A deux jours du début du déconfinement, les journaux dressent un premier bilan des sept semaines que nous venons de vivre. Qu'ont-elles changé pour les Français ? Quels visages ont été projetés sur le devant de la scène ? De son côté, Paris Match nous raconte des histoires d'amour, amours plus ou moins confinés.

Camille et Romain ne se sont toujours pas embrassés. Romain a 28 ans, Camille en a 22, et elle veut croire au début d’une histoire d’amour. Ils habitent Bayonne et ne se connaissaient pas avant le confinement. 

C’est grâce aux applaudissements de 20 heures qu’ils se sont rencontrés

Depuis la fin mars, chacun à leur fenêtre, ils applaudissent les soignants. Et puis un soir, comme leurs immeubles se sont face, ils se sont faits coucou. Et puis le lendemain, ils se sont mis à discuter. Et puis le lendemain encore, ils ont rediscuté, jusqu’à se confier leur date d’anniversaire. 

Camille, c’est mi-avril qu’elle a eu 22 ans, et ce jour-là, Romain lui a donné rendez-vous au milieu de la rue où, tout en gardant les distances règlementaires, il lui a offert une petite assiette garnie de douceurs. Moelleux aux noix de pécan, mousse au chocolat, fraises à la chantilly. Il n’en fallait pas plus pour achever de la séduire… Depuis, tous les jours à 20 heures, les applaudissements sont leur rendez-vous galant. "On se raconte nos vies, nos projets, notre avenir", confie Camille à Paris Match… Et elle espère que cet avenir se fera Romain. Peut-être un baiser, lundi, après le confinement.    

Cela dit, l’hebdomadaire nous raconte aussi des amours moins platoniques. 

Clara, hôtesse d’accueil, 23 ans

Clara n’est pas Camille. En ce moment, elle est confinée avec ses deux sœurs dans le pavillon de ses parents, et elle a bravé les consignes pour aller draguer un voisin habitant deux maisons plus loin. Et qu’importe qu’il soit en couple ! Elle est allée sonner chez lui, en prétextant un manque de sucre pour faire un gâteau. Puis, quand elle est revenue lui rendre la fin du paquet, elle a glissé un mot explicite avec son numéro. 

Il n’y a pas que le sucre que j’ai envie de manger.

Deux jours plus tard, ils se retrouvent dans le local à vélo du lotissement. Et puis, ils s’y revoient une dizaine de fois. On dit que la transgression accentue le plaisir. Ces deux-là n’ont pas fait seulement que s’embrasser. « Mais c’est juste un plan sexe », rassure Clara. Leur histoire prendra fin lundi, lorsque commencera donc le déconfinement.

Et tous les journaux nous expliquent le dispositif. 

Comment fonctionne la règle des 100 kilomètres ? Où trouvera-t-on des masques ? Quels sports pourra-t-on faire ? Doit-on, ou pas, remmener ses enfants à l’école ?

Beaucoup de parents s’inquiètent. On lit leurs témoignages dans Le Monde, notamment. Celui de Camille, 40 ans, habitante de Rennes, qui est en télétravail depuis le début du confinement ; une fille en CE1, un garçon en petite section de maternelle. Au départ convaincue des bienfaits d’un retour à la vie scolaire, elle a déchanté en découvrant les modalités de réouverture des établissements : prise de température chaque matin, déposer les enfants un à un devant l’école, ne pas pouvoir les récupérer à midi et, à l’intérieur, interdiction de toucher les autres et même de toucher aux jouets. 

J’ai pleuré en lisant le mail.

Finalement, ses petits resteront donc à la maison. Le fils de Guillaume également. Il habite à Pantin, son bonhomme a trois ans et n’aime déjà pas trop l’école. 

Comme je veux éviter de le braquer totalement, je vais m’arranger autrement.

Sur le site de Télérama, une psychanalyste spécialiste de l'enfance fait part de son pressentiment : avec le confinement, et le déconfinement, elle craint une montée en puissance des phobies scolaires

Il est d’autres angoisses dans les journaux ce matin. Notamment celles des soignants dans L’Alsace, qui redoutent une deuxième vague de contamination. D’ailleurs, combien de soignants ont-ils été touchés par le Covid-19 ? Aucun décompte global n’a été effectué par les autorités, mais Le Télégramme a procédé au sien, en comptabilisant les personnels touchés dans les départements de Bretagne. C’est le sujet à la Une.  

Au moins 1 174 soignants bretons touchés par le coronavirus

Centre Presse, plus léger, se réjouit pour les pêcheurs qui vont enfin pouvoir ressortir leurs lignes et hameçons. De son côté, Le Petit Bleu d’Agen s’intéresse à la réouverture des commerces et Le Dauphiné se focalise sur la situation des coiffeurs. Ils s’attendent au grand rush, le grand rush sur les brushs ! 

Et pour certains journaux, c’est l’heure d'un premier bilan. Pour preuve Le Parisien, qui analyse ce que ces deux derniers mois ont changé dans nos vies. "En caricaturant un peu, la France sortirait du confinement avec des jardins dignes de Versailles, quelques kilos en trop, un foie surchargé par les dizaines d’apéros virtuels, sans oublier une libido légèrement en berne…" Enfin, pas pour Clara, notre hôtesse d’accueil. 

Dessin de Rançon dans les pages du journal. Une femme et son mari. "Dans notre couple, dit-elle, on s’est redécouvert pendant le confinement !" Il acquiesce : _"_J'ai toujours cru que tu étais blonde." Le dessin est peut-être plus sérieux qu’il ne paraît. 

Le bilan de 55 jours de confinement

L’heure du bilan, aussi, à la Une de Libération, qui nous propose quinze portraits : quinze personnalités que la crise sanitaire à projeté sur le devant de la scène : du professeur Raoult au premier médecin français mort à cause du virus, en passant par la directrice d’un Ehpad qui a proposé aux membres de son personnel de se confiner avec les résidents… Résultat : pas un seul décès dans sa maison de retraite, ni même un seul cas positif. 

Confinement et déconfinement occupent donc l’essentiel de la presse ce matin encore. Malgré tout, çà et là, d’autres sujets émergent. 

Dans Nord Littoral, on nous raconte les fautes d’un curé de Calais, contraint de quitter la ville suite à des mensonges et des vols. Le prêtre a reconnu les faits. 

Mediapart revient sur "l'expédition punitive menée par trois CRS à Marseille". C’était le 12 avril. A l’issue d’un contrôle, ils ont emmené un réfugié afghan de 21 ans dans un terrain vague, à 30 kilomètres de la ville, où ils l’ont passé à tabac, avant de le laisser sur place en ayant pris soin de casser son téléphone portable. Deux des CRS ont été condamnés à de la prison ferme : 18 mois et 4 ans. La troisième, uniquement témoin, a écopé d’un an de prison avec sursis. 

Enfin, Le Figaro nous parle de musique et nous offre un saut dans le temps. 

Comment le jazz a illuminé la période de la Libération

Le jazz, musique américaine qui a surgi à l’après-guerre dans le quotidien des Français, non seulement dans les caves de Saint-Germain des Prés, mais aussi dans les rues, les cafés, et même à la radio. Et à l’époque, personne n’avait peur de s’embrasser. 

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