Dès qu’il sortait un nouvel album, Marguerite Duras lui envoyait un petit mot. Elle lui disait ce qu’elle pensait des musiques et des textes, ses titres préférés et ceux qu’elle aimait moins… Elle était l’une de ses fans, c’était son chanteur préféré, et ils sont devenus amis. Alors donc, de qui s’agit-il ?

Qui était le chanteur préféré de Marguerite Duras ? Eh bien, c’est Hervé Vilard, qui sera en concert ce soir et demain soir à l’Olympia. Pour l’occasion, il revient son parcours dans les colonnes du PARISIEN : son image de chanteur pour midinettes, la chanson que Johnny Hallyday a écrite pour lui, son homosexualité. En 1967, il a été le premier chanteur à faire son comingout. « C’est vrai, confie-t-il, qu’à l’époque, ça a choqué. Certains disaient que je ne ferai pas carrière. Mais ça n’a rien changé, car les gens n’en ont rien à foutre. » Et, de fait, il a fait carrière, notamment grâce à « Capri, c’est fini ».

Mais Capri, c’est vraiment fini. Elle est là, l’info importante de cette interview que donne Hervé Vilard. Je sais, ça vous bouleverse… A maintenant 71 ans, l’ami de Marguerite Duras va encore chanter ses plus grands succès lors de quelques concerts, mais ensuite, terminé ! Il n’a plus l’intention de fredonner les airs qui l’ont rendu célèbres. La raison, dit-il, c’est qu’il n’a plus l’âge. Plus l’âge pour les bluettes.  Et, d’ailleurs, il avoue qu’il tremble d’effroi quand il entend certains de sa génération continuer de chanter ce qu’ils chantaient il y a déjà 50 ans. Lui, désormais, veut passer à autre chose. Des titres moins vieillots, dans lesquels il raconte « sa vie de ouf », ainsi qu’il le résume dans sa nouvelle chanson. Une jeunesse de petit délinquant à Pigalle, après avoir fui l’orphelinat à quinze ans. Avant cela, il avait connu de nombreuses familles d’accueil. Enfant de l’Assistance publique, Hervé Vilard est né dans un taxi place de la Bastille.

C’est d’ailleurs sur cette place que se retrouveront tout à l’heure les participants de « la fête à Macron » qu’organise François Ruffin. Je ne crois qu’Hervé Vilard y sera, et il est impossible de dire combien de personne il y aura. Les chiffres, on les aura ce soir, mais d’ores et déjà, on peut sans doute parler d’un succès médiatique.

Un dossier de quatre pages et la Une, ce matin, de LIBERATION : photo pleine page du député de la France Insoumise – une photo prise à l’Assemblée, le bras levé, lors d’un débat : « Ruffin fait la fête », annonce le quotidien qui le qualifie de « trublion »… Ruffin, mis en avant par Jean-Luc Mélenchon, « qui le juge plus rassembleur », explique le journal. Vous lirez les préparatifs de cette manif « pot-au-feu », expression de l’organisateur. Son portrait dans LE PARISIEN : « Ruffin, l’électron libre », où on peut lire que son côté perso en agace plus d’un, y compris au sein de la France Insoumise… Confirmation dans L’OBS – « Ruffin, l’incontrôlable », mais là, le portrait est plus équilibré. L’hebdo reconnaît qu’en se posant en défenseur des ouvriers et des sans-grades, le député a réussi à imposer son style perturbateur et potache dans le paysage désolé de la gauche… Et aujourd’hui, il entend donc la réveiller, la gauche, avec une manif qui se veut bon-enfant, et qui a donc pour objectif de réunir ceux qui s’opposent au président de la République. Une « fête à Macron » qui pourrait, cela dit, être à son tour troublée, comme lors du 1ermai, par des radicaux du Black Bloc, ainsi que s’en inquiète LE MONDE : « Les manifestants radicaux perturbent le débat politique ». Raison pour laquelle quelque 2.000 gendarmes et policiers seront mobilisés. « La Fête à Macron sous haute surveillance », résume L’UNION.

Le chef de l’Etat qu’on retrouve à la Une du FIGARO. « Macron, le rendez-vous de l’an 1 »… Et ce n’est pas fini… Un an après son élection, le quotidien de droite fait le bilan de son action, en précisant, je cite, qu’il a installé « une pratique verticale du pouvoir et une ambition réformatrice qui séduit et bouscule »… Tout le dossier est sur ce ton-là, c’est-à-dire franchement bienveillant. Certes, il reste des choses à faire. Sur les finances publiques : « moins de déficit, mais pas plus d’économies », regrette le journal. Sur la sécurité : « la police du quotidien doit encore faire ses preuves ». Mais sinon, c’est une série de satisfecit. Sur l’emploi, je cite : « l’emblématique réforme du code du Travail a bien eu lieu ». Sur l’éducation : « la promesse tenue du retour aux fondamentaux ». Sur la diplomatie : « le choix du réalisme et de l’incarnation »… Quant à l’édito, là, on n’est franchement pas loin du panégyrique : depuis l’élection d’Emmanuel Macron, « la France est redevenue à la mode et un vent de confiance et de jeunesse souffle sur notre économie »… On lira, tout de même, dans le corps du papier, cette confidence d’un intime du chef de l’Etat : « On ne comprend pas la geste présidentielle d’Emmanuel Macron si, au fond du fond, on ne comprend pas que c’est un comédien. Il joue au président de la République et met en scène le fonctionnement de la Vème République. » Autre confidence, cette fois à propos de ses conseillers de l’Elysée auxquels, paraît-il, il impose un rythme infernal : « Emmanuel Macron est très darwinien, lâche l’un d’eux. Seuls les meilleurs survivent. » Autrement dit, les fameux premiers de cordée…

Au rayon politique, on apprend par ailleurs dans LE POINT que les mesures de sécurité de l’Elysée peuvent provoquer des accidents. Pour assurer la sécurité de l’Elysée, des bornes rétractables ont été installées à l’entrée de la rue du Faubourg Saint-Honoré afin de contrôler le passage de chaque véhicule… Problème : alors que Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, se rendait à une réunion, son véhicule s’est encastré sur les bornes.

Et puis dans L’EXPRESS, on apprend qu’avant d’installer son mouvement dans la tour Montparnasse, Benoît Hamon avait envisagé de l’installer rue du Banquier… Et puis finalement, rue du Banquier, il s’est dit que cela ferait rire…

Dans LE PARISIEN, on nous parle d’une autre rue… Et là, ça ne fait plus rire. La rue Boris Vian, dans le XVIIIème arrondissement. Les héritiers de l’écrivain demandent qu’on la débaptise. Ils la jugent indigne de porter ce nom. Parce qu’elle est sale et dégradée, et qu’elle n’a pas bénéficié de la réhabilitation promise par la mairie. Les héritiers de Boris Vian ont donc retiré l’autorisation qu’ils avaient accordée en 1992, quand il fut décidé de baptiser la rue. Et, dixit le journal, c’est probablement la première fois dans l’histoire de la capitale qu’une telle démarche est entreprise…

Cela dit, c’est un autre sujet qui fait la Une du journal. Un dossier sur l’hypnose.  « L’hypnose à l’appui de la science » Et notamment, à l’appui de la médecine. Dans les salles d’opération, on fait de plus en plus souvent appel à cette technique pour diminuer le stress et, parfois même, éviter les anesthésies. Or, après l’hôpital où elle est maintenant reconnue, la pratique pourrait bientôt faire son entrée dans le milieu judiciaire. Selon les infos du PARISIEN, la mère de la petite Fiona, morte il y a cinq ans, a demandé à pouvoir faire appel à un hypnotiseur pour l’aider à se souvenir du lieu où elle aurait enterré le corps de sa petite fille. Mais il n’est pas sûr que l’administration pénitentiaire donne son feu vert. 

Enfin, d’autres pratiques qu’on dira « alternatives ». C’est à lire dans CA M’INTERESSE : les pratiques vaudou. Des chercheurs américains et canadiens ont mené l’enquête, et ils suggèrent aux salariés soumis à trop de pression de planter des aiguilles dans une poupée à l’effigie de leur patron. Ces représailles symboliques permettraient de réduire d’un tiers le sentiment de souffrir d’une injustice. Les auteurs précisent que lancer des fléchettes sur une photo du chef en question peut également faire l’affaire… On imagine qu’il y aura des fléchettes aujourd’hui place de la Bastille.

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