Il y a dans vos journaux ce matin comme une angoisse diffuse. Celle du saut dans l'inconnu que la France s'apprête à franchir ce week-end avec ce quatrième grand moment de mobilisation populaire que beaucoup redoutent.

La Une de "L'Union" ce samedi 8 décembre 2018. (détail)
La Une de "L'Union" ce samedi 8 décembre 2018. (détail) © L'Union / L'Ardennais

C'est l'alerte Jaune pour Libération, la crainte d'un nouveau  samedi noir pour le Figaro, une France sur les nerfs résume l'Union. Et au-delà de cette attente, il y a aussi des interrogations soulevées ou relayées par la presse.

"Que veulent vraiment les gilets jaunes ? " demande par exemple Le Parisien.

Et les journalistes qui tentent de comprendre, de saisir ce mouvement citoyen ne sont pas les seuls à s'interroger.

Les gilets jaunes eux-mêmes sont à un tournant. Et c'est la question de la violence qui vient en tirailler certains.

Faut-il encore durcir le mouvement pour enfin se faire entendre ?

Le Monde a suivi pendant plusieurs jours des Gilets jaunes à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire). Dans leurs voix, de l'excitation et de l'effroi aussi quand trois hommes discutent devant un feu de palette et joue à se faire peur.

« A Paris samedi,  y aura des snipers ! » dit l’un d'eux 

«  Si tu vas à la capitale, tu vas te faire shooter direct ! »  dit le second ». 

Un 3ème gilet jaune bombe le torse, les samedis 24 novembre et 1er décembre, il y était, lui, à Paris.

Et là devant ses potes, il jubile :

« Je suis rentré dans le tas, j’ai cassé plein de magasins dit-il, j’ai suivi le mouvement quoi. Mais heureusement, j’ai réussi à m’arrêter ».

Sur ce rond-point à Montceau les mines comme un peu partout en France, l'ambiance est pourtant souvent tranquille. C'est un campement, barbecue le midi, des gâteaux le soir et pas d'alcool. 

Mais on discute, beaucoup et  la fatigue pèse sur les organismes, alors oui, l’ambiance joyeuse s’électrifie quand arrive la question des modes d’action raconte Le Monde. Un saisonnier agricole de 48 ans s'énerve :

« On va continuer combien de temps à se crever sur les ronds-points ? Les grandes villes se battent, et nous, on boit le café ».

C'est Tony, 36 ans, qui résume sûrement le mieux le sentiment général, l'urgence de la situation.

« On essaie qu’il y ait zéro violence ici, mais on ne tiendra pas longtemps. Faut vite qu’il y ait des annonces avant que ça bouge aussi en province, sinon ça va se compliquer. »

Une autre question centrale ce matin dans vos journaux, la responsabilité des Médias. 

Hier deux journalistes de la voix du Nord et de la voix de l'Artois ont été visées par des lycéens qui leur ont lancé une bouteille  d'acide. Des agressions qui se multiplient alors mêmes que les rédactions n'ont jamais été aussi mobilisées sur le terrain justement pour tenter de relayer les doléances de chacun.

Alors, paradoxe ou suite logique d'un dégagisme qui touche tous les corps intermédiaires et plus seulement les politiques ?

Dans Télérama, Aléxis Lévrier historien des médias rappelle que le mouvement des Gilets jaunes s'est construit via des médias alternatifs et donc contre les médias dominants. 

Il appelle aussi à une nécessaire autocritique dans la profession.

A la lecture du Parisien, on en est manifestement encore loin.

Ce sont les chaînes Info comme souvent qui sont accusées d’attiser la violence en manquant de maîtrise.

« On est dans une phase d’hystérisation accuse Christian Delporte, spécialiste lui aussi des médias. Les règles élémentaires du journalisme, c’est la distance et la vérification. Là, on est dans le flot et dans le flux, c'est du grand spectacle ».

Mais les images des violences diffusées en boucle, font exploser l’audimat. Et tant pis si les journalistes de  BFMTV sont justement les plus exposés sur le terrain. 

Bref, les affaires sont les affaires.

Dans vos journaux également.  La béatification de 19 religieux en Algérie.

Ce sera à Oran. 

L'Eglise  va célébrer une béatification en terre musulmane. Ce n'était jamais arrivé. Elle concerne 19 religieux et religieuses assassinés pendant la guerre civile algérienne qui a fait environ 150 000 morts dans les années 90. 

Parmi  eux les 7  moines de Tibhirine. 

Sud Ouest y consacre un grand article retraçant l'histoire de ces martyrs. A lire également un dossier spécial consacré à la relève de l'Eglise en Algérie. C'est dans le journal La Croix.

Le quotidien chrétien est quasiment le seul ce matin à ne pas faire sa une sur les Gilets jaunes.

Enfin, la Sonde In Sight qui s'est posée sur Mars il y a quelques jours commence à livrer ses premiers secrets.

La mission d’InSight consiste à étudier  la structure interne de Mars. L'idée c'est de mieux comprendre comment se forment les planètes rocheuses du système solaire nous explique 20 minutes.fr.

Et c'est à l'occasion des opérations de vérifications à l'arrivée sur la planète rouge que pour la première fois au Monde des instruments à bord ont enregistré le bruit du vent martien.

(Extrait sonore).

C'est la NASA qui a mis cette nuit en ligne ce son, cette vibration quand même assez magique.

Le souffle était alors estimé entre 5  et 7km/h. Une petite brise extraterrestre en quelque sorte. Bien loin du vent mauvais qui parfois traverse notre bonne planète.

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