Combien seront-elles ce dimanche à Ajaccio ? Combien de femmes et de jeunes filles viendront manifester ? A Bastia, le 21 juin, elles étaient 350, derrière des banderoles qui disaient "Nous ne sommes pas vos objets sexuels", "La tenue ne justifie rien" ou "Céder n’est pas consentir"…

Un mouvement est né le mois dernier sur l’île, et pour Le Monde, ce mouvement, c’est "la vague #metoo qui secoue la Corse". Enquête de Lorraine de Foucher. Tout a commencé début juin sur les réseaux sociaux, le weekend de la fête des mères, avec une déferlante de témoignages, dans la lignée de ceux publiés aux Etats-Unis sous le hashtag #Iwas, hashtag qui, comme #metoo, invite les victimes de violences sexuelles à dire ce qui leur est arrivé, en indiquant leur âge. 

C’est ainsi que Scarlett a twitté ceci.

I was 13 et c’était 2 amis. ‘Ne porte pas plainte, ils ne sont pas allés jusqu’au bout.’ Ils ne sont pas allés jusqu’au bout parce qu’ils ont entendu quelqu’un arriver. Je n’ai pas porté plainte.

Dans la foulée, une Corse installée à Paris, Laora Paoli Pandolfi, créé, avec une amie, le compte #Iwas Corsica, afin de relayer ces histoires. 

Balance ton porc n’avait jamais pris en Corse. Là, il y a près de 150 faits qui sortent. C’était horrible, je ne pouvais pas m'arrêter. C'était trop important. Ce n’est jamais un inconnu dans un parking avec un couteau, mais toujours des mecs que les filles connaissent et qui les forcent.

Toutes les histoires se ressemblent

Anaïs Mattei, 22 ans, raconte avoir été forcée chez elle, alors qu’elle hurlait, forcée par un ami qui lui aurait dit : "T’es qu’une salope ! A cause de toi, j’ai trompé ma copine !"

Lina Marini, 18 ans, en avait 15 au moment des faits.  Sur le port de Tonga, elle avait accepté un rendez-vous avec un garçon majeur avec qui elle avait échangé sur Snapchat. Elle avait un peu bu. Il l’a emmenée dans le noir et, malgré ses refus répétés, il est passé à l’acte tout en la filmant, tandis qu’un autre homme déboulait pour savoir s’il pouvait participer. Ensuite, elle passera par deux années de cauchemars, de honte, d’échec scolaire et de dépression, avant de comprendre que ce qu’elle avait vécu s'appelle un viol. 

Ici aussi, en Corse, là où tout le monde parle d’honneur, où on te dit que les femmes sont mieux traitées qu’ailleurs, il y a autant d’agressions sexuelles et de viols que sur le continent, mais le machisme local et le poids de la famille empêchent d’en parler. Sans tomber dans le cliché, on peut parler d’omerta.

Les événements paraissent lui donner raison. Lina, Anaïs, Scarlett et bien d’autres ont, par messages privés, tenté de croiser les identités de leurs agresseurs présumés, pour voir s’il y aurait des récidivistes. Une centaine de noms a alors émergé, et la liste a fuité, et les garçons incriminés, une cinquantaine d’entre eux, ont été porter plainte pour diffamation. Quatre des jeunes femmes du mouvement #IwasCorsica ont alors été convoquées par la police. Notamment Anaïs.

Ils ont fait ça pour nous faire taire, mais ça ne nous arrêtera pas.

Menaces et intimidations

Océane, 17 ans, convoquée elle aussi, rapporte que des parents et certains mis en cause sont venus en bas de chez elle pour la menacer.

Tu vas voir ce qui va t’arriver si tu continues !

Un compte Instagram anonyme a ensuite publié des images d’une jeune fille nue, en prétendant que c’était elle. Quant à l’agresseur présumé de Lina, le garçon rencontré sur le port de Tonga, il a déjà requis les services d’une avocate, laquelle a une manière bien étrange de le défendre. 

C’est un jeune homme beau et charmant, qui n’a pas besoin de violer une fille pour la séduire. On ne peut pas allumer un mec pendant toute une soirée et dire après qu’on n’a pas voulu. C’était un rapport consenti.

Alors combien seront-elles ce dimanche à Ajaccio ? Selon Le Monde, elles espèrent être un millier. 

On parle également de musique dans le journal. 

Une Traviata post-confinement

Alors que la plupart des opéras du monde ont préféré attendre l’automne, voire l’hiver, pour rouvrir leurs portes, le Teatro Real de Madrid a choisi de prendre les devants avec une version adaptée de l’œuvre de Verdi - adaptée aux règles de distanciations physiques. 

Pas de baisers ni d’accolades pour Alfredo et Violetta, mais un gigantesque lit blanc, sur lequel ils ne se touchent jamais. Distance respectée également entre les instrumentistes. Les violonistes, les altistes et les percussionnistes portent des masques. Les trompettistes et autres vents disposent d’écrans en Plexiglas. Des règles sanitaires qui font d’ailleurs aujourd’hui le bonheur des accros à la propreté.

C'est à lire dans Le Parisien.  

La revanche des maniaques

La maniaquerie qui, jusqu’alors, était plutôt considérée comme un défaut. Or, selon un sondage que dévoile le journal, 43% des Français la considèrent désormais comme une qualité. Et c'est une conséquence de l’épidémie de Covid-19, analyse Ronan Chastellier, sociologue spécialiste de la consommation.

L’épidémie, avec son gel hydroalcoolique et ses gestes barrière, a placé le maniaque sur un nouveau piédestal. On a compris que son combat était peut-être justifié, la lutte contre le virus, du propre contre le sale, devenant la lutte contre du bien contre le mal.

Il est aussi question du coronavirus à la une du quotidien.

"Crise du Covid-19 : le rapport choc des pompiers"

Dans un document interne, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France dénonce la gestion de la pandémie par le ministère de la Santé. Une gestion trop centralisée et inefficace. Les pompiers regrettent de ne pas avoir été davantage mis à contribution. La réponse du président de Samu-Urgence de France est cinglante.

On ne dit pas aux pompiers comment éteindre le feu à Notre-Dame.

Sous-entendu : chacun son métier. 

Mais tous les métiers peuvent mener à la politique. La preuve, ce matin, avec la une de La Provence, et ce titre : "Elle est là !" 

L'élection de Michèle Rubirola à Marseille

Une élection après un premier conseil municipal aussi houleux que la campagne. En pages intérieures, on trouve le portrait de cette médecin et militante écologiste de 63 ans qui, quand elle était ado, a joué dans la première équipe féminine de l’OM, et qui, nous dit-on, chante dans une chorale de gospel. Une femme "qui préfère souvent le ‘nous’ au ‘je’", note Sylvain Pignol, femme gaffeuse parfois, avec "une propension à éviter les situations de conflit". "Il faudra pourtant, forcément, en gérer en tant que maire de la deuxième ville de France", écrit-il. Mais elle-même précise que tout se fera "en équipe".

Lui aussi devra en gérer, des situations de conflits. Et, pour l’heure, on ne connaît pas encore son équipe. 

Longue interview de Jean Castex dans Le Journal du Dimanche

Le nouveau Premier ministre affirme vouloir s’attaquer rapidement aux dossiers sensibles, comme celui de la réforme des retraites. Même chose pour le "Ségur de la Santé", qu’il dit vouloir conclure "dès la semaine prochaine". 

Deux mots pour résumer ce qu'il présente comme sa méthode : dialogue et rassemblement, la volonté de dialoguer, le souci de rassembler. Mais il avertit qu’il ne croit pas au consensus mou. Pour le reste, il réfute le terme de "collaborateur", et assure mettre les bouchées doubles pour composer au plus vite son gouvernement. 

Et puis, pour finir, quelques conseils de lecture pour vos vacances.

Formidable, toujours, La Revue Dessinée, avec une formidable enquête sur la trace des bourreaux de Bachar Al-Assad. 

Formidable, toujours, la revue XXI, avec un formidable dossier sur le travail des femmes, qui souvent y laissent leur santé. 

Saluons, pour terminer, la sortie d'un nouveau magazine pour les plus jeunes.

L’éléphant Junior, la culture générale en jeux pour les 9–13 ans 

On y découvre notamment ce qui se passe dans la tête des chevaux, lesquels ont une mémoire d'éléphant. Une lecture pour passer un été à la fois distrayant et "apprenant".

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.