On ne sait jamais qui sont vraiment les gens. Voilà ce qu’on se dit à la lecture des journaux. Tous, ce matin, tentent de comprendre qui était cet homme de 45 ans qui, jeudi, a poignardé mortellement quatre personnes au sein de la préfecture de police de Paris, avant d’être abattu. « Inimaginable » titre LA PROVENCE.

La préfecture de police de Paris
La préfecture de police de Paris © AFP / BERTRAND GUAY

Inimaginable, cette tuerie perpétrée par un informaticien du service des Renseignements. Il s’appelait Mickaël Harpon, il était né à Fort-de-France et, hier, en fin de journée, le parquet national antiterroriste s’est finalement saisi du dossier. "A-t-il commis là une attaque djihadiste ?" se demande le journal. En tout cas, la piste de la radicalisation est désormais privilégiée, et si elle se confirme, ce serait, dixit le quotidien, "un séisme pour l’institution policière", qui n’aurait donc pas décelé une menace terroriste venue de l’intérieur. 

« Attaque à la préfecture de Paris : l’ombre terroriste »

C'est le titre de LIBÉRATION. Rencontre avec des policiers sous le choc, notamment Marie, qui a travaillé une dizaine d’années dans ce sanctuaire au cœur de la capitale. 

Je connais parfaitement les lieux. C’est vraiment un endroit où tu te dis qu’il ne peut rien t’arriver…

Alors, qui était-il, Mickaël Harpon ? Dans LE FIGARO, reportage à Gonesse, où il habitait avec sa femme d’origine marocaine et leurs deux enfants âgés de 9 et 3 ans. Là-bas, certains le décrivent comme quelqu’un de "charmant, discret, même effacé, d’une grande gentillesse". Un homme qui, comme sa femme, était malentendant, et qui "qui forçait l’admiration", relate une voisine. 

A force de les côtoyer, on les comprenait très bien, et eux, ils lisaient sur nos lèvres. 

D’autres racontent sa conversion à l’islam. Souvent, tôt le matin, il se rendait en tenue religieuse à la mosquée de la ville, un pavillon de banlieue aménagé pour les prières. Mais aucun signe, semble-t-il, ne pouvait laisser supposer qu’il se soit radicalisé. 

Depuis la tuerie, comme l’écrit Mathieu Suc sur MEDIAPART, des infos et des rumeurs contradictoires se succèdent. A la préfecture de police, certaines femmes racontent que depuis des mois, il ne les saluait plus. Mais d’autres, au contraire, assurent qu’il leur disait toujours bonjour ces derniers temps, et même qu’il leur serrait la main… Autre rumeur : un voisin, policier de profession, aurait entendu Mickaël Harpon crier « Allah Akbar ! » à son domicile… Vérification faite : le voisin policier ne sait pas du tout qui a prononcé la phrase qu’en fait, il a entendu de la cage d’escalier. 

En revanche, des éléments tangibles semblent accréditer la thèse de la préméditation. 

Un échange de SMS

Jeudi matin, Mickaël Harpon a envoyé un texto à sa femme, dans lequel il évoquait l’achat d’un couteau. La réponse de cette dernière : en substance « Seul Dieu te jugera »… Cette dernière est toujours en garde à vue. 

Dans les éditoriaux, le sujet, bien évidemment, occupe une large place… Yves Thréard, du FIGARO, s’interroge sur les failles éventuelles. 

Comment cet individu pouvait-il être en poste au service des renseignements généraux de la Préfecture depuis quinze ans sans être repéré ? C’est tout bonnement incompréhensible.

Même interrogation dans LIBÉRATION, sous la plume de Laurent Joffrin. 

Comment le tueur a-t-il pu passer inaperçu ?

Mais il appelle toutefois à ne pas faire trop vite le procès de l’Etat. Dans MIDI LIBRE, Yann Marec rappelle une évidence.

Le terrorisme frappe toujours là où l’attend le moins. 

De son côté, LE PARISIEN nous parle des quatre victimes. On nous donne, pour l'heure, uniquement leurs prénoms. Ils s’appelaient Antony, Aurélia, Brice et Damien. Ils avaient entre 38 et 50 ans. Trois d’entre eux avaient des enfants.

On trouve également d’autres portraits dans la presse. Et là encore, on se dit qu’on ne connait jamais vraiment les gens. 

Dans LA VIE, hebdo catholique, rencontre avec un footballeur. 

« Olivier Giroud, champion de Jésus »

Dans cet entretien, le savoyard et champion du Monde ne parle pas de football, mais de sa foi, dont il parle d'ailleurs publiquement depuis maintenant plusieurs années. 

Je suis comme le patriarche Joseph, dans la Bible. J’ai beaucoup galéré sur un chemin d’embûches, mais je n’en ai jamais voulu au Seigneur. Et qu’est-ce que le malheur quand on est avec Dieu ?

Olivier Giroud s’est d’ailleurs fait tatouer le psaume 23 en latin sur l’avant-bras : "L'Éternel est mon berger, je ne manque de rien." 

Un autre portrait, politique celui-là, dans les colonnes du MAGAZINE DES ECHOS. 

« Bruno Le Maire, version originale »

Pendant 48 heures, Elsa Freyssenet a suivi le ministre de l’Economie, transfuge des Républicains, écrivain à ses heures - en l'occurrence, tous les jours, de 5 heures 30 à 7 heures. Une personnalité aux facettes étonnement multiples. Parfois dur, voire cassant, pur produit de la technostructure. Parfois plus à l'écoute, notamment avec les hommes de lettre... Il échange régulièrement avec Marc Dugain, de même que Michel Houellebecq, depuis qu'il s'est arrangé pour faire enterrer son chien en 2011. 

Houellebecq, j'apprends toujours quelque chose avec lui. Il n'est pas haineux. C'est quelqu'un de doux et blessé.

Un ministre capable d'une ambition sans borne, mais capable également d'auto-dérision. Il y a vraisemblablement plusieurs Bruno Le Maire dans la tête de Bruno Le Maire. 

A la Une de PRESSE OCÉAN, c'est le visage d'un homme coiffé d'une casquette. 

« Il s'appelait Omar Tahir »

Un visage et un nom pour répondre à cette question : "Qui est le migrant décédé jeudi dans une cabane du gymnase Jeanne-Bernard de Saint-Herblain ?" Ce migrant s'appelait donc Omar Tahir, il avait 30 ans, était originaire du Tchad, était père de deux enfants. Il y a toujours des vies, des histoires derrière celles et ceux qu'on appelle "migrants". 

On parle également de deux anniversaires dans la presse. 

Les 150 ans de la mort d’Hector Berlioz

Passionnant dossier dans la revue L'ÉLÉPHANT… Berlioz, aujourd’hui reconnu notamment comme un grand compositeur d’opéra… Les Troyens, La Damnation de Faust… Reconnaissance post-mortem, car de son vivant, personne, en France, ne s’est intéressé à ses créations dans le domaine de l’art lyrique. Des salles quasi-vides à Paris. Il se sent humilié, l'écrit à sa sœur. 

Il n’y a rien à faire dans cet atroce pays !

Dans ce dossier, on le découvre aussi journaliste et écrivain. Des chroniques, des nouvelles, des poèmes… L’écriture, d’abord pour arrondir ses fins de mois. "Régal d’humour et d’érudition", rapporte la revue. Décidément, on ne connait jamais vraiment les gens… 

Enfin, un autre anniversaire. 

Les 130 ans du Moulin Rouge

Une institution de la vie parisienne... Pour l’occasion, une savoureuse enquête à lire dans LE MONDE : "Le Moulin, machine à succès bleu, blanc, rouge"…  Succès de la revue Féérie, à l’affiche depuis 20 ans. Une clientèle composée pour moitié de Français, en majorité provinciaux, et donc pour moitié d’étrangers, dont le top 4 ne varie pas : les Américains, puis les Britanniques, les Australiens et les Chinois… De nombreuses nationalités aussi chez les artistes… Une soixantaine de danseurs, qui ont la particularité d’être embauchés en CDI, et non pas avec le statut d’intermittents du spectacle. Sachez d’ailleurs que des auditions ont lieu ce mois-ci à Londres et Paris. L’annonce précise les qualités recherchées. 

Une formation en danse classique et jazz, une excellente présentation sur scène, un physique harmonieux, une silhouette gracile pour les danseuses et une plastique finement musclée pour les danseurs...

1,75 mètre minimum pour les premières, 1,85 mètre minimum pour les seconds. Pensez-y, peut-être qu'en vous, se cache un futur danseur ou une future danseuse du Moulin Rouge !  

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