, on se fait plus tranchant.« Il fait peut-être partie de ces ministres qui ont des idées, du talent, mais qui n’avaient pas mesuré qu’être ministre, c’est être bagarreur dans les arbitrages », commente l’un d’eux. Un pilier de la majorité se fait plus sévère encore : « Hulot est ingérable, dit-il. Et la question n’est pas de savoir s’il va partir, mais quand. »

D’autres petites infos politiques dans le JDD. On apprend ainsi que Valérie Pécresse a refusé de s’asseoir à la place indiquée lors des obsèques de Serges Dassault. Elle jugeait qu’elle était trop loin. « Je vous aime bien, mais il faut respecter l’ordre protocolaire », a protesté la présidente de la région Ile-de-France, avant de s’installer d’autorité juste derrière François Fillon… 

On apprend aussi pourquoi Christophe Castaner refuse de quitter la chaîne en or que ses conseillers en communication voudraient qu’il enlève. « Pas de question, répond-il, c’est un cadeau de sa mère. » Et donc il la cache, confie-t-il : « Je la cache en mettant une cravate, parce que sinon, il paraît que ça fait trop kéké ! »

D’autres infos dans LE MONDE, avec un sujet sur« Les largesses de Marine Le Pen en campagne ». La commission des comptes de campagne a refusé le remboursement de plusieurs dépenses de sa campagne présidentielle de 2017… Notamment l’intégration dans les comptes d’une gerbe de fleurs à 150 euros pour l’enterrement de la mère de Nicolas Dupont-Aignan. La commission n’a pas jugé qu’il s’agissait d’une dépense à caractère électoral.

Et puis, retour au JDD, où l’on découvre qu’Emmanuel Macron est fan de l’émission The Voice, une émission « de bienveillance et de mérite », estime-t-il. Et il l’a récemment dit au chanteur Mika, qu’il a invité à dîner à l’Elysée. 

Enfin, dans LE PARISIEN, on nous parle aussi de musique. « La Macarena », vous vous rappelez ? Eh bien figurez-vous que « La Macarena pourrait sauver des vies ». Hier, des chercheurs espagnols ont conseillé de se caler sur le rythme de ce vieux tube de l’été 1993 au moment de pratiquer un massage cardiaque ! La chanson a l’avantage, non seulement d’être archiconnue, mais aussi surtout de donner le bon tempo lors de ce geste d’urgence, à savoir 100 à 120 compressions par minutes. Et puis, honnêtement, ce n’est pas mal non plus pour débuter la journée ! 

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