Ce dimanche, à Paris, des manifestants viendront défiler pour dire leur opposition à l'extension de la Procréation Médicalement Assistée aux femmes seules et aux couples de lesbiennes. Principal argument : un enfant né sans père ne peut grandir convenablement. Dans LE PARISIEN, trois jeunes conçus par PMA témoignent.

Les enfants nés par PMA témoignent (Photo d'illustration)
Les enfants nés par PMA témoignent (Photo d'illustration) © Getty / Joshua Cullinan / EyeEm

Comment quelque chose que vous n’avez jamais eu pourrait vous manquer ? 

Elle s’appelle Marine, elle a 19 ans, est étudiante en droit et défend, dans LE PARISIEN, les femmes célibataires qui ont choisi de faire un enfant seules, comme ce fut le cas pour sa mère, qui a entrepris une PMA en Belgique en 1999.

Je n’ai pas de père, mais je ne me sens pas amputée pour autant. Mon père n’est pas mort, n’est pas absent ou défaillant, ce qui aurait pu créer un vide, mais ce n'est pas le cas. Je suis l’enfant d’un autre projet parental, peut-être moins classique mais réfléchi et pas moins valable. Et j’ai été désirée à un point que je souhaite à tous les enfants.

Dès lors, quid du débat actuel sur l'extension de la Procréation Médicalement Assistée aux femmes seules et aux couples de lesbiennes ?

Elle existe déjà dans les faits. Arrêtons avec cette hypocrisie. Je vais bien, merci.

Même tonalité chez Guillaume, lui également conçu par une procréation médicalement assistée. Une fécondation in vitro. Ses parents étaient infertiles et, très tôt, ils lui ont clairement expliqué les conditions de sa naissance. Conditions dont lui-même parlait parfois à l’école, suscitant l’admiration de ses copains, « emballés par le côté prouesse scientifique », sourit le jeune homme. 

Et puis il y a Bastien, 23 ans, enfant d’un couple de femmes. Là encore, une PMA en Belgique. Il suit de près les débats sur le sujet et se désole des propos qu'il découvre parfois sur les réseaux sociaux.

J’ai lu qu’on ne pourrait pas être heureux sans père ? Que nous ne serions pas normaux ? Qu’on arrête de parler à notre place ! Ce qu’on attend de la part de parents, c’est de l’amour, et je n’en ai pas manqué. 

En l’occurrence, donc, l’amour de ses deux mères. Mais ça, ça ne plait pas à tout le monde, comme en témoigne LE PARISIEN.

La PMA de la discorde

Selon le ministère de l’Intérieur, quelque 200 000 manifestants pourraient se déplacer ce dimanche. Une manifestation pour dire leur opposition à l’extension de la PMA aux femmes seules et aux couples de lesbiennes. Principal argument : on n’a pas le droit de priver des enfants de père. Ce matin, lisons et écoutons aussi les mots de Marine, de Bastien, qui savent de quoi ils parlent. 

Tous les journaux reviennent également sur l’attaque perpétrée jeudi au sein de la préfecture de police de Paris. Un homme qui tue quatre personnes, et en blesse plusieurs autres avant d’être abattu.

Attaque à la préfecture : la piste terroriste

C’est le titre du MONDE, qui précise que l’opposition accuse l’exécutif d’avoir tenté de dissimuler des informations. L’exécutif répond, par la voix du Premier ministre, dans LE JOURNAL DU DIMANCHE. Edouard Philippe annonce la saisie de l’inspection générale des services de renseignements et « une revue en profondeur des procédures de détection ». 

Le risque zéro n’existe pas, mais c’est notre responsabilité de ne jamais accepter d’éventuels défauts, et de toujours resserrer les mailles du filet. 

Question de l’hebdomadaire : « Est-il exact que des enquêtes sont en cours sur des soupçons d’autres cas de radicalisation dans l’Administration ? » Réponse du Premier ministre. 

Dans la police, ces dernières années, une vingtaine de situations ont donné lieu à des mesures pour écarter des personnes dont le comportement n’était pas compatible avec leur fonction.

Cela étant, les personnes en question ont-elles réellement été écartées ? Eh bien pas vraiment, si l’on en croit Jean-Paul Mégret, secrétaire général adjoint du syndicat indépendant des commissaires. 

Aujourd’hui, on a quelques dizaines de personnes dans la police qui sont considérées comme radicalisées. On se les refile entre services, on les oriente vers des tâches moins sensibles, mais elles restent dans la police, car s’il n’y a pas de délit. Une radicalisation n’est pas une cause de révocation, donc l’administration est bloquée. 

Pas de texte adéquat, pas de dispositif juridique. Une interview à lire dans les colonnes du PARISIEN.

Et maintenant, écoutez cette voix... 

Malena Ernman, chanteuse lyrique, mère de Greta Thunberg

Moscou, 2009, le concours de l’Eurovision. La voix qu'on entend, c'est celle de la candidate suédoise, Malena Ernman, formée au Royal Collège of Music à Stockholm. Alors, pourquoi vous parler d’elle ? Eh bien, car cette grande mezzo-soprano est la mère de Greta Thunberg… Eh oui, dans la famille, c’était elle, la célébrité, jusqu’à ce que sa fille aînée ne s’engage pour le climat. Son portrait est à lire dans M, LE MAGAZINE DU MONDE, où l’on découvre que la chanteuse lyrique n’est pas une écolo de très longue date ; c’est Greta qui l’a convertie, et non l’inverse, ne cesse-t-elle de répéter. Du reste, au départ, elle n’était pas favorable à sa grève scolaire. Mais c’est sous sa pression, sous la pression de son aînée, qu’il y a déjà quatre ans, Malena Ernman a décidé de ne plus jamais prendre l’avion, signant du même coup l’arrêt de sa carrière internationale.

Pour info, elle avait terminé à 21ème place du concours. Et la France 8ème avec Patricia Kaas, comme ça vous savez tout… On retrouve d’ailleurs la fille de Malena en photo dans les pages de TELERAMA. Photo prise au moment de son intervention lors du sommet de l’ONU sur l’urgence climatique le 23 septembre. Le lendemain, de nombreux journaux avaient illustré la séquence avec un cliché qui montrait l’adolescente le visage et la bouche déformés. C’est important, le choix d’une photo. Ici, elle apparaît nettement plus apaisée, et le papier est bienveillant. Dans la famille Thunberg, nous avons donc parlé de la mère. 

Et dans la famille Chirac, je demande la fille ! 

Claude Chirac, « la fille courage »

Claude Chirac, que LE POINT présente comme la femme de la semaine, sous la plume de Fabien Roland-Lévy. 

La révélation a eu lieu dimanche, au crépuscule, quand elle s’est rendue aux Invalides pour ‘dire merci’ à la foule alignée devant le cercueil tricolore du président défunt : la discrète conseillère sait donc, aussi bien que son père, aborder les gens, leur dire les mots qu’il faut, serrer les mains, du grand Chirac ! 

Et notre confrère de rêver qu’Emmanuel Macron la nomme dans son gouvernement. « Quelle classe cela aurait », dit-il… Mais il s’agit évidemment de politique fiction. 

D’autant que Claude Chirac n’a semble-t-il aucune envie de replonger dans le marigot du pouvoir. Très touchant reportage dans LE PARISIEN, qui la nomme « la fille courage »… Une femme qui, jusqu’au bout, sera restée la discrète gardienne de l’image de son père, organisant ses funérailles dans les moindres détails, parvenant à éviter toute récupération politique. Lundi, aux Invalides, lors de la messe réservées aux proches, le petit-fils de Jacques Chirac a pris la parole. 

Ma mère a perdu son nord, son sud, son est, son ouest… Et il y a tellement d’étoiles dans le ciel qui se sont éteintes pour elle. 

Le vide après une relation père-fille fusionnelle. Désormais, si l’on en croit Line Renaud, sa priorité, c’est sa mère. Mais un autre ami s’interroge : « Il peut-être temps pour Claude de vivre sa vie… » 

Ce matin, la famille se retrouve donc au cœur de nombreux sujets, et y compris dans la chronique de Nicolas Santolaria dans LE MONDE. 

« Pourquoi donc les pères ne se réveillent-ils jamais la nuit ? »

Le chroniqueur évoque son propre cas. 

Oui, je l'avoue, il m'arrive souvent de ne pas me lever la nuit lorsque l'un de mes fils se met à geindre parce qu'il a fait pipi au lit. Dit comme ça, ça paraît horrible, je sais. Mais, pour ma défense, je préciserais qu'en général, je n'entends même pas cette plainte qui monte de la chambre voisine. Parce que mon système de vigilance auditive est comme mis en veille. Je dors aussi sereinement qu'un bienheureux, alors que ma femme s'affaire en coulisse, douche le petit, lave les draps, met parfois une machine à tourner, avant de reprendre discrètement sa place sous la couette...

Certains diront peut-être qu'en pareil cas, c'est pas mal d'avoir deux mamans. 

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