« Infirmier en état d’urgence. » C’est le titre du portrait consacré au jeune homme dans M, LE MAGAZINE DU MONDE. Il s'appelle Hugo Huon, il est né à Saint-Malo il y a 30 ans, et préside le collectif Inter-Urgences, qui représente aujourd’hui près de 250 services en grève, soit la moitié des urgences publiques du pays.

Photo d'illustration - La Croix Saint-Simon Hôpital, Paris
Photo d'illustration - La Croix Saint-Simon Hôpital, Paris © Getty / BSIP/Universal Images Group

Avec son allure d’étudiant rebelle, Hugo Huon est devenu l'un des visages de ce mouvement de contestation entamé il y a six mois. Dans LE JOURNAL DU DIMANCHE, il raconte son quotidien à l'hôpital Lariboisière près de la gare du Nord à Paris, où il est infirmier depuis cinq ans dans l'équipe de nuit. Les urgences de Lariboisière, c'est l'un des plus gros services de France, et sans doute aussi l'un des plus exposés à la misère et à la violence. Des patients impatients qui insultent et, parfois, même, frappent le personnel hospitalier. Des désespérés. Précarité extrême. Des camés, des alcoolisés, des sans-domiciles fixe. Et puis d'autres qui viennent pour de simples bobos. Des gens, raconte-t-il, à qui on a envie de dire _« Prenez du bouillon, prenez du Doliprane ! » ou encore « Si vous avez mal ici depuis des mois, pourquoi décidez-vous de venir faire une radio à 4 heures du matin ? » _

Dans M, il confie que ces nuits de travail ont déteint sur ses jours. Il a développé, dit-il, « une espèce de cynisme sur l’humanité qui s’enfonce ». D’ailleurs, il a prévu de mettre prochainement les voiles : partir au Canada pour travailler dans une communauté inuit, et pour ne plus avoir, comme à Lariboisière, « le sentiment de pisser dans un violon ».

C’est dans son service qu’une femme est morte l’an dernier

En décembre 2018, après avoir attendu 12 heures sur un brancard. Suite à cela, l'équipe de nuit des Urgences de Lariboisière avait obtenu deux postes supplémentaires, mais le JDD interroge infirmier : « Des patients sont-ils en danger aux urgences ? » Sa réponse est désarmante d'honnêteté.

Il arrive que des gens meurent, parce que les soignants sont débordés. C’est un problème de santé publique. On en a honte. Parfois, les familles ne sont pas au courant. Les équipes se taisent, par culpabilité. 

Dès lors, quelles mesures peut donc prendre la ministre ? D'après l’hebdomadaire, c’est un vrai « plan d’urgence » qu'Agnès Buzyn devrait annoncer demain, pour tenter de calmer la colère dans les hôpitaux. Trois décisions seraient notamment en préparation : des ouvertures de lits, la suppression du paiement à l’acte, et la création d'un numéro d'urgence unique. Hugo Huon ne commente pas ces décisions, mais il se félicite que le combat qu'il mène avec ses collègues ait enfin provoqué une prise de conscience. 

Notre plus grande victoire, c’est d’avoir obtenu que le gouvernement cesse de dire que tout va bien aux urgences. 

Reste à voir maintenant si ce plan sera un succès ou un fiasco, un mot qu'on retrouve dans LE MONDE. 

Le fiasco de la taxe sur les yachts

Vous vous souvenez sans doute de ce dispositif voté dans le sillage de la suppression de l’ISF ; une mesure censée contrebalancer l’image de « président des riches » dont Emmanuel Macron a du mal à se défaire. A l’époque, on promettait des recettes fiscales de 10 millions d’euros. Lesquels, avait même expliqué Richard Ferrand, pourraient être affectés à la SNSM, la Société nationale de sauvetage en mer. Or, à ce jour, pour 2019, la taxe sur les yachts a rapporté moins de 300 000 euros… Bercy en espère 500 000 d’ici la fin de l’année, mais tout de même, entre 500 000 et 10 millions, il y a une sacrée différence. Se serait-on planté dans les chiffres au départ ? Un député de la majorité mène l’enquête et LE MONDE dénonce « un naufrage fiscal ».

Et pour les femmes battues, les mesures seront-elles à la hauteur ? 

Cette semaine, s’est ouvert « le Grenelle des violences conjugales » et des marches d’hommage se sont déroulées hier ; 300 personnes, notamment, dans les rues de Perpignan – grande photo à la Une de l’INDÉPENDANT. Dans les Pyrénées-Orientales : déjà trois femmes tuées par le compagnon ou leur ex, et sur l’ensemble des victimes de cette année, près d’un quart ont plus de 60 ans. C’est à lire dans les colonnes de L’EXPRESS. 

« Meurtres conjugaux, le tabou des seniors »

Dans cette catégorie d’âge, il est souvent question de maladie, d'Alzheimer, de vieillesse, de démence, comme si cela pouvait justifier de donner la mort. Du reste, il est fréquent que l’homme se suicide après son crime. Certains y voient une forme d’écho romantique. On évoque des "couples unis jusque dans la mort". Une bénévole du collectif Féminicides par compagnons ou ex s'étonne même du comportement de certains enfants.  

Les familles préfèrent s'imaginer que leurs parents s'aimaient. Souvent, elles les enterrent ensemble, on est presque dans une forme de déni.

Pourtant, il s’agit bien de crimes ; des hommes qui tuent leur femme. 

Dans TÊTU, c'est d'un autre tabou qu'il s'agit.

« S'aimer en cité, les homos des quartiers parlent »

Ils s’appellent Michael, Ali-Pierre ou Karim et disent de quelle manière ils vivent leur homosexualité dans ce qu’on appelle pudiquement les "quartiers populaires" ». Dans ces quartiers, y a-t-il plus d’homophobie qu’ailleurs ? Non, sans doute pas davantage que dans certains villages de campagne. Mais tous les garçons qui témoignent affirment que, pour éviter de se faire agresser, insulter, bousculer voire pire, ils s’efforcent de ne pas "avoir l’air" homosexuel. Une façon de se cacher, en somme. Cela étant, l’amour entre garçons est possible, mais dès lors qu'ils restent discrets. 

Dans les journaux, on relève enfin des histoires qui réveillent le passé.  

L'histoire d'un portefeuille et celle d'un cactus

L'histoire de portefeuille, c'est dans L’EST RÉPUBLICAIN. Petit portefeuille égaré dans une bibliothèque de Nancy par un étudiant en médecine en 1933. Il s’appelait Jean Poirot, et la bibliothèque vient de restituer l’objet à sa fille, très émue sur les photos. Le portefeuille du docteur Poirot, retrouvé donc au bout de 86 ans.

L'histoire de cactus, c'est dans LE PHARE DE RÉ, l’hebdo de Ré la blanche, le surnom de l’île. Un cactus planté dans le jardin de Marius Faquet, un nonagénaire vivant à la Flotte avec ses deux caniches. On le lui a offert il y a 40 ans. Singularité du cactus : il fleurit tous les 40 ans. Et c’est en ce moment-même ! Marius est aux anges. Ses voisins en profitent aussi, car le cactus culmine à plus de 10 mètres de haut. Plus grand encore que les roses trémières de l’île.

Dans les deux cas, on se dit qu'il est des joies qui exigent de la patience.

La liaison entre Georges Moustaki et Edith Piaf

Enfin, une autre belle histoire – histoire d’amour, celle-ci, à lire dans LE FIGARO qui évoque le récit Fille de Métèque, récit dans lequel la chanteuse Pia Moustaki raconte son parcours et la vie de ses parents ; son père, Georges Moustaki, mais également sa mère, poétesse bretonne, qui s’est montrée très conciliante lorsqu’elle a appris la liaison de son mari avec Edith Piaf, pour qui il a écrit les paroles de Milord

Quand mon mari me trompe avec Piaf, je ne me sens pas cocue !

La phrase est magnifique. 

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