J’ai découvert un nouveau mot. Le mot ‘plogging’, une contraction de ‘jogging’ et de ‘plocka upp’, verbe qui signifie ‘ramasser’ en suédois. Et comme son nom l’indique, le ‘plogging’ consiste à faire du jogging tout en ramassant. En ramassant quoi ? Pas des fleurs, ni des champignons, non : en ramassant des déchets.

Les ‘ploggeurs’ trottinent un sac-poubelle à la main. Ils transpirent tout en œuvrant pour l’environnement, et cette nouvelle pratique amuse Pascal Paillardet, qui signe une chronique dans LA VIE… « Ce matin, j’ai couru 15 mégots et 6 couches culottes ! Vive le sport ! » écrit-il, tout en félicitant les marathoniens de la boîte de conserve qui se décrassent les poumons en nettoyant nos épluchures. Et il invite les autres athlètes du dimanche à suivre leur exemple. Autrement dit, à concilier activité physique et attitude citoyenne. Que chacun fasse désormais preuve d’esprit civique ! Ceux qui font de la plongée sous-marine pourraient ainsi s’obliger à remonter des enjoliveurs ou des pneus. Quant au cyclistes qui pédalent la bouche ouverte, qu’ils en profitent pour gober tous les moustiques ! Comme ça, cet été, on sera moins dérangé quand on fera la sieste…

On se moque, on se moque, mais le sujet est sérieux. La preuve : il a droit à deux pages du supplément du MONDE. Et là, on nous raconte une séance de ‘plogging’… En l’occurrence, c’est Nicolas Santolaria qui a tenté l’expérience : debout à l’aube un samedi d’avril, pour aller ramasser par temps gris des déchets sur le bord de la Seine. Ils sont six à s’élancer ce matin-là. On leur confie des gants en caoutchouc et un sac-poubelle transparent. Puis on leur donne quelques consignes : ne pas prendre les morceaux de verre ou les produits chimiques – le « ploggueur » n’est pas un éboueur bénévole en baskets. Il ne ramasse pas tout… Mais ensuite, c’est comme un jeu écolo, et c’est à qui remplira son sac-poubelle le plus vite ! Des cartons de pizza, des canettes, un Tampax usagé… Au bout d’une heure : près de 600 déchets récoltés. Et, d’après l’organisatrice, ce nouveau sport venu du Nord aurait sur les consciences comme un effet anxiolytiques : résultat des endorphines produites par la course, associées à la satisfaction d’avoir nettoyé plusieurs kilomètres. Pratiquer le « plogging », c’est avoir le sentiment fugace de reprendre la main sur la destinée de la planète, chaque jour un peu plus polluée. Et puis, c’est vraiment très bien vu : sur la route, certains lancent des « merci » et des « bravo »… Et le journal en profite pour nous raconter l’histoire d’une autre glaneuse de déchets. Elle s’appelle Elodie Cousquer, elle a 28 ans et, depuis deux ans, avec une remorque de fortune, bénévolement, elle nettoie la presqu’île de Quiberon. « Si on s’y met tous, on peut y arriver », explique la demoiselle, en confiant qu’un jour, elle a trouvé une bouteille sur la plage. Dedans, il y avait un message et le message disait : « On vous fait de gros bisous. » Parfois, les déchets qu’on ramasse peuvent se montrer reconnaissants.  

Lui, ce n’est pas en courant, mais plutôt en avion qu’il fait des kilomètres (et il ne ramasse pas de déchets). En un an, il a fait 43 voyages - 72 jours à l’étranger, ce qui fait un total de 170.000 kilomètres parcourus. L’équivalent de 4 tours de monde. C’est LE JOURNAL DU DIMANCHE qui a fait le calcul et le grand voyageur, c’est le chef de l’Etat. Demain, cela fera un an qu’il a été élu à l’Elysée, et l’hebdomadaire nous raconte, je cite, « Le Monde selon Macron ». Une référence au roman de John Irving, « Le Monde selon Garp ». Sauf que là, le héros n’est pas un écrivain, mais un homme politique. Il explique au journal les clés de sa politique étrangère : ses rencontres avec Trump et Poutine, ses craintes sur l’Iran comme sur la Syrie. Il dit qu’il ne veut pas, je cite, « faire la guerre au régime syrien ». Il dit qu’il n’est pas« néo-conservateur », ni « interventionniste », mais qu’en frappant des sites stratégiques en Syrie, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis voulaient avant tout « éviter une escalade ». Pour Hervé Gattegno, qui signe l’édito, le président de la République, en voyageant autant, a réussi à replacer la France au centre de la scène internationale.« Cependant, écrit-il, être un bon produit d’exportation ne peut suffire à un chef d’Etat. Son défi est de faire bouger le pays, plus que de le faire briller. » Il conclue avec ces deux phrases : « A trop s’éloigner des Français, Macron prend le risque de sembler distant. A la fin de son quinquennat, ce n’est pas en kilomètres que se mesurera le chemin parcouru. »

Et ce sont justement les Français que sont allés interroger d’autres journaux. Dans MIDI LIBRE, neuf lecteurs jugent l’action du chef de l’Etat : son style, sa personnalité, sa politique, ses mesures, et ce qu’ils attendent pour la suite. Même principe dans L’UNION : des élus, des enseignants, des artisans évaluent sa première année. Certains pensent du bien des réformes, d’autres se disent déçus, d’autres encore très en colère… De son côté, LE PARISIEN est retourné voir toutes celles et ceux qu’il a croisés durant sa première année de mandat. Ils racontent leurs souvenirs, les poignées de mains, les regards, les promesses. L’homme sait être chaleureux. Attentif. Convaincant. Il sait être charmeur. Mais certains le trouvent autoritaire, trop sûr de lui et trop souvent condescendant. Lire également à ce sujet l’excellente analyse que signent Bastien Bonnefous et Solenn de Royer dans LE MONDE : « Emmanuel Macron, la présidence impérieuse » - c’est franchement passionnant. Une enquête fouillée sur un président qui ne cache pas sa fascination pour les rois et les lieux de la symbolique monarchique. Il semble qu’il ait deux modèles : Machiavel et François 1er.

Les journaux nous donnent également des nouvelles du monde. LE JDD revient ainsi sur la première mesure prise depuis la rencontre historique entre le leader nord-coréen et son homologue du Sud… Jeudi, la Corée du Nord a avancé toutes ses pendules de trente minutes, s’alignant ainsi sur le même fuseau horaire que la Corée du Sud… Un signe important de la détente en cours.

De son côté, LE FIGARO s’inquiète pour Liu Xia, la femme du prix Nobel de la paix Liu Xiaobo… Depuis la mort de son mari l’an dernier, elle est assignée à résidence à Pékin. Le régime chinois refuse de laisser partir en exil en Allemagne – l’Allemagne propose de l’accueillir, et elle envisage aujourd’hui le suicide. La mort, comme une protestation. Sachant qu’officiellement, Liu Xia n’est accusée d’aucun crime. Elle est donc enfermée de façon arbitraire et paye donc le prix de son amour pour un poète qui, lui, militait pour la démocratie.

Et puis, sur le site SLATE, on apprend qu’au Brésil, la beauté est considérée comme un droit humain. Chaque année, le gouvernement prend en charge un demi-million d’opération de chirurgie esthétique. Rhinoplastie, mammoplasties, liposuccion : dans les hôpitaux publics, elles ne coûtent pratiquement rien…

Enfin, puisqu’on parle de beauté : que faut-il dire à son enfant quand il fait un dessin ? C’est la question que pose Nadine Coll ce weekend dans VERSION FEMINA… Un bonhomme avec un ventre énorme et des yeux globuleux : « Tiens, regarde papa, c’est toi ! » Un autre, on dirait un sanglier : « Tiens, regarde maman, c’est toi ! » Alors donc, on dit quoi ? Eh bien, on ne dit pas que c’est moche. Non, ça peut lui faire très, très mal. On lui que c’est joli, mais éventuellement on lui montre comment s’améliorer. Donc on ne jette pas son dessin – nos poubelles débordent déjà – et on lui fait un gros bisou.

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