Ce matin, le Figaro et Libération proposent le même sujet à la une : l'envie d'emménager à la campagne qui a surgi chez de nombreux citadins. Dans le Parisien, c'est un dossier sur les camping-cars, et de nouvelles histoires viennent nourrir le débat sur le racisme et sur les violences policières.

Alors qu’hier soir, à Strasbourg, entre 3 500 et 5 000 manifestants se sont rassemblés pour rendre hommage à George Floyd, dire leur refus du racisme et dénoncer les violences policières… Alors que de nouvelles actions sont prévues ce samedi dans plusieurs villes de France… Alors que la justice vient d’ouvrir une enquête sur les propos racistes tenus dans la police : une enquête judiciaire qui fait suite à l’enquête journalistique de Streetpress qui, jeudi, révélait que des milliers de fonctionnaires de police partageaient des messages et des montages racistes dans un groupe privé sur Facebook… Alors que le ministre de l’Intérieur a lui-même saisi le procureur de la République, deux nouvelles histoires, ce matin, viennent nourrir le débat. 

La première est à lire dans Ouest France.

« Affiches nauséabondes au commissariat de Nantes »

En l’occurrence, dans un bureau du rez-de-chaussée, où sont interrogés des suspects en garde à vue pour des délits mineurs. Un bureau où se succèdent donc les officiers de la police judiciaire, de même que les avocats. Et c’est un avocat qui a eu la nausée devant le détournement de la couverture de Tintin au Congo. Sur le pastiche, Tintin est noir et on a modifié le titre : c’est Tintin au Congo, de nuit Comme pour signifier que la nuit, tout le monde est noir. 

Et ce n’est pas la première fois que ces mêmes bureaux hébergent une affiche de ce tonneau. Il y a quelques mois déjà, l’émotion des avocats en coulisse avait conduit à faire dépunaiser un autre détournement. Cette fois, on y voyait une barque chargée de migrants, et le titre, c’était : Le Congo chez Tintin On dira qu’il y a comme une petite obsession sur le sujet dans ce bureau. 

Pour cette première affiche, le patron la police de Loire-Atlantique reconnait, sans détour, une "connotation raciste" mais, malgré l’enquête administrative diligentée, son auteur n’a pas été identifié. Et l’on ne sait pas non plus pourquoi personne n’a réagi, personne n’a été choqué dans ce service du commissariat central de Nantes. 

Mais il y a plus grave. C’est la deuxième histoire. Elle est à lire sur Mediapart et sur le site Le d’Oc. Et c’est la mort d’un homme que nous racontent les deux journaux en ligne. 

Mort de Mohamed Gabsi : un rapport d'autopsie pointe les pratiques policières

Que s’est-il réellement passé le 8 avril à Béziers ? Ce jour-là, Mohamed Gabsi, 33 ans, est décédé après une violente interpellation par trois policiers municipaux, lors d’un contrôle lié aux mesure de confinement. 

Avant-hier, dans Midi Libre, la sœur de la victime, Houda Gabsi, a dévoilé les conclusions de l’autopsie, selon lesquelles son frère est décédé par asphyxie, asphyxie provoquée par les gestes des policiers. Ces derniers l’ont menotté, puis plaqué au sol sur le ventre pendant plusieurs minutes. Il a ensuite été transporté vers le commissariat à l’arrière d’un véhicule, toujours menotté, toujours sur le ventre, et avec un des policiers assis sur lui. 

Hier, le procureur de la République s’est empressé de préciser les choses dans un communiqué, signalant que le rapport de toxicologie faisait état d’une prise massive de cocaïne. Réaction ulcérée de la sœur de Mohamed Gabsi.

Certes, il a eu des problèmes avec la justice et avait une dépendance à la cocaïne, mais est-ce une raison pour être tué lors de son interpellation ? Qui lui a fracturé la thyroïde ?

Car voilà ce que met en avant le rapport d’autopsie, qu’ont pu consulter Le d’Oc et Mediapart : une asphyxie provoquée à la suite « d’un appui maintenu », et « appliqué avec une force certaine » - le poing, le coude ou le genou. Un genou sur le cou ? Ceci, bien sûr, n’est pas sans rappeler une autre histoire. Une jeune femme a d’ailleurs assisté à la scène, et filmé une partie des faits. Elle garde en mémoire les mots de Mohamed Gabsi : "Au secours, à l’aide, ils veulent me tuer !" 

Il était entre les mains de la police censée le protéger. Et, en fait, on assistait à son décès. Lorsqu’ils ont fermé la porte de leur véhicule, ils ont forcé parce qu’une partie de son corps dépassait. Mais Mohamed Gabsi ne réagissait déjà plus. 

C’était donc le 8 avril dernier à Béziers, dans l’Hérault. 

Un tout autre sujet, ce matin, fait la Une du Figaro et de Libération. En l’occurrence, le même sujet.

« Après le Covid, l’envie de vivre à la campagne »

C’est le titre du quotidien de droite. Et cela donne, dans le quotidien de gauche : « Besoin de vert, envie de toit ». Explication de Libération : "La pandémie et le confinement ont ébranlé les Français, au point que certains citadins rêvent de tout quitter pour aller vivre à la campagne." Explications du Figaro : "Éprouvés par le confinement, ou séduits par leur séjour prolongé en milieu rural, de nombreux citadins veulent sauter le pas."

Dans l’édito du Figaro, Etienne de Montety cite Jules Renard, lequel disait que "la campagne se prête à toutes les divagations du rêve"… Dans l’édito de Libération, Laurent Joffrin invoque "le rêve d’Alphonse Allais : bâtir les villes à la campagne"… Si l’on en croit les deux journaux, on serait donc aux prémices d’un exode urbain. De nombreux citadins, notamment parisiens, ayant décidé de concrétiser de vieux projets de déménagement pour aller enfin vivre au vert. Dans certaines entreprises, la mise en place massive du télétravail pourrait bien d’ailleurs faciliter ces départs. Un édile normand se réjouit. Le maire de Belforêt-en-Perche.

C'est une aubaine pour le tissu économique de nos villages !

Pour l’heure, cependant, en dépit du boom des consultations d’annonces de vente de maison, les agences immobilières ne constatent aucune envolée concrète des achats. 

Dans Le Parisien, on nous parle des vacances. 

Le camping-car, star de l'été

La France est le pays européen où ce mode de tourisme est le plus en vogue, et après les deux mois de confinement, les camping-cars auront plus que jamais le vent en poupe dans les deux mois qui viennent. Le journal nous propose le témoignage d’une famille de nouveaux convertis, Clémentine et Franz, qui, avec leurs enfants, vivront donc leurs premières vacances sur les routes. Un périple de 5 000 kilomètres à travers le pays. "Le rapport prix-plaisir est imbattable", relève Clémentine, en reconnaissant que pendant longtemps, elle trouvait que le camping-car avait "un côté Bidochon".

Enfin, toujours dans le Parisien, une info amusante concernant les masques. La mairie du Vésinet en avait commandés 15 000 pour ses habitants, des masques lavables avec des tissus à motifs. Surprise des habitants en découvrant lesdits motifs. Sur certains, ce sont des oiseaux, des arbres, des cerises, des étoiles, mais sur d’autres, figurent des feuilles de cannabis.

Des feuilles de cannabis sur les masques du Vésinet

Pour info, la représentation de produits stupéfiants est illégale, et ceux qui décident de porter ces masques risquent gros : jusqu'à 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. Habitants du Vésinet, gare à vous si vous vous faites interpeler. 

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