Alors que la plupart de vos journaux reviennent sur les violences qui ont émaillé les manifestations des Gilets jaunes hier, quelques-uns tentent déjà de se projeter comme Presse Océan par exemple ou le Parisien.

Que va dire le Président lors de son intervention télévisée probablement demain soir se demande le quotidien ?

Le chef de l'état qui pourrait faire profil bas en tout cas si l'on s'en tient aux propos qu'il a tenus devant des élus reçus à l’Elysée

« Trois heures de paires de baffes le président en a pris pour son grade » nous raconte Nathalie Schuk.

Une quinzaine de maires et d’élus des Yvelines triés sur le volet  lui ont dit les choses « cash et sans filtre » sur les racines de la révolte. 

« Vous êtes rejeté, aujourd’hui, les gens veulent voir votre tête au bout d’une pique ! » 

« J'ai fait  des conneries aurai alors confessé le chef de l'état  comme la suppression des 5 € d’APL ou les 80 km/h. »

Le président qui ne s'est pas exprimé publiquement depuis 8 jours semble donc vouloir lâcher du lest et il a eu cette drôle de formule reprise dans le Journal du Dimanche sous la plume de David Revault d'Allones.

Le chef de l'état s'exprime devant son cabinet. C'était  jeudi :

« Le pire dit Emmanuel Macron c'est quand les gens sont indifférents, quand il y a de la haine, c'est qu'il y aussi une demande d'amour ».

Oui, on a bien lu, ce serait donc ça, les Français voudraient qu'on les aime. 

« Mais des preuves d'amour palpables tient tout de même » a précisé un conseiller.

L'amour était pourtant très peu présent hier dans les manifestations.

Et puisqu'on évoquait le Journal du Dimanche 

On ne sait pas si Eric Desson photographe de l'hebdomadaire frappé hier par des C.R.S. a envie de parler ce matin de preuves d'amour. Il a eu la main fracturée. 

On ne sait pas non plus si nos deux autres confrères du Parisien blessés eux aussi, l’un à la nuque, l’autre au genou par des policiers considèrent qu’il s'agit de marques d'affection.

Et il y aussi bien sûr ces dizaines de gilets jaunes victimes de violences policières.

"Fabien par exemple  qui est venu de Nice, le nez explosé et l’œil affaissé par un tir de flash-ball"

Il faut lire aussi le témoignage du responsable adjoint des urgences qui raconte dans le Parisien que « les secours se sont mis hier dans des conditions je cite proches d’un attentat ».

Alors que dans Médiapart, un manifestant déplore s'être fait tiré comme un lapin.

Nicolas lui est policier. Il a été blessé à la mâchoire :

« On a l’impression que les flics sont des casseurs sanguinaires dit-il mais les pavés que l’on reçoit ne tombent pas du ciel. »

Si l'exécutif fait tout pour relancer le dialogue parfois maladroitement. 

"La France est toujours sous tension" ce matin insiste  la Voix du Nord. "Dans une impasse" comme le résume en une Le Telegramme.

Et il faudra beaucoup plus que des preuves d'amour pour que les choses s'apaisent enfin.

A l'étranger, un reportage des Inrockuptibles  en Côte d'ivoire où l'avortement est passible de 10 ans de prison.

Le pays a pourtant ratifié en 2012 la charte Africaine des droits de l'homme qui autorise l'avortement médicalisé mais le poids des traditions et des religions catholique et musulmane reste très fort dans le pays.

Fanny Marlier s'est rendue à 400 km d'Abidjan, à Soubré, 450 000 habitants. Et comme dans beaucoup de villes de côte d'ivoire, l'avortement y est vécu comme un crime par les habitants. 

« Je suis les recommandations du pape » se justifie un médecin alors qu'une jeune fille croit savoir de son côté que l'IVG favorise la stérilité. Une ignorance qui n'empêche pas les avortements clandestins, très nombreux et pratiqués dans des conditions désastreuses. Médecins Sans Frontières et les associations locales font un travail titanesque sur place pour favoriser l'émancipation des jeunes filles mais seulement 9 % des adolescentes du pays utilisent un moyen de contraception.

La lutte pour la légalisation de l'IVG en côte d'ivoire 

C'est à lire dans les Inrocks.

Enfin, le long chemin, justement, d'une écrivaine vers l'indépendance  et la liberté. 

C'est dans la matinale du Monde.fr

Avec un entretien de Maryse Condé.

L'écrivaine Guadeloupéenne, auteure de Ségou, va recevoir aujourd'hui le prix Nobel alternatif de littérature et elle raconte à Annick Cojean le parcours sinueux et souvent douloureux de son existence.

Comment, enfant, alors qu'elle est une brillante élève, ses proches la décourage de devenir écrivaine car « les gens comme nous n'écrivent pas » lui dit-on, comprenez les noirs, les femmes,  les Antillais.

Maryse Condé raconte aussi son rapport à l'autre sexe. « Quand j'étais jeune je ne pensais pas qu’un homme puisse se comporter autrement qu'en étant  machiste, égoïste et dominateur et je me complaisais dans la dépendance. Pourtant j'avais lu Beauvoir et les féministes. Ce n'est qu'à 40 ans que j'ai compris »

40 ans, le déclic ; Maryse Condé malgré ses 4 enfants reprend ses études. Elle est aujourd'hui une grande intellectuelle surtout reconnue aux états unis. "2 choses m'ont sauvées dit-elle.

L'Afrique et mon mari, un britannique alors que j'avais été élevée dans la détestation des blancs.

C'est lui qui a su me donner la foi qui me faisait défaut. C'est grâce à lui que je suis écrivaine."

C'est ce qui s'appelle une véritable preuve d'amour.

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