Ce matin, à la une des journaux, il est surtout question de "l'onde de choc" qui s'est propagée depuis la mort de George Floyd. Des rassemblements contre le racisme et les violences policières se sont déroulés aux quatre coins de la planète. L'Express nous raconte d'autres manifestantes, à Buenos Aires, en Argentine...

Depuis 1977, tous les jeudis, des femmes manifestent en Argentine. A 15 heures 30, sur la place de Mai, à Buenos Aires, sous les fenêtres du palais présidentiel. Un rituel immuable décrit dans L’Express : fichu blanc noué sous le menton, elles marchent en rond pendant 30 minutes afin de perpétuer la mémoire de leurs enfants kidnappés, torturés et tués par la plus abjecte des dictatures d’Amérique du Sud : 30 000 disparus et plusieurs centaines de bébés volés pour être confiés à des familles d’extrême-droite. Dictature qui a perduré de 1976 à 83. 

Au fil des années, ces femmes sont devenues célèbres dans le monde entier, leurs rendez-vous du jeudi se transformant en attraction touristique

On vient assister au spectacle de ces indomptables, dont beaucoup sont maintenant nonagénaires. Des vieilles dames qu’on appelle « les mères de la place de Mai ».

Mais voilà maintenant plus de deux mois que ces mères ne viennent plus tourner en rond devant le palais présidentiel. Pour la première fois en 43 ans. La faute au Covid-19 et au confinement décrété par le gouvernement argentin. Après 2 187 jeudis de manifestation, par la force des choses, tout s’est subitement arrêté. 

Enfin, pas tout à fait car, comme le raconte la correspondante de l’hebdo à Buenos Aires, l’une des figures historiques du mouvement a décidé de poursuivre l’action confinée : Hebe de Bonafini, 91 ans, dont deux des fils ont disparu en 1977, continue de manifester tous les jeudis chez elle. Elle se filme en train de marcher, faisant le tour de sa cuisine. Après quoi, elle poste la vidéo de 30 minutes sur le site internet de son association. 

Son amie Nora Cortinas, 91 ans, elle aussi confinée, explique que "grâce au virus", elle est redevenu une femme au foyer : "ça ne m’était pas arrivé depuis quatre décennies". Pour autant, pas question d’arrêter le combat. Parce que, dit-elle, de nombreux tortionnaires n’ont toujours pas été inquiétés

En ce dimanche de fête des mères, celles de la place de mai nous montrent le courage, la force, l’endurance dont elles sont capables. 

Mais, ce matin, ce sont d’autres manifestations qui font la Une des journaux.

« Contre le racisme, la mobilisation devient planétaire »

C'est le titre du Parisien. "Dans le monde entier, la rue se mobilise", constate également Sud-Ouest, tandis que L’Union évoque "l’onde de choc" qui s’est propagée depuis la mort de George Floyd aux Etats-Unis. On s’est rassemblé à Londres, à Berlin, à Turin, à Sydney, et les appels à manifester ont réuni des milliers de personnes en France : à Lyon, Bordeaux, Marseille, à Rennes, à Caen, à Nantes, mais aussi dans de plus petites villes, à Béziers ou Albi. 

"Une mobilisation sans précédent dans l'histoire", estime l’historien François Durpaire, spécialiste des Etats-Unis. 

Les manifestants disent en substance : ‘On ne peut pas lutter contre le racisme si on ne commence pas à reconnaître qu’il y a du racisme’. C’est ce que signifient les pancartes à travers le monde. Les manifestants veulent une véritable reconnaissance de ce qu’ils vivent.

Et on en trouve l’illustration dans L’Equipe, avec le témoignage d’un rugbyman qui témoigne à la fois de son histoire et sa colère. C’est l’ancien capitaine des Bleus, Mathieu Bastareaud. 

Le rugbyman Mathieu Bastareaud témoigne de son ras-le-bol et de son expérience personnelle

Ancien centre international, 31 ans et 54 sélections, il a passé son enfance à Quincy-sous-Sénart dans l’Essonne et se rappelle très bien la première fois qu’il a été confronté au racisme. C’était en maternelle, il avait 4 ans. Un gamin avait dit aux autres : "Ne jouez pas avec lui, il est noir, il a la couleur du caca." Ce moment a marqué ma vie, confie le rugbyman, qui en connu d’autres, tout aussi violents, par la suite. Notamment avec certains policiers, quand, avec ses copains, il quittait sa cité, et traversait un quartier pavillonnaire pour aller faire du foot au stade municipal.

Certains policiers faisaient clairement du zèle. On subissait un premier contrôle et puis, 200 mètres plus loin, rebelote en t’expliquant ne pas l’avoir bien fait la première fois. Et il suffisait qu’on dise un mot de travers par exaspération et là, on se faisait embarquer. 

Il raconte le racisme dans le rugby, et regrette qu’on n’en parle pas assez. Ici, un partenaire qui se fait traiter de "macaque". Là, des spectateurs qui poussent des cris de singe… Le journal lui demande son sentiment l’émotion provoquée par la mort de Gorge Floyd.

Ce qui est triste, c’est qu’il a fallu un énième meurtre pour qu’on se réveille. Ce mouvement concerne tout le monde. Ce n’est pas Noirs contre Blancs, mais c’est l’humanité contre les racistes.

Retenons cette dernière phrase. "Ce n’est pas Noirs contre Blancs, mais c’est l’humanité contre les racistes."

On parle également du déconfinement dans les journaux.  Avec une interrogation à la Une du JDD. 

« Déconfinement : et si on allait plus vite ? »

Des épidémiologistes préconisent d’alléger les protocoles sanitaires. "Laissons les Français vivre !" clame de son côté Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique qui répète qu’aujourd’hui, « la situation est sous contrôle » et suggère notamment d’alléger les mesures mises en place dans les écoles, pendant les repas, les récréations ou le sport. 

De son côté, Le Monde nous raconte le télétravail sous un angle familial : quand les couples se retrouvent à bosser ensemble à la maison. Certains ont découvert que leur moitié était insupportable, râleur, ronchon, bruyant… D’autres ont découvert que leur moitié n’en fichait pas une rame… Témoignage de Sandy, coach en entreprise, qui a pris conscience que son conjoint était une véritable pipelette.

Mon mari a un poste stratégique dans une startup et je pensais, jusqu’ici, qu’il passait son temps à produire et réfléchir. Mais, avec le confinement, j’ai découvert qu’il passait sa vie avec un casque sur la tête à papoter… Il est soit en réunion, soit au téléphone avec son boss en train de refaire le monde, soit en pause-café virtuelle avec des collègues… J’ai l’impression de l’entendre parler toute la journée. Mais il travaille quand ? 

Eh oui, le confinement aura permis de découvrir les capacités scolaires nos ses enfants, mais aussi les activités de nos conjoints 

Dans Le Parisien, on nous raconte comment l’émission Fort Boyard a dû revoir l’ensemble du fonctionnement du programme, afin de respecter la distanciation physique. Terminé, notamment, l’épreuve de la lutte dans la boue. 

Enfin, dans le même journal, on découvre le visage de trois femmes : Hafsa, Séverine et Magali. Trois soignantes qui racontent ce que fut leur quotidien au plus fort de la crise sanitaire. Elles aussi ont su faire preuve de courage, de force, d’endurance. Tous les soirs, à 20 heures, pendant deux mois, les enfants de Magali criaient à la fenêtre : "Bravo, maman !" Ces mères sont formidables. 

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