Il ne regrette rien. Non. Rien de rien… Il y a un an, Sébastien Bras avait fait les gros titres de nombreux journaux. Ce chef aveyronnais, trois étoiles au Michelin, des étoiles gagnées par son père Michel vingt ans plus tôt, ne voulait plus que son restaurant, Le Suquet à Laguiole, apparaisse dans le Guide rouge.

Ras-le-bol de la pression imposée par les critiques gastronomiques. Ras-le-bol de cette peur de déplaire. Il a donc choisi de rendre ses trois étoiles et, un an après, les journalistes de CENTRE PRESSE et de LA DÉPÊCHE DU MIDI sont retournés le voir afin de faire le point sur sa nouvelle vie. 

La vie sans étoile est plus belle pour le chef Sébastien Bras

Les prix n’ont pas changé. La qualité des plats non plus, et les habitués viennent toujours. Aucune baisse de fréquentation. Il y a même de nouveaux clients, qui n’osaient pas pousser la porte de l’établissement quand il était étoilé. Sébastien Bras ne regrette rien. Au contraire, il est soulagé. Il assure que son niveau d’excellence est le même, mais que dorénavant, il fait ce qu’il a envie de faire sans se demander si ça correspond aux standard d’un restaurant trois étoiles. 

Je me fais plaisir, et je ne me prends plus la tête pour savoir si ça rentre dans les codes du Michelin. 

Même sans ses étoiles, Sébastien Bras est « toujours au firmament », commente LA DÉPÊCHE. 

Maintenant, quand je cuisine, c’est uniquement mon cœur qui parle.

Son cœur régale les estomacs.

Un autre chef s’exprime dans LE FIGARO, et pour lui, beaucoup de choses ont changé depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Et surtout depuis le renouvellement de l’Assemblée Nationale ; de nouveaux députés, plus jeunes, et plus de femmes… Ce chef, c’est Maxime Laurenson, qui tient Loiseau Rive Gauche, à deux pas du Palais Bourbon, restaurant une étoile dans le guide Michelin… Avant, le lieu s’appelait Tante Marguerite, et midi et soir, chaque mardi et mercredi, jours de séance à l’Assemblée, la salle était remplie d’élus de tous les bords. C’était leur cantine. Cuisine traditionnelle, des plats qui tiennent au corps. Mais de nombreux parlementaires ont été battus aux législatives de 2017.

Le chef Maxime Laurenson a dû s’adapter pour séduire les nouveaux députés 

Une cuisine plus légère. Mais il a bien du mal à attirer chez lui cette nouvelle génération d’élus. Question de génération, justement… Certains préfèrent déjeuner rapidement, sur le pouce. Pas le temps de passer deux heures à table. Ils se contentent de sandwichs à la boulangerie. D’autres préfèrent la convivialité de la buvette de l’Assemblée où, là aussi, les menus ont sacrément évolué depuis un an et demi : fini les formules « entrée-plat-dessert », fini les plats en sauces, les plats trop travaillés, les steaks-frites à la chaîne… 

Les élus de la République exigent désormais une alimentation plus saine, des fruits, des légumes… Par goût, par souci de santé, et par  manque de temps, on y revient. Et pourquoi c’est intéressant ? Eh bien, parce que les pratiques culinaires racontent notre pays. La France est le pays de la gastronomie, mais les habitudes évoluent. 

On mange différemment ; les priorités ont changé

C’est ce qu’on lit également ce matin dans LE PARISIEN : un cahier spécial de 12 pages, le dossier et la Une : _« Manger bon et local, c’est possible »_. Une enquête sur le phénomène « locavore », mouvement qui a germé en 2005 en Californie et qui ne cesse de prendre de l’ampleur en France. Le mot « locavore » désigne une personne qui mange des aliments conçus, transformés et conditionnés à proximité de chez elle… Or, nous explique le quotidien, nous sommes de plus en plus en nombreux à nous tourner vers les produits de nos terroirs. Une tendance qui devrait encore s’amplifier et gagne aussi les grandes surfaces. Le journal s’en réjouit, exposant six raisons d’acheter local : c’est une façon de soutenir l’économie régionale, c’est le retour aux "vraies" saveurs, c’est bon pour la santé et c’est pour l’environnement, puisqu’on limite les transports. 

De plus en plus de « locavores », de plus de plus de végétariens  

C’est à lire dans LE FIGARO et c’est, là encore, une question de génération. De plus en plus de jeunes refusent le rosbif, la blanquette de veau ou même les quiches lorraines car il y a des lardons… Parfois, ça tourne à l’obsession. Voire à l’action commando – le quotidien s’en inquiète : « Les dérives violentes du mouvement végan »... 

Boucheries vandalisées, abattoirs incendiés, menaces de mort

Depuis un an, des « antispécistes » mènent des actions extrêmes. Les « antispécistes » sont ceux qui prônent l’absence de différence entre les espèces. A ce titre, ils refusent toute exploitation de l’animal par l’homme, et certains mènent donc la lutte avec des actions radicales… Des mots radicaux également : appelant à une « résistance mondiale », et sans égards pour les victimes de la Shoah, ils n’hésitent pas à parler d’« holocauste des animaux », de « génocide », de « camps de la mort » quand ils évoquent les abattoirs…  Un fanatisme qui, dixit l’édito du journal, dessert la cause qu’il voudrait servir. Tuer une vache reviendrait, selon eux, à commettre un crime, et la traire à exploiter une travailleuse… « L’homme est omnivore », rappelle LE FIGARO. Certes, mais les pratiques montrent que son regard sur les animaux évolue. 

Et comment donc va évoluer le Brésil ? 

On retrouve la question dans tous les journaux ce matin. 

L’extrême-droite aux portes du pouvoir au Brésil

C'est le titre à la Une du MONDE. Le premier tour la présidentielle a lieu demain. A 63 ans, Jair Bolsonaro, nostalgique de la dictature militaire, est le grand favori des sondages. Réputé pour ses saillies racistes et homophobes, il est porté par l’exaspération de la population face à la violence des gangs et la corruption. Porté aussi par de nombreux pasteurs évangéliques brésiliens, qui estiment qu’il est le seul des candidats à défendre les valeurs de l’Eglise.

La presse revient aussi une disparition inquiétante. 

La disparition du patron d'Interpol

Il s'agit du Chinois Meng Hongwei. Les services d’Interpol sont basés à Lyon, et c’est de Lyon que Meng Hongwei avait pris le départ pour la Chine le 25 septembre. Or, depuis, il n’a plus donné signe de vie. Son épouse a par ailleurs reçu des menaces.

Enfin, tous les journaux évoquent la cérémonie d’hommage à Charles Aznavour, hier, aux Invalides. 

« L'adieu au grand Charles »

« Grand Charles », on retrouve l'expression dansPARIS NORMANDIE. Hommage également de Bruno Frappat dans LA CROIX. Il pense aux textes d’Aznavour, qui n’a fait que chanter l’amour pendant des décennies… _« L’amour, le roi des sentiments. »Un sentiment fort, puissant, éternel. « On n’a jamais essayé mieux »_, écrit Bruno Frappat. Et jamais trouvé mieux. Et ça fonctionne comme ça depuis des générations.

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