Un air d'été dans les journaux de ce samedi avec le départ du Tour de France et les résultats (enfin) tombés du baccalauréat. Mais il y a aussi des luttes qui ne prennent pas de congés : direction l'Algérie, la Grèce et à Paris, où un rassemblement proteste contre l’inaction gouvernementale face aux féminicides.

Les journaux ont un air d'été ce samedi, avec le départ aujourd'hui de la Grande boucle qui va, comme chaque année, occuper nos siestes de ce mois de juillet. “Le Tour prend l'accent belge” nous dit le Courrier Picard. Cette année, départ de Bruxelles, avec un contre-la-montre.

C'est l'histoire d'un Merckx” s'amuse Le Monde, car cette année plusieurs anniversaires et notamment celui de la première victoire du belge Eddy Merckx. 20 juillet 1969 : “la Belgique préfère son coureur cycliste à Neil Armstrong” qui posait en même temps pour la première fois le pied sur la Lune. “Merckx est un personnage dont la grandeur est d'autant plus importante qu'il ne disait rien, son silence a stimulé l'écriture de la légende” raconte l'universitaire Jean Cléder. “Il a prouvé que Bruxellois, Wallons et Flamands ont encore un destin commun” assure par ailleurs Philippe Close, le Bourgmestre de Bruxelles dans la Libre Belgique ; quand le vélo réunit tout un peuple

Autre anniversaire, celui du maillot jaune : 100 ans de convoitises et de folies. On lit dans l'Equipe Mag que l'étoffe est tissée en Champagne, que le polyester a vite remplacé la laine. Secrets de fabrications d'un maillot "made in France" contrairement aux autres, blanc et à pois, fabriqués au Portugal. 

L'Équipe a d'ailleurs teinté ses pages de la couleur or et le quotidien sportif raconte cette première fois. Le 11 juillet 1919, quand Eugène Christophe enfila le premier maillot jaune : “Il est deux heures du matin, nous sommes à Grenoble, au café de l'Ascenseur”. Le maillot jaune, “indispensable symbole qui grandit, envoûte ou écrase celui qui le porte”. Puissance romanesque d'un simple maillot

Ce Tour pourrait bien être celui des Français

C'est ce que nous dit la Provence. Le Télégramme octroie également un “Permis de rêver”  aux coureurs Français quand l'équipe Ineos - anciennement Sky - reste dominante mais sans “véritable patron” titre l'Écho de la Haute-Vienne. Chris Froome absent et Geraint Thomas de retour de blessure ; Pinot et Bardet comptent bien en profiter, complète Sud Ouest. Cela rebat les cartes, mais “quelques cartes seulement” nuance Le Parisien/Aujourd'hui en France. L'équipe Sky a, depuis 2012, remporté six des sept derniers tours. 

Pour en finir avec le Tour de France, Télérama, une fois n'est pas coutume, parle aussi Grande boucle à sa façon et nous raconte Guillaume Martin, cycliste-philosophe. C'est sa troisième participation ; diplomé d'un master de philo, il est auteur de Socrate à vélo et nous fait penser à Yannick Agnel, le “nageur intello” - on s'en étonnait presque à l'époque. Guillaume Martin développe une vision “nietzschéenne du sport de haut niveau” nous dit le magazine culturel.

C’est aussi les vacances, pour nombre de bacheliers 

Quelques larmes parfois mais surtout des sourires, en “une” par exemple du Petit Bleu d'Agen : celui de Maxime par exemple, le jeune homme aux anges, il a eu 20 de moyenne à son bac S.

Nombreux sont les quotidiens à publier ce matin dans leurs pages intérieurs l'intégralité des résultats. “Le bac malgré tout” nous dit le Dauphiné Libéré qui, comme Midi Libre, souligne les fausses notes de cette année. Les résultats sont tombés mais pas la tension ni les polémiques rappelle Aujourd'hui en France. Certains élèves restent dans le flou à cause des notes provisoires, 5% d'entre eux détaille le Figaro.

Après la grève des notes d'ailleurs, la rétention des copies : un prof raconte qu'aux oraux de rattrapage, il posera aux élèves la question suivante : “Combien de points vous manque-t-il pour avoir votre bac” et sera donc généreux dans la notation. Réponse à Jean-Michel Blanquer accusé par ce professeur d'avoir “cassé la grève” et “refusé toute négociation”. Passage en force, pression sur les jurys et un ministre plus que jamais en froid avec ses troupes : ce n'est jamais bon de partir en vacances fâchés.

Certaines luttes ne prennent pas de vacances

Et on comprends pourquoi, tant l'enjeu est majeur et tant le compteur s'affole. 73 femmes ont été tuées par leur compagnon ou leur ex-compagnon depuis le début de l'année. Samedi soir à Paris, un rassemblement doit se tenir place de la République pour dénoncer l'inaction gouvernementale. Ce samedi matin encore, l'Indépendant rapporte qu'une femme a été retrouvée morte, poignardée, dans son appartement de Perpignan ; son compagnon est en garde à vue. À Toulouse, la Dépêche du midi raconte qu'un homme a frappé son ex-femme à coups de feuille de boucher en présence de trois enfants. L'homme avait déjà, il y a deux ans, eu affaire à la justice pour des violences conjugales.

“L'état peine à empêcher ces meurtres de femmes” déplore le Figaro et de citer Elisabeth Moiron-Braud, elle préside la mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violence : “Nous avons aujourd'hui tous les outils et l'arsenal nécessaire pour faire face à ce fléau... encore faut-il les utiliser”.

Allez lire, à ce propos, sur franceinter.fr, le décryptage d'une avocate qui travaille au quotidien sur les affaires de violence conjugales. Elle cite trois exemples où le système a montré ses failles, ses carences. Le cas de Sandra, par exemple, que des policiers auraient dissuadée de porter plainte : “On lui a dit de faire attention, que ses enfants risquaient d'être placés”. 

Pas de vacances non plus pour les Algériens qui protestent, encore et toujours

Image de femmes, pleine page dans Libé : des femmes qui manifestaient hier à Alger pour le 57e anniversaire de l'indépendance. Les Algériens “plus que jamais décidés à en finir avec le régime” titre le Figaro qui explique : les manifestants réclament le départ d'Ahmed Gaïd Salah, chef d'état major qu'ils accusent de dérive autoritaire. “Nous avons peur que le pays deviennent une dictature militaire” témoigne un manifestant.

En Algérie ou ailleurs, la politique ne prends pas congé. Direction la Grèce, encore pour quelques heures celle d'Alexis Tsipras. Le premier ministre a convoqué des législatives anticipées après son échec aux européennes et les journaux lui prédisent une cuisante défaite face au chef de file de la droite grecque, Kyriakos Mitsotakis, issu d'une dynastie politique bien établie. 

Les devoirs de vacances d'Emmanuel Macron

Tandis que Libération a suivi les nouveaux députés européens en pleine installation au Parlement de Strasbourg, tandis que la droite fait son introspection et recherche sa boussole perdue, ironise Le Monde, le chef de l'état, lui, prend du recul ! Mais il a déjà la tête aux municipales nous dit donc Aujourd'hui en France... “Officiellement en retrait, le président surveille pourtant tout, au détail près” croit savoir le quotidien et “il n'a pas l'intention de boire le bouillon aux municipales”.  

Plus d'un col à gravir pour Emmanuel Macron qui ira prendre un bain de foule sur le Tour et pour ses vacances, passera quelques jours en famille au Fort de Brégançon, début août. Et vous ? où irez-vous ? où partez-vous ? Si vous avez la chance et le budget de pouvoir prendre des vacances, Libé, tout en photos aujourd'hui, nous invite à plus des congés “verts”. En partant léger, avec moins de bagages, ou en allant moins loin par exemple. “La découverte près de chez soi peut s'avérer tout aussi dépaysante... Un colorado provençal dans le Vaucluse, un lac aux airs de Canada au coeur des Vosges ou la dune toute saharienne du Pilat à Arcachon”. Il suffit d'imaginer et de rêver...

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